Hockey sur glace : coup de projecteur sur ces Marseillais nouveaux champions de France de Division 1

Ils n’étaient pas favoris. Mais ce week-end à l’Aren’Ice de Cergy-Pontoise, pour le "Final Four" de Division 1, les Spartiates de Marseille ont été impériaux. Deux victoires face à Nantes puis Strasbourg leur permettent de remporter le premier trophée de l’histoire du club.

Les Spartiates de Marseille sont champions de France de Division 1 (2ème échelon français) après leur victoire face à l'Etoile Noire de Strasbourg, 5 buts à 1.
Les Spartiates de Marseille sont champions de France de Division 1 (2ème échelon français) après leur victoire face à l'Etoile Noire de Strasbourg, 5 buts à 1. © Yoann Coppel

"Peut-être que la position d’outsider nous allait bien finalement". Paul Joubert, le jeune attaquant (20 ans) des Spartiates de Marseille est toujours sur son nuage après leur victoire en finale du championnat de France de Division 1 (2ème échelon français). "Le fait d’être négligés sur le papier nous a forgé une mentalité forte. On n’avait rien à perdre. Face à Nantes, on a fait preuve d’un esprit d’équipe incroyable pour renverser la situation (ndlr : ils étaient menés 2 buts à 1 pour finalement l’emporter 5 à 2). Ça a été le déclic pour la suite de notre week-end".

Jonathan Zwikel, le président du club phocéen, abonde les propos de son jeune joueur. "Nous avions vraiment un bon groupe cette saison. En battant les favoris nantais, nous avons fait taire les sceptiques avant de confirmer en finale. Sur le contenu du week-end, ce titre est plus que mérité".

L'attaquant russe Maxim Makarov (#36) a été l'un des grands artisans de la victoire marseillaise en finale avec deux buts.
L'attaquant russe Maxim Makarov (#36) a été l'un des grands artisans de la victoire marseillaise en finale avec deux buts. © Yoann Coppel

Pour le jeune ailier gauche (19 ans), Thomas Raby, ce deuxième titre de champion de D1 (ndlr : il avait participé à la victoire de Briançon face à Neuilly-sur-Marne en 2019) se savoure autant que le premier. "Ce sont des moments qui vont rester gravés à vie, que je n'oublierai jamais. Je pense que c'est le travail de toute la saison qui a payé au bon moment. La semaine de préparation nous a permis d'arriver confiants. L'adrénaline et la cohésion de l'équipe ont fait le reste". 

Un titre de champion mais pas de montée en Ligue Magnus

Après une saison particulièrement compliquée suite à la crise sanitaire, les Spartiates de Marseille s’offrent le premier titre de leur histoire mais ne monteront pas en Ligue Magnus l’an prochain. Aucune accession ou relégation sportive n’est prévue cette année.

"On le savait depuis longtemps mais ça n’a pas nui à notre motivation", explique Jonathan Zwikel. Pour l’ancien international tricolore, le fait d’avoir "un palmarès vierge nous donnait très envie d’aller gagner ce titre et de toute façon, l’objectif du club n’était pas de monter en Ligue Magnus. C’est seulement notre 3ème saison en D1. Les choses doivent se faire progressivement. Notre budget est de 800.000€. Pour espérer se maintenir au top niveau français, il faudrait avoir entre 1,2 et 1,3 million d’euros de budget. On est donc encore loin du compte".

Le hockey à Marseille, une histoire compliquée

Les premières traces de hockey sur glace à Marseille remontent à 1969. Après le succès des Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble, trois entrepreneurs privés installent une piste provisoire dans le hall 8 du parc des expositions. Une patinoire éphémère, démontée chaque printemps. Le Hockey Club Phocéen aura une vie mouvementée, trimballé de patinoire en patinoire.

Les premières traces de hockey sur glace à Marseille remontent à 1969.
Les premières traces de hockey sur glace à Marseille remontent à 1969. © www.hockeyarchives.info

Il faut attendre 2009 et la création du Palais Omnisport Marseille Grand-Est pour que le hockey sur glace puisse réellement se développer à Marseille. Le Marseille Hockey Club voit ainsi le jour en 2012, en remplacement du Hockey Club Phocéen.

