"J'ai honte de ce qui se passe au PS " : la sénatrice socialiste Marie-Arlette Carlotti voit rouge après la réélection contestée d'Olivier Faure

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Le dernier épisode du congrès du Parti Socialiste se jouera à Marseille entre le 27 et le 29 janvier. Après la réélection aux forceps du premier secrétaire Olivier Faure, sur fond d'accusations de triche par son adversaire Nicolas Mayer-Rossignol, la crise "n'est pas belle à voir" selon la sénatrice Marie-Arlette Carlotti.

L'avenir du Parti socialiste va peut-être se jouer au Congrès de Marseille à partir du 27 janvier .La famille socialiste s'y montrera plus que jamais divisée, un clanisme qui pourrait faire voler en éclat le parti. Les tensions se sont cristallisées autour de la réélection d'Olivier Faure au poste de premier secrétaire du PS. Une réélection contestée par son adversaire Nicolas Mayer-Rossignol, chaque camp s’accusant de tricherie et revendiquant la victoire.

Tandis qu'elle se rend au Sénat ce lundi, Marie-Arlette Carlotti ne décolère pas. Elle continue d'afficher son soutien au maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, mais  elle ne sait pas encore si elle se rendra ou non au Congrès dans quelques jours.  

J'ai honte de ce qui se passe dans mon parti et je suis triste. Olivier Faure amène le parti droit dans le mur.

Marie-Arlette Carlotti, sénatrice PS des Bouches-du-Rhône.

à France 3 Provence-Alpes

  • Dans quel état d'esprit êtes-vous après que l'annonce de la réélection d'Olivier Faure et le recomptage des voix de la commission de récolement du PS ?

     

Marie-Arlette Carlotti : que voulez vous que je vous dise? J'ai honte de ce qui se passe dans mon parti! C'est pas beau à voir. Nous avons besoin d'une vraie social-démocratie dans ce pays et Olivier Faure vient de démoraliser des pans entiers de l'électorat. Il fait semblant d'avoir gagné alors qu'il sait qu'il a perdu. Il n'a plus aucune légitimité politique, ni morale. Il faut qu'il parte. 

  •  Comment envisagez-vous le congrès de Marseille ?

Le parti a été réduit à sa portion congrue. Je ne voudrais pas que ce soit le dernier congrès du Parti socialiste. Au congrès de Rennes en 1990, les héritiers de François Mitterrand, Laurent Fabius et Lionel Jospin, s’étaient adonnés à un duel fratricide Ce congrès est resté un symbole de discorde. Il a laissé une image de déchirement, de désunion. Je ne veux pas que cela se passe à Marseille, parce cette ville est à contre-courant de ce que veut imposer Olivier Faure. Ici Benoît Payan a gagné la ville dans l'union grâce au Printemps marseillais. Olivier Faure ne doit pas salir tout ça !

  •  Pensez-vous faire entendre votre voix lors de ce congrès ?  

Pour l'instant je ne suis pas certaine de m'y rendre et ce serait la première fois dans mon histoire politique personnelle. Si la situation reste aussi confuse et que l'on continue à donner une image aussi ridicule de nous-mêmes, je n'y prendrai pas part.

  • Vous citez Benoît Payan, mais il n'est plus adhèrent au Parti Socialiste, il a d'ailleurs rappelé lors de ses voeux 2023 qu'il n'était plus encarté?  

Benoît Payan est toujours socialiste de cœur et d'engagement. On se reconnait, on fait partie de la même famille politique. Avec des "maires refondateurs" comme Nicolas Mayer-Rossignol à Rouen, Michaël Delafosse à Montpellier ou Benoît Payant à Marseille, on tenait l'espoir d'un renouveau, certes à contre-courant. Il ne faut pas les abîmer.

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