Mal-logement à Marseille : “On dirait qu’on n’est pas des humains”, le témoignage d'une habitante

Chaïma Belkhiria a été expulsée de son logement insalubre de la Capelette à Marseille. / © Marie-Agnès Peleran
Chaïma Belkhiria a été expulsée de son logement insalubre de la Capelette à Marseille. / © Marie-Agnès Peleran

Chaïma Belkhiria a été évacuée de son appartement de la Capelette à Marseille fin 2018. Relogée depuis, la marseillaise est en grève de la faim pour dénoncer l'absence de réaction de son propriétaire, alors que la mairie la pousse à réintégrer son logement.
 

Par Jean Poustis / France 3 Provence-Alpes

C'est encore avec beaucoup d'émotion que Chaïma Belkhiria évoque ce 9 décembre 2018 et les jours qui ont suivi. Ce dimanche là, le plafond de son appartement de l'avenue de la Capelette à Marseille, s'est effondré alors qu'elle cuisinait avec sa fille de 6 ans. Son immeuble a alors été partiellement évacué.

Traumatisée par cet événement, elle dénonce depuis le mal-logement dont elle pense être la victime : l'absence de réactions de son propriétaire et les errances selon elle de la mairie. "Il n'y a aucune réaction, aucune réponse des responsables. On dirait qu’on n’est pas des humains pour eux, on n’existe pas", explique-t-elle.
 
Marseille : logement indigne Capelette
Un reportage de : Paul Géli et Marie-Agnès Peleran

D'abord partiellement évacué après l'incident, l'immeuble est vidé de tous ses occupants le 21 janvier au vue de l'état du bâtiment. Sur la foi d'un rapport d’expert judiciaire, Julien Ruas, adjoint au maire de Marseille délégué au bataillon des marins-pompiers, signe un arrêté de péril grave et imminent, le 14 février. 

Chaïma Belkhiria en grève de la faim

Mais le 29 mars, revirement de situation. La Ville de Marseille signe une mainlevée partielle du péril. Les services de la ville demande aux occupants de réintégrer leurs logements, sauf Chaïma Belkhiria. 

Relogée à titre provisoire par une association, la marseillaise refuse, alors qu'"aucuns travaux n'ont été réalisés". Depuis, son appartement est toujours sinistré. Les autres locataires et propriétaires ont eux réintégré leurs habitations.

Pour dénoncer le mal logement dont elle a été victime, Chaïma Belkhiria a entamé le 1er avril une grève de la faim. "Je fais cette grève de la faim pour attirer leur attention. Pour qu’on sache que notre vie, elle est en danger", précise-t-elle. 

Chaïma Belkhiria a désormais un peu moins de deux mois pour déposer un recours contre l'arrêté de la Ville de Marseille.
Grève de la faim logement insalubre

😲 En grève de la faim et en colère pour secouer les responsables... +d'infos : ▶https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouch...

Publiée par France 3 Provence-Alpes sur Mardi 9 avril 2019

La problématique du mal-logement à Marseille

Depuis le drame de la rue d'Aubagne, les exemples de mal-logements se multiplient dans la cité phocéenne. La problématique reste entière, entre cafistes et propriétaires peu soucieux de leurs locataires.  

Après Paris et Toulouse, Leilani Farha, Rapporteure spéciale des Nations unies sur le logement, était en visite à Marseille, lundi 8 avril. Dans un tweet presque ironique, elle y mentionne la beauté décrépite de la rue d’Aubagne et interroge "Quels mensonges se cachent derrière ces portes?"
Du quartier Noailles, à un campement de Roms dans le 2ème arrondissement, la représentante du haut-commissariat pour les droits de l’Homme a rencontré des représentants d’associations de soutien aux délogés et de lutte contre le mal-logement.
 
Ce jeudi 11 avril, la question sera aussi au coeur de Complément d'Enquête. Le magazine d'enquête de France 2 a remonté la piste des "marchands de sommeil", au profil parfois surprenant. Parmi eux, des élus, un boulanger ou encore des chefs d’entreprise.

Des investisseurs sans scrupules qui n’hésitent pas à abuser de la faiblesse sociale de leurs locataires pour s’enrichir.

 

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