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Marseille : 7 et 9 ans de prison prononcés pour association de malfaiteurs

Fusillade de Consolat : 8 à 10 ans de prison ont été requis mercredi 23 janvier 2019 pour association de malfaiteurs devant le tribunal correctionnel de Marseille (Bouches du Rhône). / © France 3 Provence-Alpes
Fusillade de Consolat : 8 à 10 ans de prison ont été requis mercredi 23 janvier 2019 pour association de malfaiteurs devant le tribunal correctionnel de Marseille (Bouches du Rhône). / © France 3 Provence-Alpes

Des peines d'un à neuf ans de prison et une relaxe ont été prononcées jeudi au procès dit des logisticiens des auteurs du double assassinat de Consolat en juin 2016. Six hommes, dont un en fuite, étaient jugés devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Par Jean-François Giorgetti, GB / France 3 Provence-Alpes

Raphaël Heredia considéré par l'accusation comme le chef des logisticiens a été condamné à 7 ans de prison. Malik Boughanemi, dont l'Adn avait été isolé sur une kalachnikov découverte dans une voiture prête à servir à un réglement de compte, a été condamné à 9 ans de prison.

Lors de son réquisitoire mercedi, la procureur de la République avait requis 9 et 10 ans de prison. Les deux hommes comparaissaient détenus depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille.

Dans ce dossier, quatre autres personnes étaient jugées à des degrès divers pour association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes et transport d’armes. Le tribunal a prononcé des peines de 1 à 5 ans de prison contre trois d'entre eux et une relaxe.

Retour sur le réquisitoire

En ce début de matinée mardi, la procureure de l’audience prend la parole pour ses réquisitions : "2016 année sanglante, année meurtrière, année la plus meurtrière à Marseille".

Et d'égrener :  "28 morts, 15 blessés dans des tentatives de règlement de comptes, un Everest de violence comme l’avait dit le procureur de la République de l’époque (...) Dans ce contexte, des enquêtes vont prospérer, des équipes de malfaiteurs vont être interpellées, dont certaines étaient prêtes à l’action (...) Notre dossier s’inscrit dans cette situation."

Le 25 juin 2016, deux hommes sont tués par des tirs de kalachnikov, dans une cité des quartiers nord de Marseille. Selon les enquêteurs, ce règlement de compte prend racine dans une rivalité qui opposerait deux clans des quartiers nord. 

La magistrate poursuit en expliquant que cette affaire "est en lien avec le double assassinat du 24 juin 2016, dans lequel un non-lieu a été pris par le magistrat instructeur". Ni la justice, ni la police ne sont parvenus à en identifier les auteurs.

"Le lien avec notre dossier, on le fait avec les moyens logistiques mis en place pour les malfaiteurs, des voitures faussement plaquées, et des armes", poursuit-elle. "Le lien avec le règlement de compte, c’est l’incendie de la Kangoo appartenant à ERDF volée quelques mois plus tôt, et une BMW, placée sous surveillance des policiers, qui a fait un stop de quatre minutes sur les lieux où a été incendiée la Kangoo (...) Quelques jours plus tard, cette BMW sera, nettoyée intégralement en pleine nuit avant d’être incendiée."  
Kangoo incendiée et voiture "chargée", retrouvées dans le cadre d'un règlement de compte à Marseille. / © DR
Kangoo incendiée et voiture "chargée", retrouvées dans le cadre d'un règlement de compte à Marseille. / © DR

Un projet criminel très abouti

"La découverte d’une Renault Megane RS, faussement immatriculée, chargée de trois kalachnikovs dont l’une présentait un chargeur engagé, entièrement garni, un autre chargeur, avec deux bouteilles d’hydrocarbure et trois cagoules. Ces moyens logistiques ont été pris en main et fournis par l’équipe de Monsieur Heredia", ajoute encore la magistrate.

"Sur l’un de ces fusil d’assaut on va retrouver un peu partout, l’Adn de Malik Boughanemi. Il nous dira qu’il n’aucun lien avec personne dans ce dossier et expliquera que son Adn serait resté sur cette arme qu’il aurait touchée en 2000".
 
Armes trouvées dans une voiture impliquée dans une tentative de règlement de compte à Marseille. / © DR
Armes trouvées dans une voiture impliquée dans une tentative de règlement de compte à Marseille. / © DR

Pour la magistrate, "ces armes dans cette voiture étaient pour un projet criminel et non pour un quelconque braquage de camion de cigarettes. L’association de malfaiteurs est parfaitement organisée avec un véhicule, des armes, des cagoules et des bouteilles d’essence, dans une voiture prête à partir. C’est un projet criminel très abouti. Les rôles sont distincts Raphaël Heredia le chef d’équipe logistique Malik Boughanemi et Hamid Ferhi sont sur un projet d’assassinat."

Avant de conclure : "Sur ce dossier la mort plane !"
 
Le véhicule Renault Mégane, équipé "clé en main" pour un règlement de compte. / © DR
Le véhicule Renault Mégane, équipé "clé en main" pour un règlement de compte. / © DR

Contre Raphaël Heredia, "le chef des logisticiens qui fournit des armes et véhicules faussement plaqués à des malfaiteurs", la procureure requiert huit ans de prison et dix ans à l'encontre de Malik Boughanemi, celui "qui prépare ce projet criminel", au casier judiciaire "qui fait froid dans le dos".

Face à ces incriminations, Raphaël Heredia, explique au cours du procès qu’il est un voleur mais pas un tueur. Malik Boughanemi indique aux juges qu’il n’avait pas de projet criminel.

Il répètera que si son ADN a été retrouvé sur une kalachnikov, c’est parce qu’il a participé en 2000 à un braquage de fourgon blindé. Son avocat demande une expertise pour savoir si l’Adn peut-être daté. Impossible, selon l’expert.
 

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