Marseille : agressions en série d'étudiants en médecine, la police se mobilise

Publié le Mis à jour le
Écrit par Laura Cadeau

Après les premières agressions “rapides et violentes” il y a plus d’un mois, une réunion concernant la sécurité autour du campus de la Timone s'est tenue avec les étudiants en médecine, en présence du chef de commissariat des 4e et 5e arrondissements ainsi que du directeur sureté et sécurité de défense AMU.

"Nous sommes en patrouille dans le secteur cet après-midi. N’hésitez pas à me contacter si besoin", poste un policier sur le groupe Facebook "Actu Timone".

C’est sur cette page que les étudiants en médecine ont commencé, le 2 mars dernier, à partager leurs inquiétudes, à témoigner de leurs agressions ou à lancer des alertes. 

Des vols d’ordinateurs ou de téléphones devant les prépas (Sup Provence), des "attaques au couteau rue Sainte-Cécile par deux personnes en scooter", "un mec louche en jogging noir caché dans un recoin, pas loin de l’IFMK , un centre d’hébergement pour étudiants, qui regarde avec insistance les filles et les suit"... Les témoignages se multiplient et se terminent toujours par le même conseil : "Faites attention à vous"

Benoit*, médecin urgentiste au SAMU 13, est scandalisé par l’insécurité actuelle qui règne autour du campus de la Timone et du CHU. En tant qu’externe à Marseille, lui-même a connu cette situation mais jamais à un tel niveau.

"Cela fait plusieurs mois que ça dure, les témoignages à chaque changement de stage dans mon service restent les mêmes : la peur d’aller en conférence, de sortir tard de la bibliothèque universitaire, la nécessité de s’acheter des moyens de défense ou de sortir en groupe" soutient-il.  

Des agresseurs arrêtés en moins de 48 heures, selon la police

Suite aux informations transmises par les nombreux témoins et victimes, la faculté des sciences d’Aix-Marseille a envoyé un mail aux étudiants en santé à la Timone, annonçant une réunion d’échanges avec la police.  

Au sein de l’amphithéâtre n°1, jeudi dernier, le chef de commissariat des 4e et 5e arrondissements, M. Pace, et le directeur sureté et sécurité de défense AMU, M. Florentiny sont venus écouter les témoignages.

Face à la détresse des étudiants et les premières agressions il y a environ un mois et demi, leur réaction ne s’est pas faite attendre.

"Les trois agresseurs ont été arrêtés en moins de 48 heures grâce au travail des forces de police" assurent-ils. Avant de rassurer : "Ils sont depuis incarcérés". 

Cependant, les attaques ont continué à se multiplier. En réponse, ils déclarent que "la Police continuerait à faire tout son possible pour les interpeller et retrouver un climat plus apaisé." Comment ? Par le renforcement, notamment, de policiers en civil qui effectuent des rondes au quotidien autour et dans la faculté. Les élèves en santé prennent note.

"Portez plainte et/ou témoignez, et surtout prenez soin de vous"

"Mais attention, pour cela, il faut impérativement porter plainte au Commissariat des Chartreux" encourage M. Pace, changeant de ton.

Sur la page Facebook "Actu Timone", Linda* prend le temps, elle, de résumer cette réunion avec les éléments les plus importants à retenir : "Les caméras de vidéosurveillance dans la rue gardent les images en mémoire 10 jours." 

Face aux "crachats, tentatives d’agression, suivis par des personnes suspectes (etc.), la police ne peut rien faire, non pas par manque de volonté mais par application de la loi car ces actes ne sont pas considérés comme des délits", rappelle l’étudiante à la faculté de médecine de la Timone.  

En gras et surligné, elle mentionne enfin que toutes les "informations, pour être traitées efficacement, doivent absolument être transmises au commissariat référent pour le 5e arrondissement et/ou aux autorités de la fac (et pas de l’APHM) qui pourront ainsi les faire transiter jusqu’au directeur sûreté et sécurité de défense AMU."  

Hier soir encore, un membre du groupe alertait sur deux jeunes en trottinette errant près du bureau de tabac, sur le boulevard Baille. Une mise en garde après la publication d'une photo des individus, 15 jours plus tôt sur cette même page "Actu Timone". 

*A la demande des personnes, les prénoms ont été modifiés.