Frappé avec sa canne puis poignardé, ce que l'on sait de la violente agression d'un septuagénaire à Marseille

Un homme de 74 ans a été agressé à l'arme blanche dans son hall d'immeuble ce dimanche dans la soirée par des jeunes qui consommaient des stupéfiants. Il a été grièvement touché au thorax. Des suspects ont été interpellés. Transporté à l'hôpital dans un état grave, il a pu ressortir ce lundi. Il a pu livrer son témoignage et raconter le déroulé des faits.

Après l'agression d'un septuagénaire dans le hall de son immeuble dimanche 21 avril, le préfet s'est déplacé en compagnie de la maire de secteur et de l'adjoint au maire en charge de la sécurité. La victime est rentrée chez elle. L'homme âgé de 74 ans est revenu sur cette soirée de violence et le contexte dans lequel il a été poignardé par des jeunes dont certains habitent le même immeuble.

France 3 Provence-Alpes vous résume ce que l'on sait de cette agression.

Un attroupement dans le hall

Dimanche soir, Boubacar Diallo, âgé de 74 ans revient de la mosquée lorsqu'il tombe nez à nez avec une bande de jeune installée dans son hall d'immeuble. Ces derniers fument du cannabis. Incommodé par la fumée, Boubacar leur demande de sortir fumer dehors, raconte l'intéressé. Une remarque qui sera très mal prise par ses jeunes interlocuteurs qui ne vont pas hésiter à lui dérober la canne sur laquelle il s'appuie et le frapper avec, avant que l'un d'entre eux ne sorte une arme blanche et le poignarde au thorax.

"Ils ont voulu me tuer, la lame est passée à un centimètre, c'est ce que l'on m'a dit à l'hôpital", déclare Boubacar au micro de BFMTV.

La victime appelle lui-même les secours

Alors qu'il vient de recevoir un coup de couteau dans le thorax, Boubacar trouve la force de monter dans son logement et d'appeler les secours. Les marins-pompiers vont venir le chercher et vont l'emmener à l'hôpital de la Timone. 

"Je n'ai rien compris. J'ai juste senti quelque chose me piquer à la poitrine. Ce n'est qu'une fois rentré chez moi que j'ai découvert que les trois tricots que je portais sous ma veste étaient percés et plein de sang", déclare la victime auprès du préfet relayé par La Provence.

Les nuisances du narcotrafic pointées du doigt

Boubacar Diallo habite le même immeuble depuis 25 ans, il connaît parfaitement certains de ces jeunes. "Ceux qui m'ont ceinturé, l'un d'eux habite au-dessus de chez moi", raconte Boubacar, "Ce sont des gamins que l'on a vu naître ici". Son fils a grandi dans cette cité de Marseille, pour lui c'est un manque d'éducation de la part des parents.

"Cela ne m'aurait jamais traversé l'esprit que des jeunes puissent attaquer mon père, lever la main sur lui, puissent ne pas le respecter quoi. Sachant que mon père est un des plus anciens d'ici", témoigne Samcidine Diallo, le fils de la victime au micro de BFMtv.

Ce lundi 22 avril, le préfet de police et Yannick Ohanessian se sont rendus sur place pour rencontrer la victime et "échanger avec le voisinage qui est choqué par cette violente agression", explique l'adjoint à la sécurité de la ville.

"Nous avons conjointement rappelé aux habitants qui souffrent des nuisances du narcotrafic que nous déployons nos forces pour les accompagner en multipliants les patrouilles mobiles de police municipales et nationales dans le secteur", explique Yannick Ohanessian.

Le préfet comme l'adjoint à la mairie ont rappelé qu'il y a depuis l'agression "une présence accrue des effectifs de police pour rassurer les habitants et apaiser le quartier".

Trois suspects interpellés

Pour un jeune du quartier, ami de la famille de la victime, devenu un "Grand Frère", les mentalités ont bien changé. "On se dit que maintenant en passant devant ces jeunes-là , il peut nous arriver n'importe quoi, peu importe qui nous sommes, garçon, fille, femme, ancien, jeune, il n'y a plus de critère", commente-t-il auprès de BFM TV. 

Trois jeunes, deux mineurs de 16 et 17 ans et un majeur de 18 ans ont été interpellés suite à cette agression, ils sont suspectés d'avoir été sur lieux et d'avoir assisté ou participé à l’agression. 

Le parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête au chef de "de violences en réunion avec arme sur personne vulnérable". Les investigations ont été confiées à l’URJ Nord.