Le covoiturage peut-il vous rapporter gros ? Quatre questions sur le nouveau dispositif proposé par la Métropole Aix-Marseille

Ce mercredi, Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix-Marseille a présenté le nouveau service mis en place pour accélérer la décarbonation du territoire. Il s'agit d'une application de covoiturage en partie financée par l'Etat, appelé "Lecoivoiturage". L'incitation est surtout financière.

"Lecovoiturage", c'est l'application lancée et présentée ce mercredi 17 janvier par la Métropole Aix-Marseille pour inciter les automobilistes à partager leur voiture notamment pour les trajets quotidiens domicile-travail, travail-domicile. L'argument principal de la Métropole : le gain financier. Mais covoiturer peut-il vraiment vous permettre d'augmenter vos revenus, comme l'assure le flyer ? France 3 Provence-Alpes vous présente le dispositif. 

Pourquoi la Métropole lance ce dispositif ?

Ce nouveau dispositif s'inscrit dans le cadre des 15 projets mobilité "pour accélérer la révolution des transports", expose la Métropole. 

"80% des déplacements se font sur les routes et 90% en autosoliste, explique Martine Vassal, présidente de la Métropole Aix-Marseille. Nous avons développé le covoiturage comme solution, le temps de voir se concrétiser les différents projets de mobilité lancés".

Selon la collectivité, ces trajets un coût de 6 000 euros par an pour les automobilistes et seulement 3% des personnes font du covoiturage. 

"Avec "Lecovoiturage", augmentez vos revenus sans demander d'augmentation", c'est le slogan de la métropole pour vous inciter à covoiturer.

C'est donc sur l'aspect financier que La métropole veut jouer pour intéresser le plus grand nombre, boosté par la crise des prix des carburants.

"Bon pour le porte-monnaie et la planète, le service l''ecovoiturage' permettra d’apporter une offre de mobilité durable accessible à toutes les zones géographiques du territoire et constituera une offre complémentaire aux transports en commun", indique la métropole.

Selon Martine Vassal, « une diminution de 10% du nombre de trajets effectués au quotidien dans la métropole permettrait de résorber les embouteillages en heures de pointe ».

"Lecovoiturage" s'ajoute aux services proposés par la Métropole comme  "Levélo", "Lecar", "Lebateau", "Lanavette", ainsi que la prime pour la ZFE de 5000 euros pour l’achat de véhicules électriques. 

Comment cela fonctionne ?

L'application est développée par la start-up Karos, qui a remporté l'appel d'offres. Cette entreprise équipe déjà les villes ou collectivités comme Toulouse, Grenoble, Lyon, la région Ile-de-France.

Il suffit de télécharger l'application Karos qui ensuite vous géolocalise sur la zone Aix-Marseille.

Ensuite il suffit d'indiquer si on est conducteur, passager, ou parfois conducteur et passager, quels sont les trajets désirés et la fréquence ainsi que les horaires. Il y a plusieurs paramètres possibles aussi comme choisir de covoiturer avec ses collègues ou privilégier des itinéraires.

L'algorithme trouve ensuite les correspondances possibles.

Cette application proposée par la Métropole vient se rajouter à celles déjà existantes pour les trajets du quotidien, comme BlaBlaCar, Daily, Klaxit, Citygo, Mobicoop, Mov'ici, Ciligo, Ynstant.

Combien cela peut rapporter au conducteur ?

Les conducteurs peuvent gagner 2 euros par passager pour un trajet de 5 à 20 km par covoitureur et au-delà de 20 km, c'est 0,10 centimes en plus par kilomètre et par passager.

Par exemple, si vous avez un passager pour faire Marseille- Aubagne soit 24 km, vous gagnerez 2,40 euros. Si vous embarquez trois passagers, vous gagnerez 7,20 euros.
Si vous avez trois passagers pour rallier Marseille à Aix-en-provence soit 39 km, vous gagnerez 11,70 euros.

Le coût pour les passagers, s’ils sont abonnés aux transports en commun métropolitains, est nul avant 30 km, et coûte 10 centimes par kilomètres au-delà de 30 km.

Si vous faites Marseille-Aubagne soit 24 km, vous n'allez rien payer.
Si vous faites Marseille-Aix-en-Provence, vous aurez 90 centimes à régler.

Pour un passager non abonné aux transports en commun, c'est 50 centimes en dessous de 30 km et puis 10 centimes par kilomètre au-delà de 30 km.

Si vous faites Marseille-Aubagne soit 24 km, vous payerez 50 centimes.
Si vous faites Marseille -Aix-en-Provence soit 39 km, vous aurez 1,40 euros à régler.

Il n'y a pas de revenus fixes, puisque le covoiturage est flexible : que des "allers", une à deux fois par semaine, etc.

Les transactions bancaires se font via l'application. La métropole offre 50 euros dès le premier trajet et 50 euros suivant si 10 trajets sont effectués dans les trois mois suivant le premier trajet.

Quelles entreprises participent au dispositif ?

Plusieurs entreprises ont décidé de sauter le pas de la mobilité partagée en incitant leurs salariés à s'inscrire sur la plate-forme comme Aix-Marseille Université, le CEA-Cadarache, STMicroelectronics à Rousset en passant par Thalès, Bolloré Logistics.

Ce nouveau service de mobilité est financé à hauteur d’un million d’euros par la Métropole Aix-Marseille-Provence, dont 50% pris en charge par l’État via le Fond Vert. 

Peut-on bénéficier d'aides financières si on fait du covoiturage ?

Cette application proposée par la métropole Aix-Marseille, peut-être cumulée avec l'aide du gouvernement de 100 euros proposée aux personnes qui covoiturent.

Boosté par la crise des prix des carburants, le covoiturage s'est développé en 2023.  La région Provence Alpes Côte d'Azur a lancé dans l'année une étude sur un "plan de service régional du covoiturage" afin d'encourager ce mode de transports alternatif pour les déplacements du quotidien alors que l'Etat dans le même temps proposait un bonus de covoiturage de 100 euros.