CARTE. Le variant Omicron s'installe un peu partout à Marseille, le Delta présent à un niveau "exceptionnel" : ce que dit l'analyse des eaux usées

Publié le Mis à jour le

Grâce à l'analyse des eaux usées, les marins-pompiers de Marseille mettent en évidence la propagation du variant Omicron dans de nombreuses zones de la ville. Et ce, alors même que le variant Delta reste très présent.

"On est passé de 2% ou 3% à 20%". En une semaine, le variant Omicron s'est installé à Marseille et représente désormais, en moyenne, un cinquième des contaminations au Covid-19. C'est ce qu'indiquent les nouvelles données des marins-pompiers, analysant tous les jours les eaux usées de la ville. 

Lundi, deux nouvelles cartes indiquant la présence du variant Omicron (jaune) et celle du variant Delta (rouge) au 27 décembre ont été partagées sur les réseaux sociaux. 

Le variant Delta présent à un niveau "exceptionnel"

La première carte illustre la présence du variant Delta à Marseille et ses environ. La couleur dominante, le rouge, indique qu'il est présent à un niveau "très élevé" dans la majeure partie de la ville, et jusqu'à Aubagne, Roquevaire, Peypin, Plan-de-Cuques ou encore Septèmes-les-Vallons. 

"On est très très haut en variant Delta. On a l'impression d'être sur un pallier depuis 2, 3 jours", explique le contre-amiral Patrick Augier, chef du bataillon des marins-pompiers de Marseille. 

Certaines zones, rouge foncé, indiquent la présence du variant Delta à un "niveau exceptionnel". Une nouvelle couleur que les marins-pompiers ont dû ajouter cette semaine. 

Cela concerne notamment le Sud de Marseille : le quartier de la Pointe-Rouge, mais également la zone autour du port autonome. Des quartiers correspondant aux premières zones d'implantation du variant Delta. 

Concernant la souche initiale, elle n'apparaît plus dans les analyses des eaux usées, ou en proportion trop infime pour être détectée. 

Le variant Omicron "commence à bien s'installer"

La deuxième carte montre la présence du variant Omicron. "Cela fait trois semaines qu'on le voit apparaître", explique Patrick Augier. La semaine du 13 décembre, il ne représentait que 2% ou 3% des cas de Covid détectés, et ce dans neuf secteurs. 

Aujourd'hui, le variant Omicron commence à s'implanter un peu partout, notamment au bord de la mer, dans l'ouest de la ville. S'il n'est encore qu'à un niveau modéré, environs 20% des contaminations en moyenne, sa présence a décuplé en quelques jours, indiquent les marins-pompiers.

Dans certains secteurs, oranges sur la carte, sa présence se renforce à un niveau "élevé" et dépasse les 20%. Des zones correspondant aux premiers lieux de détection du variant Omicron... et à celles où le variant Delta est le plus présent. 

"Cela peut être lié aux voyages, aux mouvements de population", suppose le contre-amiral Augier. Le variant n'a pas encore été trouvé du côté d'Aubagne, à l'Est. Mais si la propagation du variant Omicron suit celle du variant Delta, cela ne pourrait être qu'une question de jours.

Un cluster Omicron en Ehpad

Les marins-pompiers veillent en particulier sur les personnes sensibles et surveillent en conséquence avec application les eaux usées des Ehpad. Un cluster Omicron a récemment été identifié dans une maison de retraite de la Pointe-Rouge. 

Sur 56 résidents, sept personnes contaminées ont été isolées pour limiter la propagation. "On surveille les 120 Ehpad de notre secteur. Si on trouve un cas, on fait tout ce qu'on peut pour limiter la casse et protéger les personnes fragiles", explique Patrick Augier.

La crainte d'un "pic dans le pic"

Pour Patrick Augier, la principale crainte serait de voir une montée d'Omicron, comme cela semble se dessiner, alors que le pic du variant Delta n'est pas passé. "C'est l'interrogation. Est-ce que le variant Delta va descendre et être remplacé par Omicron". 

Dans le cas contraire, les deux pics pourraient se superposer. Ce serait le signe d'un nombre de cas très important... et d'une situation critique. "L'année dernière, on a eu une reprise épidémique à compter de début janvier. Là, on est déjà au pic, on ne sait pas ce que cela va donner", redoute Patrick Augier, rappelant qu'un pic dans les eaux usées précède habituellement de 10 jours un pic dans les hôpitaux. 

Cette année, les chiffres de l'épidémie explosent en France et notamment dans la région Paca. La venue de touristes, le déplacement des familles pourraient véhiculer le variant Delta et favoriser la propagation du virus. 

Pour identifier rapidement les zones où Omicron se développe, les marins-pompiers poursuivent leur surveillance quotidienne. "L'analyse des eaux usées permet d'obtenir une photographie complète parmi les gens testés,  non-testés, asymptomatiques, malades...(...) On peut ainsi voir si son quartier est touché, et donc se tester pour limiter la propagation". Des autotests sont depuis ce mardi disponibles dans les supermarchés. La question de la responsabilité individuelle est alors en jeu.

Le variant Delta va-t-il finir par décroître ? La carte du variant Omicron va-t-elle virer au rouge ? Les inconnues demeurent, pour l'instant. Si en Afrique du Sud, Omicron est en train de chuter, il ne faut pas oublier qu'à l'autre bout du monde, c'est l'été. La situation est tout autre en Europe.