Marseille: les personnels d'un collège font jouer leur droit de retrait suite à l'agression d'un professeur

Jeudi, les personnels du collège Jules Ferry dans le 15e arrondissement de Marseille ont exercé leur droit de retrait. Cela fait suite à l'agression d'un professeur ainsi que l'intrusion de personnes cagoulées. 

Intrusion, agressions, ambiance délétère... Les personnels sont à bout
Intrusion, agressions, ambiance délétère... Les personnels sont à bout © Xavier SCHUFFENECKER / FTV

"La situation dans laquelle nous travaillons présente pour nous une situation de danger grave et imminent", peut-on lire dans le communiqué des personnels du collège Jules Ferry.

Mercredi, un professeur de physique-chimie a été agressé par une élève de 4e de cet établissement du 15e arrondissement classé  REP+ : "Elle lui a porté plusieurs coups de pied, lui a craché dessus et l'a copieusement insulté". L'enseignant, "grandement marqué", a déposé plainte.

Le même jour, plusieurs individus cagoulés se sont introduits dans l'établissement, en plein cours d'EPS. Selon les personnels du collège, il s'agirait d'individus "appartenant au réseau de drogue de Campagne Lévêque"

Cet événement s'ajoute aux multiples faits décris dans le communiqué: insultes à répétition à l'encontre des enseignants, insultes en arabe dans les cours, insulte de la part des parents à l'égard des professeurs, diffamations, caillaissages réguliers des personnels et des biens, menaces, départ de feux, entrée d'un scooter dans le collège... 

"On est tous sous-pression, à force de tirer sur la corde, la corde va céder", déplore Myriam Tieb,  assistante d'éducation au collège Jules Ferry.

Les professeurs demandent plus de sécurité

"Nous sommes très choqués, parents, élèves, professeurs, par ce qui s'est produit, témoigne Christelle Fabre, professeure de mathématiques. Nous demandons de pouvoir travailler dans un climat de sécurité".

Les professeurs ont demandé une surveillance policière ainsi qu'une clôture autour ds plateaux d’EPS. "Actuellement, n’importe qui peut s’introduire dans l’établissement", ajoute la professeure.

Cela aurait pu être pire s’ils étaient armés.

Myriam Tieb note également que l'alarme intrusion ne s'est pas déclenchée lors de la venue de ces individus. "Cela aurait pu être pire s’ils étaient armés. Ce qui est fort probable dans les semaines à venir".

Travaux et rondes policières

Le rectorat a annoncé que des travaux de protection allaient être faits, notamment pendant les vacances d'hiver.

"Nous voulons savoir ce qu’on fait la semaine prochaine justement car nous serons en classe, explique Christelle Fabre. Comment peut-on être certains d’assurer la sécurité de nos élèves et notre propre sécurité ?".

Les professeurs attendent la sécurisation de leur établissement.
Les professeurs attendent la sécurisation de leur établissement. © Xavier SCHUFFENECKER / FTV

La principale du collège, Marie Brunel, assure que des rondes de police vont être mises en places pour sécuriser l'entrée du collège.

"Vont-elles être quotidiennes, à chaque heure ?, s'interroge Myriam Tieb. Les rondes seront juste devant le portail alors que l’intrusion s’est effectuée derrière le collège. On peut s’introduire comme on veut et c’est ça le réel problème".

Pour l'instant, les professeurs ne savent pas quand ils vont reprendre les cours. "Cela va dépendre des réponses des institutions"

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