Drame de la rue d'Aubagne : procès, affaires jetées… Pour les délogés les problèmes continuent

Après le drame de la rue d'Aubagne à Marseille, le 5 novembre 2018, des centaines de logements insalubres sont évacués dans le secteur de Noailles et dans la ville. Leurs anciens occupants restent traumatisés.

À Noailles, l'appartement de Sejo Ferdinand est encore en péril, son entrée est condamnée. Avec sa famille, il a dû quitter son appartement quelques jours après le drame du 5 novembre. Les planchers menaçaient de s'effondrer.

"Ma femme et ma fille ne vont pas bien psychiquement. Elles ne passent pas par cette rue, raconte l'homme devant son ancienne porte d'entrée. Elles sont traumatisées."

Un procès toujours en cours

Pendant des mois, la famille erre d'hôtels en studios, avant d'obtenir un logement temporaire financé par la mairie de Marseille. Elle demande 5000€ de préjudice moral à la propriétaire de son ancien logement.

"Elle était bien chez elle. Mais avec ma famille, j'ai souffert", explique Sejo Ferdinand.

La propriétaire accuse la famille de pas l'avoir avertie des désordres de l'immeuble, dus, selon elle à un dégât des eaux.

L'avocat de la famille, Aurélien Leroux, a accompagné de nombreux délogés d'immeubles placés en péril à la suite du drame.  Il fait souvent le même constat : "Ce sont des gens assez marqués. On parle de syndrome post-traumatique souvent." Beaucoup sont encore dans des situations d'attente.

Un appartement retrouvé vide

Mais même ceux qui ont pu récupérer leur logement font face à des difficultés. C'est le cas de Farid, qui a réintégré son appartement après 4 ans de solutions temporaires. Le temps des travaux, toutes ses affaires ont été jetées à la poubelle.

"C'est un choc, vous devez tout racheter. Le sommier, la machine à laver, le frigo…", dit-il. Farid, allocataire du RSA, aurait aimé être mieux accompagné pour son retour chez lui.

Selon la mairie de Marseille, plus de 370 immeubles ont été évacués dans la ville à la suite du drame de la rue d'Aubagne. En tout, 3.252 personnes ont été délogées. Entre 2016 et 2017, seuls une soixantaine d'arrêtés de périls avaient été pris par la municipalité.

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