Marseille : l'expulsion d'un imam salafiste suspendue par la Cour européenne

Un influent imam salafiste devait être expulsé pour ses prêches radicaux, sur décision du ministre de l'intérieur, mais la Cour Européenne des Droits de l'Homme vient d'imposer un délai de quelques jours pour statuer sur le fond du dossier. 

El Hadi Doudi, l'imam salafiste de la mosquée As-Sounna à Marseille, s'était vu notifier ce mardi l'arrêté d'expulsion pris à son encontre par le ministre de l'intérieur, lorsque la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a aussitôt suspendu son application.
La cour désire statuer sur le fond du dossier et a besoin de quelques jours pour cela. L'imam salafiste se trouve en centre de rétention administratif.

"Actes de provocation"

El Hadi Doudi s'était vu reprocher par l'Etat des prêches très radicaux, et notamment des "actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence", contre les femmes, les juifs, les chiites, les personnes commettant l'adultère, selon les termes de la demande d'expulsion du ministère de l'Intérieur.
Pour appuyer cette demande d'expulsion du 8 mars, une commission composée de magistrats administratifs et judiciaires avait donné un avis positif à la demande, estimant que  "l'analyse de l'idéologie propagée par El Hadi Doudi (...) démontre que l'autre est nié dans sa singularité et son humanité": "Il est identifié uniquement par rapport à son sexe et à son appartenance ou non à une race, une religion, une catégorie de personnes, ce qui est attentatoire aux principes fondamentaux de la République".

Des recours contre son expulsion

L'avocat de l'imam, Maître Nadil Boudi a engagé d'autres recours contre cette expulsion, devant la justice pour "disproportion de la mesure", "risque de torture" de l'imam en cas de retour dans son pays d'origine, l'Algérie, et "atteinte à sa vie privée et familiale".
Le 11 décembre, la Préfecture de Police des Bouches-du-Rhône avait pris un arrêté de fermeture pour six mois de la mosquée As-Sounna, fermeture temporaire entérinée par le Conseil d'État le 31 janvier.
Selon Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, vingt étrangers radicalisés en situation régulière ont été expulsés du territoire français l'année dernière.

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