La plus grande patinoire de France

Avec 5.600 places, Marseille dispose aujourd’hui de la plus grande patinoire de France. En 2014, l’arrivée de Luc Tardif Junior, ancien international tricolore, à titre de joueur, entraîneur et manager général du club, va faire passer Marseille dans une autre dimension. En 9 ans, les Spartiates sont passés de la D3 au sommet de la D1.

Et si la crise sanitaire s’estompe un jour, les hockeyeurs bleus et blancs pourront à nouveau compter sur un public fidèle pour aller encore plus loin. Avec une affluence moyenne de 2.600 spectateurs, le club est le plus suivi de la ville derrière l’Olympique de Marseille. Le président du club l’avoue "Le plus difficile, c'est de faire venir les gens une première fois à la patinoire. Mais en général, ils accrochent car le spectacle est sympa. On organise ça comme un show. C’est familial".

Qui sont les Marseillais champions de France ?

Chez les Spartiates de Marseille, les hockeyeurs n’ont pas l’accent du sud. "Notre centre de formation est jeune et il faut du temps pour former des joueurs", justifie Jonathan Zwikel. "Nous avons quelques bons jeunes de 13-14 ans mais il va falloir attendre encore un peu avant de les voir évoluer en D1".

Cette saison, les Bleus et Blancs se sont appuyés sur 8 joueurs étrangers (Russes, Canadiens, Américains) et 14 Français. Parmi eux, il y a quand même quelques régionaux. Les frères Raby et Villiot sont originaires de Briançon. A la fin de la saison, l’équipe a également reçu le soutien de deux joueurs gapençais, Paul Joubert et Louis Cirgues.

Paul Joubert (#16, dans le but) et Louis Cirgues (#15, de dos) sont venus renforcer l'effectif marseillais une fois leur saison en Ligue Magnus terminée avec les Rapaces de Gap.
Paul Joubert (#16, dans le but) et Louis Cirgues (#15, de dos) sont venus renforcer l'effectif marseillais une fois leur saison en Ligue Magnus terminée avec les Rapaces de Gap. © Yoann Coppel

"Avec Louis, nous avons une « licence bleue". Elle permet à des joueurs de moins de 22 ans de faire la navette entre la Magnus et la D1 ou la D2", développe Paul Joubert qui a débuté le hockey à l’âge de 3 ans à Saint-Pierre-et-Miquelon. "Quand la saison de Ligue Magnus s’est terminée, j’ai quitté Gap pour rejoindre Marseille où j’ai joué les 3 derniers matchs de championnat avant d’aller disputer le "Final Four". C'était génial de pouvoir vivre ça". Avec deux passes décisives en finale, l’attaquant haut-alpin aura apporté sa pierre à ce premier titre national des Marseillais.

Un trophée historique sur lequel les dirigeants phocéens comptent bien s'appuyer pour trouver de nouveaux sponsors et permettre à Marseille de rejoindre rapidement Gap, Nice et Briançon dans l'élite hexagonale.

Les Rapaces de Gap recrutent… à Marseille

Pour la première fois, les clubs des Spartiates de Marseille (D1) et des Rapaces de Gap (Ligue Magnus, D3, U20) vont organiser en commun un camp de détection et de performance de jeunes joueurs français nés entre 2004 et 1999.

Les Rapaces de Gap recherchent notamment 3 attaquants et 2 défenseurs pour leur équipe U20 (joueurs nés en 2002, 2003 ou 2004) pour la prochaine saison. Le partenariat « Licence Bleue » avec les Spartiates de Marseille offre la possibilité aux meilleurs éléments d’intégrer l’équipe de Division 1.

Ces journées de détection se tiendront au Palais Omnisport Marseille Grand-Est les 8 et 9 mai prochains de 9h à 18h15. Au programme, entretiens, tests physiques et exercices sur la glace.  

Pour postuler :

- Luc Tardif (Directeur sportif des Spartiates de Marseille) : tardif.luc@marseillehockeyclub.com

- Eric Blais (Coach des Rapaces de Gap) : eric.blais@ymail.com

- Sébastien Oprandi (Manager Général) : sebastien.oprandi@gmail.com 

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