L'incendie de Mouriès ce samedi est le premier feu d'ampleur de l'année dans les Bouches-du-Rhône. Bilan : 110 hectares de végétation parcourus et 230 pompiers déployés sur le terrain.

L'incendie qui a frappé la commune de Mouriès ce week-end est le premier feu d'ampleur de l'année dans les Bouches-du-Rhône. Le dernier bilan fait état de 110 hectares de broussailles et de pins  parcourus par les flammes. Les violentes rafales de mistral ont donné du fil à retordre aux 230 pompiers déployés sur le terrain mais le vent n'est pas seul responsable de la propagation de l'incendie. Des sols et une végétation désséchés ont favorisé l'avancée du feu. 

Vent et sécheresse, le cocktail tant redouté par les pompiers durant l'été peut surprendre en plein mois de février en Provence. Pourtant, Christian Bonnet, le président du comité Feux de forêts de Mouriès, est formel : "Face au changement climatique, les incendies ne seront plus des épisodes exceptionnels en hiver".



Christian Bonnet patrouille depuis 40 ans dans les collines de Mouriès qu'il connaît dans leurs moindres recoins. Samedi, dès 5H30, il a sauté au volant de son vieux 4X4 pour guider les colonnes de pompiers vers les deux propriétés menacées. "En cas d'incendie, je laisse ma casquette de bénévole chargé de la prévention, j'enfile celle de guide, pour prendre part à la coordination des équipes et faciliter la tâche des professionnels".

Autant dire qu'il surveille l'état de ses massifs tout au long de l'année. 

A l'heure où je vous parle, sous mes pieds, j'ai de l'herbe sèche comme en plein mois d'août. Il n'a pas plu suffisamment, la sécheresse de l'été ne s'est pas résorbée. La détresse hydrique de la végétation est la même qu'au coeur de l'été

Christian Bonnet, président du Comité Communal des Feux de forêts de Mouriès

Christian Bonnet s'en souvient bien : le dernier grand incendie dans le secteur remonte à 1999. Parti d'un vallon niché entre Saint-Rémy et les Baux-de-Provence, le feu avait dévasté 2300 hectares jusqu'à la commune d'Aureille. "Ce week-end, le feu est passé dans la même zone, détruisant de jeunes repousses, de la végétation rase, des chênes verts, buis et pins âgés de 23 ans" et d'ajouter dans un sourire, "ce qui peut paraître très long à l'échelle humaine, mais pas pour la nature.

Le manque d'eau reste une menace, mais il va falloir et s'y faire et s'adapter semble dire Christian, qui se dit "fataliste" face aux conséquences du réchauffement climatique.

Cette nuit encore, il sera aux côtés des pompiers pour scruter les massifs et veiller à un éventuel départ de feu, même si la météo prévoit un épisode pluvieux. "Il faudrait une jolie pluie alors, pas trop forte pour éviter les ruissellements. Sur la terre brûlée, ce serait une catastrophe". Mais il conclut, dubitatif : "On l'attend désespérément cette pluie, mais chaque fois qu'on nous l'annonce, malheureusement, elle tombe juste à côté". 

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