Covid : cinq questions sur les prêts garantis par l'Etat (PGE)

Ce prêt a été mis en place pour aider les entreprises à traverser la crise sanitaire, il y a moins d'un an. Depuis le 4 janvier, les organismes financiers ont repris contact avec les chefs d'entreprises au sujet des modalités de remboursements de ce prêt. Certains souhaitent plus de souplesse.

Les PGE sont mis en place pour aider les entreprises a traverser la crise sanitaire.
Les PGE sont mis en place pour aider les entreprises a traverser la crise sanitaire. © Frédéric Speich/Maxppp

Dans les Bouches-du-Rhône, près de 25.000 entreprises ont bénéficié des prêts garantis par l’État (PGE)  pour faire face à la crise du Coronavirus pour un montant de plus de cinq milliards d'euros. Au niveau régional, 69.000 entreprises ont demandé ce PGE pour un montant de 745 milliards d'euros.

Selon Jean-Luc Chauvin, président de la chambre de commerce et d'industries métropolitaine Aix-Marseille-Provence "cela ne représente que 18% des entreprises de notre territoire ce qui est assez peu en réalité, près de 110.000 étaient potentiellement concernées sur les Bouches du Rhône".

95 % des bénéficiaires sont des TPE/PME.

Le PGE est un prêt à la banque ou à un intermédiaire en financement participatif avec une garantie de l’État pour les entreprises touchées financièrement par la crise de Covid-19.

À Marseille, de nombreux restaurateurs ont contracté ces prêts. Sans activité, ils ont du mal à se projeter sur l'avenir et le remboursement. 

"Impossible de rembourser sans activité ! Et impossible de rembourser si l’activité est à 50 % à la reprise", explique Laurent Ceccarini, patron de trois établissements en centre-ville à Marseille.

"Il faudra sûrement réfléchir à l’abandon des PGE pour le secteur. Sinon ce sera la faillite de milliers d’entreprises et de toutes les manières l’impossibilité de rembourser les PGE", précise Laurent Ceccarini

Les entreprises peuvent demander un ou plusieurs prêts jusqu'au 30 juin 2021.

La garantie de l'État s'élève à 70% du montant du prêt. Pour les plus petites entreprises (PME), elle peut couvrir 90% du prêt.

Ce prêt peut représenter jusqu'à trois mois de chiffre d'affaires.

Pour les entreprises nouvelles ou innovantes (start-up), le montant du prêt peut s'élever jusqu'à deux ans de masse salariale.

Il est possible de faire une demande regroupant plusieurs prêts. Le montant cumulé de ces prêts ne doit pas dépasser 25 % du chiffre d'affaires ou deux ans de masse salariale pour une entreprise en création ou innovante.

Les petites et moyennes entreprises qui souhaitent étaler le remboursement de leurs PGE pourront notamment bénéficier de taux bancaires compris entre 1 % et 2,5 % en fonction du nombre d'années de remboursement.

Dans les conditions actuelles de taux, les banques se sont engagées à proposer une tarification maximale de :

 

Aucun remboursement de prêt n'est exigé la première année.

"La première année, nous bénéficions d'une franchise totale et à partir de la deuxième année, nous ne remboursons que les intérêts", précise Laurent Ceccarini. 

"Il y a des frais de dossier de 1.000 euros par tranche de 100.000 euros et les taux seront en fonction du marché, mais ne dépasseront pas 2,5 %", explique le restaurateur.

Les entreprises peuvent lisser le remboursement des prêts garantis par l’État sur une période maximale de six ans, comme le prévoit la loi de finances rectificative du 23 mars 2020.

"Cela va être très compliqué pour les entreprises très impactées comme les restaurateurs, l'hôtellerie, le tourisme, l'événementiel et les commerçants "non-essentiels"", explique Philippe Korcia, président de l'UPE 13.

"50 % des gens vont demander des franchises supplémentaires pour étaler les dettes, directement à leurs banques", précise ce dernier.

Malgré ces adaptations pour faire en sorte que toutes les entreprises puissent rembourser, on peut craindre que certaines entreprises ne soient pas en mesure de le faire.

"Près de 1.700 entreprises sont d’ores et déjà placées en procédures collectives (redressement et liquidation) sous couvert des tribunaux de commerce dans notre territoire. Les défaillances sont estimées à près de 20.000 entreprises dans les prochains 12 mois. Certaines d’entre elles ont bénéficié du PGE", estime Jean-Luc Chauvin, président de la chambre de commerce et d'industries métropolitaine Aix-Marseille-Provence

L'UPE 13 tire la sonnette d'alarme. "Sans reprise d'activité ce mois-ci et avec l'orientation vers une reprise en mars voire mai", l'optimisme n'est pas de mise.

"Dans cet optique, l'UPE 13 va proposer à Bercy de revoir les modalités de ces PGE", annonce Philippe Korcia, le président de l'UPE 13.

Principale réclamation, "passer de six à 10 ans pour l'étalement des remboursements, le temps de retrouver une activité complète et pérenne" explique le patron de l'UPE 13.

Dans les demandes, il y a aussi la poursuite de l'exonération des charges sociales et patronales comme cela était le cas jusqu'à novembre 2020. L'UPE 13 attend la publication du nouveau décret dans ce sens. 

Et pour la survie des entreprises très touchées, l'UPE13 préconise également "la poursuite du chômage partiel qui est censé s'arrêter le 31 janvier prochain.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société économie finances