EXPLOIT. Alpinisme : Emma Clair-Dumont devient la 13e femme à gravir l'Everest

Publié le Mis à jour le
Écrit par Sidonie Canetto .

Emma Clair Dumont a atteint le sommet de l’Everest. Cette habitante de Cuges-les-Pins, dans les Bouches-du-Rhône, est la 13e Française à accomplir cet exploit et la première du département. Récit de cette aventure.

Mètre après mètre ont été gagnés au terme d'ultimes efforts. À plus de 8.000 mètres d'altitude, l'oxygène se fait rare. Le froid est saisissant. La fatigue pèse sur le corps.

Emma est à quelques centaines de mètres de réaliser son rêve. Le plus dur commence.

Il faut près d'une heure pour gravir moins de 100 mètres. Derrière leurs écrans, la famille et les proches suivent le signal de la balise GPS. À la seconde près.

Sur un groupe de soutien créé pour l'occasion, chacun suit les derniers efforts d'Emma. C'est nuit blanche pour tous. Les encouragements sont puissants. Les derniers instants sont intenses. Le suspens aussi.

Et puis, trois émoticônes. C'est l'explosion de joie. Emma Clair Dumont a atteint le sommet de l’Everest dans la nuit de mercredi à jeudi, à 8949 mètres d'altitude. À 9 heures du matin, heure népalaise.

Sur le toit du monde

La lutte a été intense, face au manque d'oxygène, au froid et à la fatigue. Cette nuit elle a gravi la dernière ligne droite. Elle est montée sur le toit du monde.

Le bonheur est sans limites.

“Cette aventure est intense. je suis montée pour moi, mais redescendue pour vous. Vous m’avez donné de l’énergie. D’autres en manquaient et c'était effrayant. Tout est si froid, si gelé ici à 8000m. Je suis tellement heureuse mais aussi très émue : je ne fais que pleurer depuis ma réussite. Mes jambes sont exténuées. Je pense si fort à vous".

C'est le couronnement de mois et d'années de préparation. La joie intense du défi réalisé. Un de plus pour cette sportive accomplie.

15 minutes pas plus. Pour ne pas être en difficulté sur la redescente, Emma n'est pas restée plus d'un quart d'heure au sommet, car 10 heures de redescente l'attendent pour regagner le camp 3. À cette altitude, 8.000 mètres, il n'est pas possible de dormir au camp 4.

"La zone de la mort"

Emma a marché plus de 11 heures mercredi entre le camp 3 et le camp 4"Je vais tout donner pour y arriver !", avait annoncé Emma, dans l'après-midi à l'issue de l'étape du jour. L'avant-dernière.  

Emma a fait 3 heures de pause et a repris l'ascension pour 13 heures de marche avant d'atteindre le sommet. 

Le sommet de l'Everest se mérite. Peu de personnes ont la condition physique pour affronter "la zone de la mort". Cette partie de l'ascension qui se fait entre le camp de base 4 et le sommet.

Au préalable, il a fallu minutieusement préparer l'ascension risquée. "On réorganise la logistique : transport, oxygène, nourriture et eau... La santé est ok, le moral aussi et on a rejoint le second guide Sherpa pour le sommet !", expliquait Emma hier après-midi.

"Elle y est arrivée à 16h, heure locale et elle est repartie vers 20h, elle est arrivée au sommet à 9h heure locale", explique son mari.

Un périple débuté mi-avril

Emma est partie de France le 10 avril. Arrivée à Katmandou au Népal, elle fait connaissance avec ses guides népalais. C'est eux qui vont l'accompagner sur toute cette aventure, dont Jumbju Sherpa, guide spécialisé dans la très haute altitude. 

Contrairement à un trek, l'ascension se fait en plusieurs étapes de préparation, d'acclimatation.

Après Katmandou, direction Lukla, cette ville à l'aéroport particulier au pied de l'Everest, où l'avion doit se poser sur une piste en pente. 

Ensuite, c'est la préparation méticuleuse qui débute.

Pendant plusieurs jours, Emma et ses guides vont faire des aller-retours entre les différents camps. Ils montent déposer les tentes, les vivres, le matériel et surtout les bouteilles d'oxygène qui vont servir à l'ascension finale.

Les bouteilles sont obligatoires. "Cela compense l'absence d'oxygène, car il y a trois fois moins d'oxygène là-haut qu'à Marseille", confie son mari Stéphane Clair.

100 km séparent Lukla du sommet de l'Everest. Ces treks permettent la mise en place logistique, mais aussi l'acclimatation. Le premier camp de base est à 5.500 mètres d'altitude.

"Elle a un gros mental", indique Stéphane Clair, son mari.

Et ce mental, on le découvre au fil des publications sur sa page Facebook, qui retrace son aventure jour après jour.

Elle décrit son état physique et mental quotidiennement. Emma donne beaucoup de détails sur son périple. Des détails sur les conditions, sur l'ambiance. Avec les photos, on découvre que son sourire est omniprésent. Les guides la félicitent pour son opiniâtreté et ses exploits. 

Le plus insolite est probablement ce 7 mai dernier où elle fête ses 46 ans au camp de base avec ses guides.

Maintenant, Emma est sur la redescente. "Le moment le plus dur, car la crête est longue, dangereuse et très étroite", confie Stéphane, son mari.

Submergé par la joie de voir son épouse réaliser son rêve, il attend de la savoir en sécurité au camp de base 3. Là où elle pourra enfin dormir, se reposer et récupérer de toutes ses émotions et de tous ses efforts.

De nombreuses cordées ont fait l'ascension. "Le risque c'est le croisement, car c'est impossible à cet endroit", précise-t-il.

Les guides se sont organisés de façon à redescendre lorsque plus aucune cordée ne monte.

Une nouvelle attente commence.

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