Le groupe Maritima Médias propose de reprendre le journal La Marseillaise

Le journal régional La Marseillaise a été placé en liquidation judiciaire le 13 juillet dernier. Une offre unique sera faîte au tribunal de commerce le 22 septembre, celle du groupe Maritima Médias. 

La Marseillaise, c'est une cinquantaine de salariés, un journal créé par des résistants et des idées très à gauche (photo : rassemblement du 13 août.)
La Marseillaise, c'est une cinquantaine de salariés, un journal créé par des résistants et des idées très à gauche (photo : rassemblement du 13 août.) © Mohammed El Hamzaoui / La Marseillaise
Le groupe Maritima médias vient au secours de La Marseillaise.

En liquidation judiciaire depuis le 13 juillet, le journal La Marseillaise avait très peu de temps pour trouver une solution.  

La Provence avait exprimé son intérêt pour cette reprise. Et avait reçu un refus fort et ferme de la part des salariés. L'offre était qualifiée d'"hostile". 

Vendredi 14 août, à quelques heures de la clôture du dépôt des offres au tribunal, la Provence annonce qu'elle renonce.

Comment deux médias se rapprochent grâce à un sondage

On n'imagine pas spontanément le mariage entre Canal Maritima et La Marseillaise. Et pourtant... au mois de juin, les deux médias organisent ensemble un sondage sur les élections municipales, et s'entendent bien.

A ce moment-là, La Marseillaise va mal. Après dix ans de lutte pour ne pas fermer, le journal, qui avait nettement redressé la barre, est fauché par le Covid-19.
Les banques ne veulent plus prêter, c'est reparti pour un nouveau combat.

Les clauses du contrat

Quatre exigences auxquelles ne dérogera pas La Marseillaise :
- Le maintien de l'emploi
- Le maintien du périmètre de distribution : Bouches-du-Rhône, Var, Héraut et Gard
- Le rythme quotidien (et non hebdomadaire ou mensuel)
- La préservation de la ligne éditoriale

Selon Léo Purguette, rédacteur en chef de La Marseillaise, l'idée serait de créer une Société coopérative d'intérêt collectif (Scic) qui impliquerait des salariés, des soutiens qui ont récolté déjà plus de 40.000 euros et des collectivités, qui s'associerait avec Maritima.

Le 22 septembre, le dossier sera déposé au tribunal de commerce de Marseille. Les parties peuvent retravailler et modifier leur première version jusqu'au 20 septembre. Début octobre, le tribunal se prononcera sur la reprise. 

Un soutien qui touche les salariés

"Tous ces témoignages de soutien nous font du bien", confie Léo Purguette.

Les Amis de La Marseillaise, c'est à-dire un collectif de très fidèles lecteurs, ont collecté 40.000 euros en trois semaines ("et en plein été", fait remarquer le rédacteur en chef.)
Le 13 août, veille du dernier délai pour présenter une ou plusieurs offres au tribunal, 200 à 300 personnes se sont rassemblées devant le journal en signe de soutien, à l'appel de la CGT.
 
En deux semaines, 2800 signataires ont répondu présent et ont montré leur soutien au quotidien La Marseillaise. Une mobilisation rapide dont les premiers signataires sont Robert Guédiguian, réalisateur producteur et scénariste et Marcel Thomazeau, ancien dirigeant de La Marseillaise.
   

Crise économique et sanitaire

La Marseillaise était tout juste en train de sortir la tête de l'eau après deux redressements judiciaires en 2014 et 2016 et une réduction drastique des effectifs, mais la pandémie et le manque de recette a eu raison de son fragile équilibre budgétaire. 

Un arrêt brutal

"Du jour au lendemain, les ventes en kiosques, la publicité, les annonces légales se sont arrêtées. Nous n’avions plus la trésorerie pour faire face à nos charges",  explique Jean-Marc Béhar, président de la SAS des Editions des Fédérés, société éditrice de La Marseillaise.

La société a été placée en liquidation judiciaire le 13 juillet dernier par le tribunal de commerce de Marseille.

"Notre société, grâce au travail de tous, amorçait son redressement, elle restait fragile économiquement et la crise sanitaire nous a frappés au plus mauvais moment", reconnaît Jean-Marc Béhar.

Le journal existe depuis 1943. Selon lui, les éditions avaient réussi à retrouver l'équilibre, avec un déficit qui est passé de 1,2 million d'euros en 2018 à 55.000 euros en 2019, avec notamment un nombre de lecteurs en hausse de 15%.

Un sursis 

La société éditrice a maintenant trois mois pour trouver un repreneur. Pendant ce temps, "le tribunal de commerce nous autorise à fonctionner, le temps qu’un ou plusieurs repreneurs se signalent", indique Jean-Marc Béhar.

Pour la pluralité de la presse, le journal doit continuer, les confrères sont unanimes et soutiennent les salariés de La Marseillaise. Les salariés travaillent "aux éditions à venir et se projettent dans l'avenir" indique la rédaction.
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