Coronavirus : une classe de CM1 fermée à Marseille, pour la première fois en région Paca

21 cas confirmés de coronavirus Covid-19 ont été recensés jeudi en Provence-Alpes Côte d'Azur, alors que deux familles de retour de vacances ont été dépistées positives. Une classe de CM1 a été fermée à Marseille, pour la première fois en région Paca.

La classe de CM1 de l'école Bensa à Marseille est fermée jusqu'au 18 mars prochain.
La classe de CM1 de l'école Bensa à Marseille est fermée jusqu'au 18 mars prochain. © M.A/ FTV
Parmi ces cas, figure la famille de la patiente marseillaise, médecin biologiste, hospitalisée dans la nuit de lundi à mardi à l'Institut Hospitalo Universitaire à Marseille.

Son mari, médecin gynécologue dans un hôpital privé de Marseille, a été diagnostiqué positif et placé à l'isolement.

Leurs deux enfants sont aussi concernés : un élève de CM1 scolarisé à l'école catholique Bensa à Endoume, dans le 7ème arrondissement, et son frère. Contrairement à l'information qui nous avait été donnée, ce dernier n'est plus scolarisé au lycée de Provence.La préfecture des Bouches-du-Rhône a pris un arrêté pour fermer la classe de primaire.

Dans un courrier adressé aux parents d'élèves de l'école Bensa, la direction de l'établissement demande à ce que tous les enfants ainsi que l'enseignante restent confinés jusqu'au 18 mars.

"L'arrêté ne rend pas obligatoire l'éviction des fratries de la classe concernée,(...). Il me semble cependant plus raisonnable et plus prudent de les garder eux aussi au domicile. Cela n'étant pas une obligation légale, les enfants seront tout de même accueillis à l'école", précise la direction.

Pas de psychose, mais des questions

Malgré la fermeture de la classe, les parents d'élèves présents jeudi devant l'établissement n'étaient pas inquiets. Ceux qui le sont n'ont tout simplement pas remis leurs enfants à l'école.

"Il n' y a pas de raison d'être inquiet, la grippe saisonnière fait plus de morts, donc il n'y a pas de raison de s'inquiéter", explique un parent d'élève.

Un autre parent, lui-même médecin explique que son fils est rentré de l'école avec des interrogations liées au coronavirus. "Une partie des parents inquiets ont retiré leurs enfants de l'école plus par précaution, après notre fils nous a posé des questions et nous avons pu le rassurer en notre qualité de médecin", explique-t-il. "Sept personnes sont aujourd'hui positives au coronavirus à Marseille", a indiqué la Préfecture des Bouches-du-Rhône, confirmant qu'une autre famille "de deux parents et un enfant" a également été diagnostiquée positive. Il s'agit d'amis de la première famille, partis avec eux aux sports d'hiver en Italie.

21 cas positifs au coronavirus Covid-19 en Paca

Depuis le vendredi 28 février, 21 personnes ont été testées positives au coronavirus COVID-19 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dix dans les Alpes-Maritimes, dont un enfant de trois ans, sept dans les Bouches-du-Rhône, une dans le Vaucluse et trois dans les Hautes-Alpes.

"Ces personnes sont aujourd’hui hospitalisées dans les établissements de santé de première ligne de Nice et de Marseille", indique la préfecture. Les trois patients des Hautes-Alpes sont pris en charge par le centre hospitalier de Briançon, établisse­ment de deuxième ligne.

L'IHU Méditerranée Infection de la Timone est le pôle de référence en France, sur les maladies infectieuses. Depuis le début de la crise du Coronavirus Covid-19, l'institut a réalisé plus de 7000 dépistages. "Nous sommes en capacité de réaliser jusqu'à 1000 tests par jour. Notre métier c'est d'être prêts", précise un porte-parole de l'IHU. 

Dans le service, trois étages de 25 lits chacuns sont prêts à accueillir des patients. Le 3ème étage peut être totalement mis en confinement, avec trois modules de 7, 8 et 10 lits pouvant être placés sous pression négative. Dans ce cas là, l'air de la pièce ne peut pas s'échapper. 

En France, le nombre de cas s'élèvait mercredi soir à 285. Quatre personnes, porteuses du virus, sont décédées en France. Au niveau mondial, l'épidémie a dépassé les 3100 morts mardi matin. 

10 millions de masques stockés pour les soignants

Mardi, le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé que les stocks de masques de l'Etat ont été répartis sur tout le territoire. Au total 10 millions de masque ont été déstockés. A Marseille, ce mardi, déjà 150.000 masques sont arrivés. Ils seront distribués à 300 pharmacies de l'aire marseillaise. 

Ces masques chirurgicaux sont à destination des professsionnels de santé (médecins, infirmiers, ehpad...), qui devront les distribuer gratuitement aux patients qu'ils estiment à risque. Quinze à vingt autres millions arriveront "à mesure que les besoins se font sentir", ajoute Olivier Véran. 

La mortalité, réévaluée en ce moment, est aux alentours de 1 à 2%, plus importante que la grippe mais bien moins importante que le Sras", a précisé le ministre. "Nous ne sommes pas en épidémie, nous faisons face à une menace épidémique qui se rapproche et nous anticipons la situation", a-t-il ajouté.

La France se prépare au stade 3

Pour faire face à la propagation du coronavirus Covid-19, l'Etat a lancé le stade 2 de l'épidémie, selon un plan élaboré en 2011 suite à une épidémie de grippe.

Cela signifie que le virus circule sur le territoire et qu'il s'agit d'en freiner la propagation en appliquant certaines mesures : fermetures de crèches et d'écoles, restrictions de visites dans les maisons de retraite, limitation des déplacements, annulation des rassemblements.

En cas de passage au stade 3 (sur 3), le virus se propagerait largement et des mesures drastiques seraient mises en place, notamment sur les restrictions de déplacements. Des professionnels de santé et des forces de l'ordre seraient appelés en renfort.

Par ailleurs, les entreprises pourraient avoir recours à du chômage partiel en attendant le retour à une situation sanitaire normale. 
 
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