Le château de la Buzine deviendra la cité du cinéma, comme le souhaitait Marcel Pagnol

La mairie de Marseille récupère la gestion du château de la Buzine. Le lieu endossera une nouvelle vocation : abriter les métiers du cinéma.

Le château de la Buzine fut acheté par Marcel Pagnol en 1941. L'artiste ne l'avait même pas visité, l'un de ses collaborateurs avait déniché l'imposante bâtisse. Lorsqu'il le voit, il pense au château que sa mère avait peur de traverser.

82 ans plus tard, lors du dernier conseil municipal de Marseille du 7 juillet, les élus s'enflamment autour du supposé "Château de ma mère". La mairie décide de récupérer la gestion du lieu en régie municipale. Un peu d'histoire :

  • Seconde Guerre Mondiale : les Allemands occupent la propriété 
  • 1973 : le château est acheté par le promoteur Kaufman & Broad
  • 1995 : la ville de Marseille rachète le bien
  • 2018 : Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel Pagnol et Jacqueline Bouvier, préside la gestion du château
  •  Juin 2020, le Printemps marseillais, union de gauche arrivée aux commandes de la ville, décide de confier la délégation de service public à une autre structure, le Centre de Culture Ouvrière, notamment parce qu'il est moins cher.

Levée de bouclier

Une pétition "Rendez Marcel Pagnol à la Buzine" est lancée. Elle enregistre plus de 60.000 signatures, dont celle du comédien Philippe Caubère, qui incarne le père de Marcel Pagnol dans "La Gloire de mon père" et "Le Château de ma mère". 
Des héritiers de Raimu et Fernandel la soutiennent publiquement. Vincent Fernadel s'exprime dans Nice-Matin, sur le ton légèrement exagéré qu'on connaît bien à Marseille.

Si on accepte de mettre Pagnol à la porte de la Buzine, autant dynamiter Notre-Dame-de-la-Garde pour en faire un salon de thé !

Vincent Fernandel

Pendant le conseil municipal du 7 juillet, les élus de tous bords se passionnent pour le devenir du château de Pagnol, comme le racontent nos confrères de La Marseillaise.

"Au sein de la commission d’appels d’offres, tous les éléments semblent erronés", déclare Catherine Pila, présidente (LR) du groupe Une volonté pour Marseille.

La sénatrice LR, Valérie Boyer, dénonce "une monnaie d’échange pour satisfaire les communistes de votre majorité". Ce dont se délecte le sénateur (Reconquête) Stéphane Ravier, "cette gauche est fière de son programme, elle appelle la droite à se réveiller", ironise-t-il.

Lionel Royer-Perreaut (Renaissance) évoque "une stratégie cachée".

Jean-Marc Coppola, élu PCF en charge de la culture, pointe "l’hystérie" qui s’est emparée du sujet. "J’en appelle à l’intelligence du petit-fils. Personne n’empêchera le nom de Marcel Pagnol de rester attaché à ce lieu." La seule chose qui motive l’élu, "c’est le projet artistique et culturel du lieu, qui ne soit pas dédié à l’entre-soi".

Marcel Pagnol voulait faire de ce château une cité du cinéma, un "Hollywood provençal". Mais la guerre l’en a empêché. Benoît Payan, maire de Marseille décrit le projet "Il a rêvé de cité de cinéma, d’apprentissage, qu’on apprenne les métiers du cinéma. C’est ça que ça va devenir. Un hommage à Marcel Pagnol."