Marseille : “Black Blanc Beur”, un court-métrage en compétition internationale

image du clip de Black Blanc Beur de Moovida / © Etienne Fu-Le Saulnier / Moovida
image du clip de Black Blanc Beur de Moovida / © Etienne Fu-Le Saulnier / Moovida

Réalisé avec de jeunes comédiens issus des quartiers difficiles, le petit film est présenté à la 10e édition du Nikon Film Festival. 

Par Mariella Coste

Un concept simple mais pas facile pour ce festival : réaliser un film court de 2 minutes et 20 secondes sur un thème imposé. 
Créé en 2010, il récompense chaque année les jeunes talents du cinéma. Il est devenu en quelques années une référence et un tremplin destiné aux vidéastes amateurs ou professionnels.

Une génération

C'est donc le thème ce cette année. L'académie d'acteurs Moovida a relevé le défi avec un duo de réalisateurs abonnés aux premiers prix de ce concours : Prïncia Car et Matthieu Ponchel, une marseillaise et un parisien ! Ils encadrent les ateliers d'écriture et de réalisation gratuits deux fois par semaine dans les quartiers Nord de Marseille.

"Oh mon frère tu vois pas que j'y suis pas dans Black Blanc Beur ?"

C'est le cri d'un jeune... d'origine asiatique ! Le début du film plante le décor pour dire et moi je n'exsite pas ? La suite crée une surprise avec une présence féminine pour dire et nous les filles on n'existe pas ?... La fin est tout en délicatesse, il est à découvrir et à soutenir :
 
 

Ateliers d'écritures

Prïncia Car, la co-réalisatrice met en avant tout un travail collectif : "nous avons travaillé avec uen trentaines d'apprentis-comédiens autour des thèmes d'improvisation lors des ateliers : ils proposent beaucoup de matière, parfois trop ! Il a fallu ramener toutes leurs idées en 2mn20, c'est un véritable défi... Mais la chair fu film ce sont les jeunes !
 
On a voulu partir du film La haine, qui représente toute une génération : ils l’avaient tous vus ! Dit-elle avec étonnement. Et je m'aperçois qu'aujourd’hui que leur génération a fait un pas en avant : le slogan Black Blanc Beur oublie les asiatiques, les latinos... et les femmes !

Les jeunes ont traité la tolérance de manière joyeuse et prouvent que la génération d’aujourd’hui est plus ouverte qu'il y a 10-15 ans, c'est un message d’espoir qu'ils nous donnent."
L'équipe d'acteurs lors du tournage en intérieur, à cause de la pluie ! / © Louis Aldebert / Ph'Art et Balises
L'équipe d'acteurs lors du tournage en intérieur, à cause de la pluie ! / © Louis Aldebert / Ph'Art et Balises

Ils ont du talent

Prïncia Car a l'habitude de travailler avec eux : le tournage s'est fait extrêment facilement sur deux jours : ils sont efficaces ! On a tourné en extérieur puis à l’intérieur car pas de chance il a beaucoup plu... Mais finalement l’esthétique change quand le thème change : le début est en noir et blanc puis la couleur arrive avec l'entrée en jeu des filles.

On leur donne la parole et on les met en avant : ils ont du talent. Ce que j'ai le plus apprécié quand je leur ai demandé ce qu'ils pensaient des cours de l'année dernière c'est quand une jeune fille m'a dit :

"C’est la première fois qu’on me donne la parole sans que je vois dans vos yeux que je suis différente, car je sais que je suis différente, je viens des quartiers, je n'ai pas les mêmes codes, mais vous, vous m'écoutez".

Ces jeunes en difficulté s'épanouissent en prenant du plaisir, c'est le plus important. On leur donne plus confiance en eux, et d'ailleurs ceux qui ont participé aux ateliers l'année dernière ont tous trouvé deu travail, j'en suis très contente et fière, confie Catherine Vestieu, à l'origine du projet.




 

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