Marseille : l'ex-député européen Karim Zéribi condamné à deux ans de prison avec sursis et trois ans d'inéligibilité

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné mercredi l'ex-député européen Karim Zéribi à deux ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et trois ans de privation des droits civiques et civils, pour abus de confiance et abus de biens sociaux. Karim Zéribi a annoncé faire appel. 

Karim Zéribi (au centre)
Karim Zéribi (au centre) © Jean-François Giorgetti/FTV
"C'est un procès politique" s'est défendu Karim Zéribi à sa sortie du tribunal mercredi, en colère contre "une condamnation décidée par avance".

L'ex-député européen Karim Zéribi a été condamné à deux ans de prison avec sursis, 50.000 euros d'amende et trois ans de privation des droits civiques et civils, dont l'éligibilité, pour abus de confiance et abus de biens sociaux.

Détournements et "ambition politique"

"Il a détourné des fonds publics (des subventions versées à deux associations) pour les affecter à des dépenses clairement personnelles et destinées à accompagner ses ambitions politiques", a expliqué la présidente du tribunal Céline Ballérini en rendant sa décision.

"Cela met en doute la confiance en la justice républicaine que j’ai toujours défendue. A l’évidence j’interjette appel", a encore déclaré l'ex-conseiller municipal EELV de Marseille, et chroniqueur dans l'émission "Balance ton post !", après avoir été une des "Grandes gueules" de RMC.
Karim Zéribi, à gauche, à sa sortie du tribunal
Karim Zéribi, à gauche, à sa sortie du tribunal © Jean-François Giorgetti/FTV

Aujourd'hui directeur de l'engagement sociétal et de la transition écologique de la SNCF, l'ancien élu a été reconnu comme le gérant de fait de deux associations qu'il avait créées pour rapprocher la jeunesse des banlieues de la citoyenneté et du monde du travail avant d'en abandonner la présidence.

"C’est un procès qui a un caractère politique alors que je n’étais pas élu, ni en responsabilité politique, ni détenteur d’un mandat, ni capable d’attribuer quelque subvention que ce soit", a poursuivi l'accusé à sa sortie.

Les deux associations, Agir pour la Citoyenneté (APC) puis APC-Recrutement, étaient subventionnées par l'Etat, le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur et le conseil général des Bouches-du-Rhône.

Intérêts personnels et "calcul politique"

Bien peu d'actions correspondant à leur objet associatif ont été menées, souligne le tribunal, mais les deux structures ont "clairement contribué à fonctionner dans son seul intérêt et à cacher des démarches personnelles et effectuées suivant un calcul politique".

Evoquant "un mélange absolu des genres", les juges ont relevé que les salariés de ces associations travaillaient davantage pour les campagnes électorales de Karim Zéribi.

Financement d'un sondage portant en partie sur sa notoriété, paiement de loyers de son cercle de réflexion sont cités par le tribunal parmi des "agissements inacceptables et répétés".

L'ex-élu a également été reconnu coupable d'abus de biens sociaux dans la gestion d'une société en charge de gérer ses rémunérations de consultant d'où la peine complémentaire prononcée par le tribunal d'interdiction de gérer pendant cinq ans.

Le fils Zéribi parmi quatre autres accusés

Quatre co-prévenus, dont son fils désigné comme "gérant de paille" de cette société, ont été condamnés à des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis.

Un sixième prévenu qui avait assuré la présidence de droit des deux associations en tentant d'assainir leur situation financière est relaxé pour une partie des faits mais reconnu coupable pour des encaissements de sommes présentées comme des remboursements de frais injustifiés aux yeux du tribunal. 

Le tribunal l'a dispensé de peine.
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