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Marseille : un imam expulsé vers l'Algérie

L'imam salafiste marseillais El Hadi Doudi, a été expulsé vers l'Algérie ce vendredi matin. La cour européenne des droits de l'Homme s'était opposée à l'expulsion, dans un premier temps, avant de faire volte-face ce jeudi. 
El Hadi Doudi, le 8 février dernier, au palais de justice de Marseille
El Hadi Doudi, le 8 février dernier, au palais de justice de Marseille © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Le religieux était connu pour ses prêches radicaux à Marseille. C'est ce qui a motivé son expulsion vers l'Algérie. Le ministère de l'Intérieur a pris un arrêté d'expulsion ce mardi contre El Hadi Doudi. Mais la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) avait suspendu l'application de cette expulsion.

Des risques de torture ou de traitements inhumains 


Maître Nabil Boudi, l'avocat de l'imam El Hadi Doudi, a mis en avant auprès de la CEDH le risque pour son client de subir des tortures ou "traitements inhumains ou dégradants" s'il était renvoyé par les autorités françaises vers l'Algérie. La Cour avait alors accordé au gouvernement français un délai de 72 heures "afin de rassembler les informations complémentaires nécessaires à une prise de décision éclairée". Pendant cette période, El Hadi Doudi se trouvait dans un centre de rétention administratif.


Les propos illégaux de l'imam


Âgé de 63 ans, l'imam de la mosquée As-Sounna, dans le 3e arrondissement de Marseille, s'est vu reprocher des prêches très radicaux. Le ministère de l'Intérieur mentionne des "actes de provocation explicite et délibérée à la discrimination, à la haine ou à la violence contre une personne déterminée ou un groupe de personnes", en l'occurrence les femmes, les juifs, les chiites, les personnes commettant l'adultère.

El Hadi Doudi, le 8 février 2018
El Hadi Doudi, le 8 février 2018 © ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

L'analyse de l'idéologie propagée par M. Doudi (...) démontre que l'autre est nié dans sa singularité et son humanité",

avait relevé le 8 mars une commission à Marseille composée de magistrats administratifs et judiciaires dans un avis appuyant la demande d'expulsion.

Cet "autre" est identifié uniquement par rapport à son sexe et à son appartenance ou non à une race, une religion, une catégorie de personnes, ce qui est attentatoire aux principes fondamentaux de la République",

poursuivait la commission.


Le 11 décembre 2017, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait pris un arrêté de fermeture pour six mois de la mosquée As-Sounna. Cette fermeture temporaire avait été entérinée par le Conseil d'État le 31 janvier. Le 28 mars en région parisienne, l'imam suppléant de la mosquée de Torcy (Seine-et-Marne), Mohammed Tlaghi, avait été reconduit vers le Maroc en raison de ses prêches radicaux, en vertu d'un arrêté d'expulsion pris le 2 mars.

Vingt expulsions d'étrangers radicalisés
Vingt étrangers radicalisés en situation régulière ont été expulsés du territoire français en 2017, a précisé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb dans un entretien à Ouest-France le 31 mars, chiffre "jamais atteint auparavant", selon lui.
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