Fusillade de la Castellane en 2015 : des mercenaires kosovars jugés à Marseille à partir de lundi

Le commando avait tiré avec des Kalachnikov à la Castellane en marge de la visite de Manuel Valls à Marseille le 9 février 2015. / © SPEICH Frederic/PHOTOPQR/LA PROVENCE
Le commando avait tiré avec des Kalachnikov à la Castellane en marge de la visite de Manuel Valls à Marseille le 9 février 2015. / © SPEICH Frederic/PHOTOPQR/LA PROVENCE

15 personnes comparaîtront à partir de ce lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour une fusillade dans la cité de la Castellane, le 9 février 2015, en marge de la visite du Premier ministre Manuel Valls dans la cité phocéenne. Le procès doit durer jusqu'au 5 avril.

Par AV avec AFP

Il était environ 9h30 ce 9 février 2015 quand des tirs ont retenti entre les tours de la Castellane, à Marseille. Des témoins ont décrit "une scène de guérilla urbaine". Une dizaine de personnes en treillis, armées de fusils d'assaut de type Kalachnikov et de talkies-walkies se sont mis à tirer en rafale dans cette cité des quartiers Nord, plaque tournante du trafic de drogue.

VIDEO. Rappel des faits : 

10 détenus, 5 libres


A partir de lundi, 15 personnes comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Marseille pour cette fusillade qui n'avait pas fait de victime, mais qui s'est produite quelques heures à peine, avant une visite du Premier ministre Manuel Valls à Marseille. Neuf hommes et une femme seront jugés pour violences volontaires sur des policiers, détention d'armes et association de malfaiteurs. Cinq autres prévenus sont soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique au commando. Ils comparaissent pour association de malfaiteurs. Dix d'entre eux seront jugés détenus, et cinq libres.

Suite aux tirs, des policiers avaient pris position dans la cité. Le directeur de la Sécurité publique
Pierre-Marie Bourniquel était sur place. Des rafales tirées en l'air accueillent les forces de l'ordre, contraintes de se réfugier au pied d'une tour pendant que le commando s'enfuit. L'affaire est du plus mauvais effet, le jour même où le Premier ministre vient se féliciter des résultats "encourageants" de la lutte contre la criminalité dans la cité phocéenne. 

Kosovars recrutés à Munich


Quatre membres du commando, dont une femme, des Kosovars recrutés près de Munich par un compatriote vivant à Marseille, avaient pour mission de reconquérir le point de vente de la drogue à l'entrée de la cité, selon l'accusation. Des traces ADN ont été relevées sur des armes et des munitions, et des vêtements et divers objets retrouvés dans un véhicule volé et dans un appartement de la cité.
Cela a permis aux enquêteurs d'identifier les participants présumés de la fusillade, parmi lesquels Salim Tachouaft, 37 ans, déjà condamné à neuf reprises et Seif Khadri, son beau-frère, 29 ans déjà condamné trois fois, considérés comme les chefs du commando. Les deux hommes avaient été interpellés en Seine-Saint-Denis. En état de récidive, ils encourent jusqu'à 20 ans de prison. Six mois plus tard, les quatre Kosovars venus d'Allemagne avaient été interpellés dans un salon de thé du 3e arrondissement de Marseille.

Je crains que le tribunal soit particulièrement sévère en raison du caractère exceptionnel et médiatique de cette affaire,

s'inquiète Me Bruce Blanc, avocat d'Abdallah Dakhouche, soupçonné d'avoir directement participé à la fusillade. Le procès doit s'achever le jeudi 5 avril.

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