Journée de la maladie de Parkinson : spray nasal, robot, cannabis... Six innovations développées ou expérimentées à Marseille

Ce jeudi 11 avril, c'est la journée internationale de la maladie de Parkinson. À cette occasion, France 3 Provence-Alpes est allée à la rencontre de ces médecins et professeurs qui aident à combattre la maladie depuis Marseille.

Un Centre expert Parkinson, des unités de recherches scientifiques, des essais thérapeutiques, la ville de Marseille est pionnière pour lutter contre la maladie de Parkinson. Depuis les Hôpitaux universitaires de Marseille Timone et Aix-Marseille Université, des médecins et chercheurs se mobilisent pour trouver des traitements contre la maladie et soulager les patients qui en souffrent. 

France 3 Provence-Alpes revient sur toutes les innovations qui existent à Marseille pour faire face à cette maladie du cerveau.

Un traitement contre la maladie de Parkinson

La start-up marseillaise AmyPore travaille actuellement sur un traitement qui permettrait de "soigner" la maladie de Parkinson à sa racine. Et c'est une première dans le monde. "Nous avons créé une molécule conçue pour bloquer le mécanisme qui cause la maladie", explique Jacques Fantini, professeur de biochimie à l'université d'Aix-Marseille. Il travaille en collaboration avec Nouara Yahi, également professeure.

Le traitement pourrait être utilisé à l'étape la plus précoce de la maladie ou de manière préventive pour les personnes à risque possédant un gène et observant des symptômes. Cette molécule soignerait aussi l'Alzheimer, ayant un code biologique commun avec la maladie de Parkinson. Elle sera sous forme de spray nasal. "Cela permet d'avoir un accès direct au cerveau par la voie nasale."

Les tests sur les animaux réalisés partout en Europe sont terminés. Les chercheurs espèrent que les essais cliniques sur des patients commenceront d'ici à la fin de l'année pour une mise sur le marché vers 2026-2027.

La molécule mise au point à l'Université d'Aix-Marseille, ces chercheurs souhaitent monter un laboratoire dans la ville. "C'est né à Marseille et on ira jusqu'au bout de Marseille, même si on a des collaborations à l'international", soutient Jacques Fantini, originaire et amoureux de la cité phocéenne.

Ville pionnière en stimulation cérébrale profonde

Après Grenoble en 1995, Marseille est l'une des premières villes à avoir testé la stimulation cérébrale profonde à haute fréquence. Le professeur Jean-Philippe Azulay a commencé à partir de 1999 à implanter des électrodes dans le cerveau à l'hôpital de la Timone, dans le 5e arrondissement de la ville. Il en réalise, aujourd'hui, deux fois par semaine.

Le but est de stimuler des zones très réduites du cerveau grâce aux électrodes connectées à un boîtier placé sous la peau. Cette opération agit sur les principaux troubles moteurs, "la lenteur (akinésie), la rigidité, le tremblement, et une réduction, voire une disparition des fluctuations", selon France Parkinson.

Le robot Rosa

En 2019, l'hôpital de La Timone a accueilli un robot de haute précision, appelé Rosa. Équipé d'un bras articulé relié à un ordinateur, il guide le chirurgien pendant ses interventions. Cet outil permet "d'alléger les procédures opératoires" grâce à sa justesse et sa précision, nous explique le Professeur Jean-Philippe Azulay. "L'intervention dure aujourd'hui, en moyenne 6 h. Ce robot permet de réduire la durée d'hospitalisation."

Utilisé essentiellement pour le traitement de la maladie de Parkinson, le robot Rosa intervient également pour l'épilepsie et les troubles psychiatriques.

À Marseille, il en existe un. Il se trouve à l'AP-HM à La Timone au Centre expert Parkinson, l'un des 27 structures existantes en France.

Le cannabis thérapeutique

Non, la Ville de Marseille n'a pas décidé de légaliser la drogue. Mais le cannabis thérapeutique pourra être testé sur des malades de Parkinson à l'hôpital de La Timone. Une fois de plus, c'est une première mondiale. "La demande est venue directement des patients qui ont observé des améliorations de leurs symptômes en consommant du cannabis", avait expliqué à l'AFP en 2019 le Professeur Olivier Blin, chef du service pharmacologie de l'Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM). 

L'observation doit être réalisée sur les effets de "la motricité, la raideur, mais aussi sur l'anxiété, les émotions", poursuit le médecin biologiste.

Seulement, l'expérimentation a été annoncée en 2019. Et depuis, les essais cliniques sur les hommes n'ont pas commencé pour "une question de validation du produit", selon le Professeur Jean-Philippe Azulay. Sceptique à propos de cette innovation, il n'est "pas sûr qu'elle soit révolutionnaire" sur la maladie de Parkinson.

Un plateau d'imagerie de pointe

En 2021, l'Hôpital de La Timone a reçu une IRM "ultra-haut champ 7 Tesla". Un équipement "exceptionnel pour voir mieux les structures du cerveau", d'après le Professeur Jean-Philippe Azulay. Cet outil permet un "diagnostic plus précoce et un suivi plus précis pour une médecine personnalisée", selon Aix-Marseille université.

Marseille est l'une des rares villes avec Paris et Poitiers à avoir fait l'acquisition de cet équipement médical. "L'imagerie est utilisée pour les syndromes parkinsoniens atypiques, pour diagnostiquer au stade précoce ou au stade prémoteur, lorsque l'on a des troubles du sommeil particuliers", explique Jean-Philippe Azulay.

Une radiochirurgie innovante

Marseille est la première ville française à avoir installé un Gamma Knife. C'était en 1992 à La Timone. Cet outil permet de faire des radios intracérébrales millimétriques et est utilisé contre la maladie de Parkinson pour "traiter les tremblements", explique Jean-Philippe Azulay.

Grâce à cet équipement médical, le cerveau peut être opéré sans ouvrir la boîte crânienne et sans anesthésie générale. Les risques de complications sont diminués et le confort du patient est amélioré. 

Lille et Paris ont, plus tard, installé leur centre de Gamma Knife, en 2004 et en 2010.

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