VIDEO. Métro fermé à 21h30 à Marseille : covoiturage et peur de devoir "refuser des contrats", le secteur de la restauration s'inquiète

Restaurateurs, intérimaires, salariés de la restauration, s'inquiètent des conséquences de l'arrêt du métro à 21h30 à Marseille à partir de ce lundi soir 23 octobre.

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Ce lundi 23 octobre, le métro à Marseille s'arrête à 21h30. Ce sera le cas toute la semaine pour cause de test des nouvelles rames. Et ce pendant deux ans hors évènements majeurs. Dans la restauration, cette mesure sonne comme une mauvaise supplémentaire après les années Covid. Galère des employés pour rentrer chez soi, restaurateurs dans l'angoisse de perdre des clients, tout le secteur serre les dents, pas vraiment convaincus par les bus de substitution. 

La peur de devoir "refuser des contrats"

Alexis Saroux a 19, il est intérimaire dans la restauration et c'est son travail à temps plein. Sans permis de conduire, il se rend dans les établissements qui ont besoin de lui à Marseille par les transports en commun. Alexis habite le quartier de la Valentine dans le 11e arrondissement de Marseille.

Habituellement, après ses prestations qui se finissent tard, il a l'habitude de prendre le métro jusqu'à Saint Marguerite Dromel (ligne 2) et prend ensuite le bus 15.

Ce lundi par exemple, il travaille de 17h à minuit dans un établissement du Vieux-Port.

"Je vais devoir prendre le bus de nuit 540 sur la Canebière au niveau du centre Bourse, explique le jeune homme, il part à minuit 45, soit 45 minutes après la fin de mon travail, mais je n'ai pas le choix, je ne sais pas combien de temps va mettre le bus de substitution, et je crains de rater mon bus habituel, car on sait que la RTM n'a pas assez de chauffeurs pour assurer toutes les rotations".

Pour ce soir, même si le temps de trajet est rallongé, il est rassuré car il a trouvé un moyen de rentrer chez lui, mais il se questionne déjà sur d'autres prestations.

"À chaque prestation, je vais m'organiser pour trouver l'itinéraire le plus court et si je ne trouve pas d'itinéraire sûrs pour rentrer chez moi, je serai obligé de refuser des contrats", redoute le jeune homme.

Covoiturage et système D

Pour Jean-Philippe Carmona, directeur de l'agence Victory, spécialisée dans la restauration, cette annonce de l'arrêt du métro à 21h30 n’est pas une bonne nouvelle.

Et pour cause, "66% des personnes qui travaillent dans mon agence n'ont pas de moyens de locomotion", indique Jean-Philippe Carmona.

Cette agence d'intérim, "est donc complètement impacté, et on réfléchit déjà à comment s'organiser, confie le directeur. On va mettre en place du covoiturage déjà pour [le début], et on va voir si les bus de substitution fonctionnent vraiment".

Les intérimaires de cette agence d'intérim travaillent pour de grands établissements de la ville, comme l'Intercontinental ou encore le nhow Hotel.

Ce lundi, pour ne pas faire faux bond à ses clients, Jean-Philippe Carmona assure qu'il va lui-même assurer une partie du covoiturage, "mais avant, c'était plus simple avec le métro".

Difficile de chiffrer pour le moment les contrats qui seront refusés par les intérimaires à cause de la fermeture du métro, mais "de toute manière on réfléchit à faire rentrer notre personnel féminin de la façon la pus sécurisée possible".

Une crainte sur la fréquentation des restaurants

Les restaurateurs de Marseille s'inquiètent de la baisse de la fréquentation possible avec l'arrêt du métro à 21h30.

"Dès ce soir nous serons fixés, mais nous nous attendons à baisse d’activité significative, explique Laurent Ceccarini, restaurateur du centre-ville de Marseille, à la tête de trois établissements, le personnel va perdre plus d’une heure dans les transports de substitution".

Ce chef d'entreprise, qui comme le reste de ses collègues dans le secteur, peine à trouver du personnel, déplore le dialogue de sourd engagé avec les responsables de cette situation.
"La RTM et la Métropole ne veulent rien savoir. Pour une fois la mairie s’oppose à cette décision mais sans succès à ce jour".

Après la période Covid, et avec l'inflation et la hausse du prix de l'électricité, les petites et moyennes entreprises notamment dans la restauration ont du mal à survivre, cette annonce tombe pour eux au plus mauvais moment.

Dans une lettre ouverte adressée à la présidente de la RTM, Catherine Pila, la CCI d'Aix-Marseille, la CPME 13, l'UMIH 13 le club Top 20 et la fédération des commerces du centre-ville dénoncent "une décision "brutale" et un service "dégradé" qui va pénaliser "l'attractivité du centre-ville".

"C’est une honte pour notre ville et une nouvelle difficulté pour les PME dont la RTM et la métropole se foutent complètement !"