Ce qu'il faut retenir du plan de la ministre Isabelle Rome pour lutter contre les violences conjugales

La ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Rome, a annoncé le mardi 18 avril à Marseille son Pack "Nouveau Départ" pour accompagner les femmes victimes de violences conjugales.

Après le Val d'Oise et l'île de la Réunion, le département des Bouches-du-Rhône a été choisi pour tester le pack "Nouveau Départ". La ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes, Isabelle Rome, a présenté le mardi 18 avril à Marseille son Pack "Nouveau Départ", une expérimentation pour mieux coordonner la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales. Toutes les trois minutes en France, une femme est victime de violence conjugale, qu'elle soit physique, sexuelle ou psychologique. Pour la première fois en 2021, les violences physiques, psychologiques, verbales ou sexuelles franchi la barre des 200.000 victimes recensées par les forces de l’ordre, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. France 3 Provence-Alpes vous résume ce qu'il faut retenir de ce nouveau dispositif. 

  • Un interlocuteur unique à la CAF 

Avec ce dispositif, le gouvernement entend créer un interlocuteur unique dans chaque département pour déclencher les aides. Cet interlocuteur, c'est la Caisse d'Allocations Familiales. 

"Lorsque des femmes se signalent auprès d’un médecin, d’une association, d'un maire ou d'un commissariat, toutes ces personnes pourront saisir l’opérateur unique de la CAF, qui déclenchera les aides pour faciliter le départ de la victime", a expliqué Isabelle Rome à nos journalistes Estelle Mathieu et Virginie Danger. 

Ce dispositif permet d'aider les femmes victimes à trouver de l’autonomie et s’extraire de la dépendance de leur conjoint violent.

Isabelle Rome, ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes

  • Des mesures d'aide d'urgence

C'est l'interlocuteur unique de la CAF qui déclenche les mesures d'aide d'urgence pour les femmes qui quittent leur domicile pour fuir des violences conjugales.

Ces aides prendraient la forme de RSA, ou d'allocation au retour à l'emploi, de formation, de garde d’enfants, d'un accompagnement psychologique, et si besoin d'un hébergement d’urgence. 

  • Un pack testé avant d'être généralisé 

Annoncé par la Première ministre Elisabeth Borne le 2 septembre dernier, et par le président de la République le 25 novembre à Dijon, le pack "Nouveau Départ" a été lancé dans le Val d'Oise le 3 mars dernier, puis à La Réunion le 1er avril. Les Bouches-du-Rhône sont le troisième territoire pilote de ce dispositif, voué à être généralisé dans tous les départements de France d'ici 2025. 

Les violences conjugales ont fait 208.000 victimes en France en 2021, en hausse de 21 % par rapport à 2020, selon les statistiques publiées ce jeudi 15 décembre 2022 par le ministère de l'Intérieur.

  • Les Bouches-du-Rhône, 10e département en matière de violences conjugales

Des places en urgence, la ville de Marseille en aimerait plus. Son budget pour soutenir les victimes, 270.000 euros. Rien ne peut être proposé à 4 femmes sur 10 qui demande de l'aide.

La ministre se défend. L'Etat a "créé depuis le premier quinquennat 10.000 places en France, 1.000 supplémentaires sont prévues en 2023", a-t-elle expliqué. Ces places seront attribuées dans les départements les moins bien lotis.

Quid des Bouches-du-Rhône qui se classent 3e département en terme d’appels au numéro d'urgence 3919, et 10e en terme de violences conjugales, selon les autorités. 

  • L'exemple marseillais de la Maison des Femmes

La ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes a visité les locaux de la Maison des Femmes, qui a ouvert ses portes au sein de l'hôpital de la Conception à Marseille depuis tout juste un an. Sa mission est déjà de coordonner la prise en charge des femmes victimes.

Ici, elles peuvent recevoir à la fois une première consultation médicale, gynécologique, ou encore psychologique. Des avocats, ainsi que des policiers formés aux violences conjugales y font aussi des permanence. En bref, un soutien pluridisciplinaire qui prend en compte toutes les souffrances de la victime. 

En 2022, 320 victimes ont poussé la porte de la maison des Femmes, 120 depuis le début de l'année 2023. Isabelle Rome a indiqué que "d'ici 2025 chaque département disposera au moins d'une structure de ce type". 

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