La réplique de la grotte Cosquer à Marseille prend forme à la Villa Méditerranée

Découverte en 1985, cette grotte sous-marine dans les Calanques entre Marseille et Cassis va avoir sa réplique comme Chauvet ou Lascaux. En juin, 2022, les visiteurs pourront la découvrir au sein de la Villa Méditerranée à Marseille, aux pieds de la Major et à coté du Mucem. Une partie de l'installation a été dévoilée à la presse cette semaine.

Ce mardi 15 février, 20 millions d'histoire ont été dévoilés à la presse : le panneau de résine qui reproduit "Les chevaux", l'œuvre emblématique de la grotte Cosquer.

Et c'est aussi une particularité de cette grotte, nos ancêtres ont dessiné plus de 14 espèces différentes quand dans les grottes traditionnelles, on ne retrouve qu'une ou deux espèces. 

Il y a bien sûr des chevaux mais aussi des bouquetins, des bisons et plus surprenant encore des phoques et des pingouins.

Après 14 mois de travail par des plasticiens, les 12 panneaux reproduisant la cavité vont être visibles au plus grand nombre à la Villa Méditerranée.

Une réplique minutieuse

Il a fallu 14 mois de travail pour les sept plasticiens de Montignac, en Dordogne, pour reproduire à l'identique les peintures. Ils ont travaillé sur 12 parois de résine projetées d'après la modélisation en 3D de la grotte.

Ce sont en tout 150m2 de la grotte qui ont été copiés, peintures mais aussi reliefs géologiques. 

Ces plasticiens ont déjà réalisé le fac-similé de la grotte Chauvet, en Ardèche. La réplique de Cosquer a la complexité d'être inaccessible aux plasticiens.

Une frustration malgré la précision de l'image 3D, certains détails restent dans l'ombre. "C'est un handicap énorme de ne pas aller dans la grotte", Alain Dalis, plasticien de l'Atelier Arc & Os.

Pour la grotte Chauvet, ils pouvaient descendre tous les 15 jours ou tous les mois. Ils ont à leur disposition en plus des photos, des éléments qui leur permettent d'affiner les choses.

La visite de la grotte se fera depuis des wagons, "il y aura des bassins, autours des visiteurs pour donner cette impression d'immersion de la grotte, et la visite sera accessible par audioguides, qui vont dévoilés tous les mystères de la grotte Cosquer", indique Sylvain Depitout, le directeur commercial.

Un monde englouti

La grotte Cosquer est un site archéologique d'une valeur inestimable, voué à la disparition. La grotte Cosquer, située dans la calanque de la Triperie, entre Cassis et Marseille va avoir une seconde vie avec cette réplique.

Si nos ancêtres ont pu réaliser des cérémonies dans cette grotte, aujourd'hui, impossible d'y accéder sans être un plongeur expérimenté.

De plus, le réchauffement climatique accélérant la montée des eaux, condamne la caverne à une immersion totale. 

La caverne connaît également des problèmes de conservation : les peintures se dégradent inéluctablement. 

Témoignage d'une vie, et d'un art pariétal hors du commun, la grotte Cosquer, située à 37 mètres de profondeur, en dessous du niveau de la mer, a été découverte par le plongeur et scaphandrier Henri Cosquer.

Amateur de défis, il la visitera plusieurs fois en solitaire entre 1985 et 1991. Pour y accéder, il lui fallait traverser un tunnel immergé long de 175 mètres. 

Un lieu de cérémonie occupé entre - 19 000 et - 27 000 avant notre ère

Depuis 1991, date à laquelle Henri Cosquer a déclaré sa découverte (après la mort de trois plongeurs dans le tunnel d'accès), seules les missions scientifiques ont pu y accéder.

Des études au Carbone 14, ont permis de dévoiler deux périodes d'occupation : les peintures d'animaux datent de - 19 000 avant notre ère. Les mains rouge et noir, elles, ont été réalisées autour de - 27 000 ans.

Au total ce sont 270 œuvres d'art pariétal qui ont été mises au jour : des représentations d’animaux marins tels que les phoques, les méduses et les pingouins, dont la présence en méditerranée date de la dernière glaciation, mais aussi de nombreux chevaux, bisons et aurochs.

65 reproductions de mains en négatif ont été réalisées grâce à la technique du pochoir.

La grotte Cosquer est la seule grotte sous-marine répertoriée au monde. Aujourd'hui elle est surveillée et interdite au public en raison des dégradations qu'elle connaît.