L'état condamné pour insuffisance face aux rodéos urbains à Marseille

Le tribunal administratif condamne l'Etat à verser 10.000 euros à une Marseillaise.
Depuis 2012, cette habitante des quartiers Nord dénonce l'inaction des pouvoirs publics au sujet de la gêne occasionnée quotidiennement par des rodéos urbains au Verduron (15e).
Rodéo sauvage dans les rues de Marseille
Rodéo sauvage dans les rues de Marseille © FTV
Après deux ans de procédures, une habitante, qui prefère rester anonyme, a enfin eu gain de cause. L'enfer des rodéos et les nuisances qui vont avec ont été reconnus.

Le 3 août dernier, la décision est tombée et le tribunal administratif précise que "le préfet de police des Bouches-du-Rhône a pris des mesures insuffisantes pour restaurer la tranquilité publique".

Nuisances sonores


Le bruit occasionné par ces rodéos pouvait dépasser les 80 décibels.

Des scooters sur une roue, lancés à pleine vitesse faisaient des aller-retours incessants pendant des heures, de jour comme de nuit. Une pratique dangereuse mais aussi très bruyante.

"Pendant des heures, ils montent sur les trottoirs, les rond-points, souvent ils bloquent les moteurs pour faire un maximum de bruit. Ce qui est le plus dérangeant", témoigne cette riveraine.

Voilà le tableau des rodéos urbains que subissaient les habitants du quartier Le Verduron dans le 15ème arrondissement de Marseille.

Action citoyenne

Excédés, les voisins ont fini par se réunir en collectif et déposer de nombreuses plaintes.

"Les premiers signalements ont été faits en 2012, là on avait des rodéos le week-end et de temps en temps en semaine", explique une habitante.

"Il n'y a pas eu de réaction. Et puis en 2017, il y a eu une montée des rodéos et comme il ne se passait rien, se sentant tranquilles, ils en ont fait une activité de tous les jours", précise cette riveraine. 
 

Les nouvelles mesures


Depuis 2018, les rodéos urbains sont passibles de peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Après le confinement, une mission a été confiée à deux députés pour réfléchir à un nouveau plan de lutte contre ces nuisances.

Malgré les nouvelles mesures, les habitants constatent au quotidien la difficulté de faire constater les nuisances par les forces de l'ordre.

"Lorsqu'on appelle le commissariat, il nous renvoit vers le 17, qui lui même nous explique qu'il n'y a pas d'équipage et qu'il y a d'autres priorités" précise cette riveraine.

C'est pour cela que les voisins ont porté plainte auprès du tribunal administratif de Marseille. 
 
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