Covid : 33.000 euros récoltés à Marseille pour financer des concentrateurs d'oxygène pour l'Algérie et la Tunisie

La mosquée du marché aux puces dans le 15e arrondissement de Marseille a organisé une collecte de dons du 31 juillet au 15 août. Cet argent doit permettre d’acheter des concentrateurs d’oxygène pour l'Algérie et la Tunisie. Les deux pays sont très touchés par la pandémie de coronavirus.

L’Algérie et la Tunisie traversent un été cauchemardesque. Depuis la fin du mois de juin, les deux pays sont frappés de plein fouet par une troisième vague de coronavirus. Le variant Delta est à l’origine de ce rebond épidémique.

Juste en face du Maghreb, à Marseille, les initiatives se multiplient depuis quelques semaines. C’est le cas de la mosquée Al-Islah au marché aux puces. Elle a organisé une collecte de dons du 31 juillet au 15 août 2021.

"Les gens ont été sensibles à cette initiative. Chacun a donné ce qu’il peut. En plus, à Marseille la majorité de la population est relativement pauvre", a constaté Azzedine Ainouche un des deux imams de la mosquée.

Pour le dernier jour de dons, la mosquée a choisi un dimanche. Jour traditionnel pour les habitants des quartiers nord de Marseille, habitués à fréquenter ce lieu. Chaque dimanche, le marché est noir de monde, il est même difficile de se frayer un chemin dans les allées. 

Le lieu de culte musulman se trouve au milieu d’une rue commerçante. Le stand pour la collecte des dons est installé devant ce bâtiment.

Ce matin là, des milliers de personnes sont venus faire leurs courses ou trouver de bonnes affaires. Ici des vêtements, des produits hygiéniques ou encore de la nourriture sont vendus à prix réduit. Le moindre article peut être négocié.

En passant devant les pancartes « Urgent Covid-19 Algérie/Tunisie » les clients du marché s'arrêtent et n'hésitent pas à donner de l'argent.

"Ca me tenait à cœur d’aider l’Algérie et la Tunisie. Je pense aux personnes touchées et hospitalisées dans ces deux pays", explique une mère de famille, entourée de ses enfants. Emue, elle pose sa main droite sur son cœur quand elle parle de cette action de solidarité.

Comme tous les week-ends, toutes sortes de personnes sont présentes, des couples, des familles ou encore des personnes âgées.

Parfois, des pères donnent des pièces ou des billets à leurs fils pour qu’ils les mettent dans les deux caisses de cette collecte. L’imam et les autres organisateurs de l’évènement les remercient en souriants. 

Les bienfaiteurs ont pu donner de l’argent par différents moyens (en ligne sur le site de la mosquée, par chèque ou en espèce). Au total, 33.000 euros ont été récoltés. L’imam de la mosquée Al-Islah estime ce résultat un peu mitigé mais il relativise.

"On espérait récolter entre 40 et 45.000 euros de dons. Le point positif c’est qu’il y a eu beaucoup d’initiatives similaires de partout en France pour aider l’Algérie et la Tunisie. Donc, les gens qui n’ont pas participé à cette collecte, ont sûrement donné de l’argent à d’autres associations", analyse Azzedine Ainouche.

Algérien de naissance, il vit en France depuis une quarantaine d’années. Ca fait plus de dix ans qu’il est imam de cette mosquée du 15e.

Solidarité entre musulmans

L’Algérie et la Tunisie sont des pays musulmans. La quasi-totalité de leur population pratique cette religion. A Marseille, la diaspora algérienne et tunisienne est vraiment importante.

Les photos et les vidéos de la situation catastrophique dans les deux pays ont fait le tour des réseaux sociaux.

En voyant ces images, les deux diasporas se sont rapidement mobilisées pour soutenir leur pays. "Aujourd’hui mon fils Nordine et moi nous avons fait un don pour aider notre famille en Algérie. Mais c’est aussi pour être solidaire avec nos frères et sœurs musulmans", déclare Karima, une sexagénaire.

Distribution en Algérie et en Tunisie

La mosquée Al-Islah du marché aux puces de Marseille est l’unique organisateur de cette collecte de dons. La somme totale va être confiée à deux associations partenaires, l'une à Marseille, l'autre à Lille. 

Les deux associations s’occuperont de l’achat des concentrateurs d’oxygène, entre 500 et 1.500 euros l'unité selon les modèles, et de leur expédition vers les deux pays. Ces deux organismes ont l’habitude faire ce genre d’opération. Depuis le début de la pandémie, ils ont envoyés du matériel médical dans leur pays respectif.

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