Coronavirus : huit patients transférés vers Brest, le nombre de malades covid en augmentation constante

La situation dans les hôpitaux des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Hautes-Alpes est préoccupante. Les autorités nationales et l'Agence Régionale de Santé Paca ont décidé du transfert de huit patients vers les hôpitaux de Brest. 

Le nombre de patients covid en réanimation ne cesse d'augmenter
Le nombre de patients covid en réanimation ne cesse d'augmenter © Alban Poitevin/FTV
Les Bouches-du-Rhône enregistrent une augmentation quotidienne des patients en réanimation.

"Il y a à peu près une vingtaine d’admissions supplémentaires par jour., avec simplement entre 4 et 8 sortants", explique le Pr Laurent Papazian, chef du service de réanimation de l'hôpital Nord et coordinateur du dispositif de réanimation pour les Bouches-du-Rhône.
"Vous voyez que le solde est positif tous les jours. Ca sature depuis dix jours, il y a eu une grosse accélération. On a déployé des moyens supplémentaires, mais rapidement on va arriver à saturation".

Parmi les patients traités en réanimation, plusieurs sont du Vaucluse, qui accuse un déficit important de lits. La situation dans ce département est préoccupante. 24 décès ont été enregistrés en une semaine, une "très nette dégradation" selon la préfecture.
A lui seul, ce chiffre représente 21% des décès comptabilisés depuis le mois de mars dans ce département.
L'AP-HM recherche du personnel soignant
L'AP-HM recherche du personnel soignant © Alban Poitevin/FTV

Aussi, les autorités nationales et l'ARS ont-elles décidé de transférer huit patients de la région vers les hôpitaux de Brest, d'ici la fin de semaine.
Quatre quitteront Avignon dès demain. Et vendredi, deux autres patients du Vaucluse, et deux des Bouches-du-Rhône seront évacués à leur tour vers la Bretagne.

"Cette évacuation va nous permettre pendant 48 heures, sur les hôpitaux concernés, de revenir à un niveau d’activité moins aigü, et de pouvoir admettre de nouveaux patients.  Mais vous comprenez bien que huit patients, c’est rien du tout.

Il y a 20 nouvelles admissions par jour sur les Bouches-du-Rhône et, entre 30 et 40 sur la région. Ce transfert représente vraiment une goutte d’eau.  

Pr Laurent Papazian

Actuellement sur les Bouches-du-Rhône, 90 lits de réanimation ont été rajoutés par rapport à une situation normale, hors covid. Ils se répartissent entre les établissements publics et privés, mais leur nombre va encore être augmenté. 

A Marseille, pour les seuls hôpitaux publics de l'AP-HM, 218 patients COVID 19 sont hospitalisés, dont 62 en réanimation. C'est le chiffre le plus important constaté depuis ce deuxième pic de l'épidémie.

A la recherche d'un personnel formé

Augmenter les lits covid va entraîner la déprogrammation d'autres activités médicales et chirurgicales. 
"Ce sera nécessaire pour gagner du personnel capable de prendre en charge ces patients", ajoute le Pr Papazian. 

C'est là où le bât blesse... Le personnel manque chez les infirmiers, aide-soignants et médecins. De plus, il faut un personnel spécifiquement formé à la réanimation des patients covid.

Le témoignage d'une infirmière de l'hôpital nord ne rassure guère. 

"A mon sens, i  faut au moins trois mois à un nouvel infirmier pour être autonome face à ces patients en réanimation", explique Ornella Giuliano, infirmière depuis trois ans et demi.. "Or là, les nouveaux renforts qu’on a eus, ça a été une formation de seulement deux semaines, car on n’a pas pu faire autrement".  

La jeune infirmière de 24 ans, sorti de l'école il y a peu, se dit "inquiète".
 

"Notre responsabilité est engagée, plus la fatigue, l’inquiétude, le surmenage…. C’est compliqué et ça nous fait prendre des risques".

Ornella Giuliano, infirmière


Pour le Pr Papazian, il y a des mesures à prendre rapidement.

"Qu’on mette en place dans un premier temps des mesures susceptibles de ralentir l’évolution de la pandémie", estime-t-il. "Et à moyen et long terme , il faut revoir notre capacité en lits de réanimation. Il faut augmenter le nombre de lits de réanimation. En particulier dans notre région où leur nombre est insuffisant, même hors période pandémique".
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