Coronavirus : immersion avec la cellule enquête de l'ARS à la recherche des "patients contacts"

A Marseille, au siège de l'Agence Régionale de Santé, une vingtaine de personnes appellent quotidiennement les personnes qui ont été en contact avec des cas positifs au Covid-19. Un travail d'enquête minutieux.
La cellule enquête de l'ARS recherche les personnes qui ont été en contact avec les cas avérés de Covid-19 afin de limiter la propagation du virus dans la région PACA.
La cellule enquête de l'ARS recherche les personnes qui ont été en contact avec les cas avérés de Covid-19 afin de limiter la propagation du virus dans la région PACA. © JFG/FTV
Pour chaque cas positif au coronavirus Covid-19 en PACA, une enquête est lancée pour retrouver qui a contaminé ce malade et avec qui il a été lui-même en contact.

Cette cellule enquête a comme mission de limiter la propagation du virus en identifiant les potentiels cas.

"L'objectif est de contenir le virus autour des cas avérés et ralentir sa propagation. C'est une sorte de barrière sanitaire", explique le docteur Christine Ortmans, responsable de la veille sécurité sanitaire et situations sanitaires exceptionnelles à l'ARS.

C'est ce que l'ARS appelle le "contact tracing". 

"Nous les contactons pour leur donner les recommandations d'usage et leur dire dans quelle catégorie de contact elles se situent, négligeable ou à haut-risque",  précise le docteur Christiane Bruel.

Déroulé de l'enquête

Cette cellule enquête est composée d'une vingtaine de personnes, médecins et infirmières.

A chaque appel, le personnel médical suit un interrogatoire précis, d'abord avec la personne testée positive, puis avec les gens avec qui cette personne a été en contact.

Le but du questionnaire, déterminer les niveaux de risque : nul-négligeable, faible, modéré-élevé. 

"La première mesure est le confinement, les personnes doivent rester à la maison, pour cela nous leur délivrons un arrêt de travail. Nous sommes les seuls habilités à delivrer les arrêts de travail pour confinement", précise l'enquêtrice de l'ARS.

Des instructions sont ensuite données aux personnes, selon leur niveau de risque.

Pour le plus élevé, c'est le confinement pour 14 jours, durée maximale estimée de la période d'incubation. 

"En cas de risque modéré ou élevé, l'ARS envoie un kit de protection, pas pour toute la famille, juste pour la personne contact", détaille le docteur Christiane Bruel.

26 cas positifs en Provence-Alpes-Côte d'Azur

Depuis le 28 février et l'apparition du premier cas dans la région PACA, l'ARS a vu son activité augmenter.

Pour faire face à ce surplus de travail, "des renforts de bénévoles sont venus aider le personnel déjà présent, avec la formation au quotidien aussi de nouvelles personnes pour monter en puissance dans le dispositif", précise encore le docteur. 

Au total, 423 personnes ont été contaminées sur le territoire français, et trois nouveaux décès rapportés qui portent à sept le total des personnes décédées depuis l'apparition du virus fin janvier, a indiqué jeudi le ministère de la Santé.
 
Toutes les régions françaises de métropole sont désormais touchées. 26 cas sont recensés en Provence-Alpes-Côte d'Azur. 

Bientôt le stade 3 ?

En fonction du nombre déclarés de cas en France, le stade 3 de l'épidémie pourrait être déclaré. 

En cas de passage au stade 3 (sur 3), le virus se propagerait largement et des mesures drastiques seraient mises en place, notamment sur les restrictions de déplacements.

Des professionnels de santé et des forces de l'ordre seraient appelés en renfort.

Par ailleurs, les entreprises pourraient avoir recours à du chômage partiel en attendant le retour à une situation sanitaire normale. 
 
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