Covid-19 : rebond épidémique dans la région PACA avec les variants BA.4 et BA.5 d’Omicron

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Écrit par Laura Cadeau

En France, plus de 60.000 cas positifs de Covid-19 sont détectés en moyenne chaque jour. Des chiffres qui confirment une reprise de l’épidémie. Dans la région Provence Alpes Côte d’Azur, tous les indicateurs sont à nouveau en très forte hausse à l’exception des admissions en soins critiques.

Vous avez peut-être un ami ou une collègue, dans votre entourage, qui se retrouve isolé alors que l’été vient à peine de commencer. Car oui, le Covid-19 reprend de plus bel avec un taux d’incidence régional qui atteint 713 cas pour 100.000 habitants, soit un bond de 74%.

Et parmi les départements les plus touchés figurent les Alpes-Maritimes suivies des Bouches-du-Rhône avec des taux d’incidence respectifs de 812 et de 749, soit au-dessus de la moyenne en région PACA.

"Les restrictions sont levées alors que le Covid remonte en flèche. En travaillant dans le médical, je suis bien placée pour le savoir mais bon on masque un peu la réalité" confie une jeune maman marseillaise, des lunettes de soleil sur le nez et son enfant dans les bras.

La ministre de la santé, Brigitte Bourguignon, vient pourtant de demander aux Français de porter à nouveau leur masque dans les transports en commun. Tout comme le maire de Nice, Christian Estrosi, l'a préconisé ce lundi. Mais, dans la cité phocéenne, rares sont ceux qui ont repris le pli.

Certains, assis à la terrasse d’un restaurant, restent vigilants. "Je continue régulièrement à mettre du gel hydroalcoolique plusieurs fois dans la journée" confie une femme. Aussitôt rejointe par son mari : "On a pris l’habitude tout simplement."

Le sous-variant BA.5 responsable de la hausse de l'épidémie

Un taux de positivité régional en PACA à 24,3%, contre 19,1% la semaine passée et 14,2% celle d'avant. Pas de doute : le rebond épidémique est bien là et il est "net". Selon Julien Carvelli, médecin au service réanimation à la Timone, il s'explique par l’apparition d’un nouveau sous-variant d’Omicron, rebaptisé BA.5, et d’un gros relâchement des barrières.

"À l’hôpital, on décide de prendre des précautions et ça sera encore le cas dans les mois qui viennent. On est dans une 7e vague et les autres vont suivre. Le virus n’est pas près de disparaitre" lâche-t-il sur le plateau de France 3 Provence Alpes.

L’épidémie a surtout changé de visage depuis le variant Omicron et ses dérivés : plus contagieux mais moins virulent. Résultat dans les hôpitaux : il y a davantage de cas mais peu de formes sévères.

"L’impact est relativement mineur sur les services hospitaliers. Il y a peu de patients en réanimation mais nous allons rester vigilants sur ceux immunodéprimés qui sont les plus touchés. Ce sont eux qui payent le lourd tribut de l’épidémie" raconte Julien Carvelli, médecin urgentiste à Marseille.

Geste barrière et vaccination comme rempart d’un virus toujours présent même si moins de 30% des personnes concernées par la 4e dose de vaccin l’ont déjà reçue.

Sur la plage, une dame d’une soixantaine d’années acquiesce : "C’est vrai qu’on a des problèmes de santé et qu’on n’est pas tout jeune donc c’est normal qu’on s’y prête. Après pour les générations plus jeunes, moi ma fille s’est faite vaccinée alors qu’elle était enceinte, on ne m’a pas demandé mon avis et je n’aurai pas su quoi répondre."

Cette situation sanitaire fait quand même susciter chez Luc Ramogningo, un restaurateur marseillais, quelques craintes : "Si ça évolue comme ça, on a peur de retourner au pass sanitaire avec toutes les contraintes que ça nous impose."

À ce jour, le gouvernement n’envisage pas d’autres mesures restrictives.