Elections européennes 2024 : quatre choses à savoir sur Jordan Bardella qui lance la campagne du RN avec un meeting géant à Marseille

Jordan Bardella est en meeting ce dimanche à Marseille alors que le leader du Rassemblement national caracole en tête des intentions de vote pour les élections européennes du 9 juin.

Ne pas vendre l'ours avant de l'avoir tué. La tête de liste du Rassemblement national aux Européennes caracole en tête des sondages avec 10 points d'avance sur le camp présidentiel. Avec le risque que la victoire annoncée ne démobilise les troupes et les électeurs. Jordan Bardella lance en grande pompe sa campagne ce dimanche 3 mars, par un meeting géant avec Marine Le Pen, à Marseille. Ce premier rendez-vous avec les sympathisants du parti inaugure une série d'une dizaine de réunions publiques programmées au cours des trois prochains mois, dont l'une à Paris le 1ᵉʳ mai. Près de 6000 personnes sont attendues dans le Palais de l'Europe. France 3 Provence-Alpes vous détaille quatre choses à savoir. 

Sa candidature est en tête dans les sondages 

Vedette de ce grand meeting, la tête de liste prendre la parole en conclusion du grand raout en fin d'après-midi. Une première, ce privilège était jusqu'alors réservé à Marine Le Pen, qui s'exprimera donc cette fois-ci avant l'homme du jour. Selon le dernier sondage IFOP pour le JDD, publié ce dimanche 3 mars, Jordan Bardella est crédité de 29% d'intentions de vote pour les élections européennes, qui auront lieu les 6 et 9 juin prochain. C'est 10 points de plus que la liste Renaissance-MoDem-Horizons. Loin devant les Républicains et Reconquête qui tournent autour de 7 à 8 %.

Le baromètre annuel sur l'image du parti lepeniste pour le Monde et franceinfo a confirmé en décembre dernier que le RN poursuit très nettement sa dynamique de reconquête. 33% des Français adhèrent à ses idées. Un chiffre en progression constante depuis sept ans, et surtout qui frôle le record atteint en 2014 (34%). La "dédiabolisation" entreprise par Marine Le Pen produit ses effets : les Français sont plus nombreux à penser que le RN ne présente pas de danger pour la démocratie (45%) que le contraire (41%). En deux ans, la tendance sur la perception du danger représenté par le parti s'est quasi inversée.

Malgré cette banalisation, le programme du RN reste "ancré à l'extrême droite" pour l'historienne Valérie Igounet, spécialiste de l'extrême droite. "Marine Le Pen est dans la continuité historique de ce que son père a fait au Front national. L'anti-immigration, la xénophobie, c'est un marqueur du logiciel frontiste et de l'extrême droite", a-t-elle expliqué à franceinfo. Le candidat socialiste aux élections européennes Raphaël Glucksmann a quant à lui estimé dans l'émission "Dimanche en politique" sur France 3, dimanche 3 mars que "le vote Rassemblement national est un vote dangereux pour la survie de nos démocraties".

Son statut de favori peut être problématique selon le RN

A six mois du scrutin et alors que la campagne démarre à peine, la petite chanson "trop haut, trop tôt" vient rappeller que d'autres, comme Alain Juppé ou encore Eric Zemmour, se sont déjà brûlés les ailes en pleine ascension.

La position d'ultra-favori comporte des risques pour Marine Le Pen, le scrutin européen devant servir de marche-pied pour sa quatrième candidature à l'Elysée en 2027.  "Il y a une double condition : arriver en tête et faire aussi bien que la dernière fois" (23,34% aux Européennes de 2019), a expliqué à l'AFP un député RN.  "Mais si on passe des 30% (prévus par les sondages, ndlr) à 24%, l'image ne sera pas bonne".

Son image politique est encore en construction

"Limage de Jordan Bardella se construit", selon le baromêtre Verian de décembre. 38% des Français (+10) des sondés le jugent aujourd’hui capable de prendre des décisions et de rassembler au-delà de son camp par 35% (+10). Près d'un tiers estime qu’il comprend les problèmes quotidiens des Français et (28%, +7) qu’il a de nouvelles idées pour résoudre les problèmes de la France.

Jordan Bardella est également davantage perçu comme sympathique et chaleureux (30%, +9), et il s’améliore également sur sa capacité à inspirer honnêteté et confiance (28%, +6) aux Français. 

Mais son image s'écorne quand Jordan Bardella nie l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen sur BFMTV le 5 novembre 2023, alors que le fondateur du FN a été condamné à six reprises pour ces faits par la justice (1969, 1986, 1991, 1993, 1999, 2012).  "Jordan Bardella ne peut l'ignorer puisque quand il était jeune adulte, il a fait le choix de s'engager directement auprès de Jean-Marie Le Pen", a réagi le lendemain Olivier Véran sur France 5, dans l'émission "C à vous". "Cette volonté de se détacher de ce dernier sparadrap qui collerait d'après eux aux basques du Rassemblement national pour devenir respectable, en réalité, ils sont incapables de le faire parce qu'ils ne peuvent pas renier ce qu'ils sont fondamentalement"

Ses connexions avec l'extrême droite font polémique

Le 18 janvier dernier, c'est une tout autre facette du successeur annoncé de Marine Le Pen qu'a dévoilé le documentaire de "Complément d'enquête" sur France 2. Le reportage décortique la construction de l'image de l'ambitieux politicien de 28 ans. Son ancien coach en communication, ex-journaliste de BFM TV, Pascal Humeau, décrit des mois de travail pour permettre, à ceux qui "détestent" le RN, de se dire : "pour un facho, il a l’air sympa".

Le magazine s'est par ailleurs intéressé aux connexions de Jordan Bardella avec le Gud, le Groupe union défense, un groupe d’extrême droite, néonazi et identitaire, rappelant notamment qu'il a été le compagnon de la fille de l'ancien président du mouvement. 

Selon les journalistes de "Complément d’enquête", le numéro 1 du RN aurait également tenu, entre août 2015 et février 2017, un compte Twitter anonyme qui diffusait des propos racistes et glorifiait la figure de Jean-Marie Le Pen. Ce que conteste Jordan Bardella.