Nouveau protocole sanitaire dans les écoles : Saint-Maximin-la-Sainte-Baume ferme ses cantines

Un nouveau protocole sanitaire entre vigueur dans les établissements scolaires et les cantines ce lundi 8 février. Des mesures parfois inapplicables dans certaines écoles comme à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, dans le Var, où les cantines restent fermées jusqu'à nouvel ordre.

Pique-nique froid pour les enfants des écoles de Saint-Maximin-la Sainte-Baume, la mairie a fermé les cantines à cause du nouveau protocole sanitaire qu'elle estime trop complexe.
Pique-nique froid pour les enfants des écoles de Saint-Maximin-la Sainte-Baume, la mairie a fermé les cantines à cause du nouveau protocole sanitaire qu'elle estime trop complexe. © VALERIE VREL/MAXPPP

Au menu, ce midi, c'était pique-nique froid pour tous les enfants des écoles de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume dans le Var. Le maire a décidé purement et simplement de fermer les cantines.

En cause, le nouveau protocole sanitaire renforcé, trop complexe à mettre en place, notamment en raison de la dimension des réfectoires, trop exigue.

"Si l'on appliquait le protocole intégralement, il faudrait commencer le service pour certaines écoles à 11h et le terminer à 15h, voire même au-delà, ce qui n'est pas tolérable", explique Alain Decanis, maire de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.

"Si la situation devait se prolonger, au-delà de 4 semaines (après les vacances scolaires), un groupe de travail va commencer à travailler pour essayer de s'orienter vers une solution plus pérennne", précise Alain Decanis maire de Saint-Maximin.

Cette problématique est loin d'être un cas isolé dans le département du Var.

A fortiori, la distanciation de 2 mètres entre groupes de classes n'est pas non plus l'unique mesure décriée par les syndicats d'enseignants et parents d'élèves.

Pour tenter de freiner la propagation du virus et des ses variants les plus contagieux, l'exécutif a intensifié les mesures sanitaires mises en place dans les écoles.

Depuis le 1er février, tous les établissements scolaires doivent respecter deux autres nouvelles règles concernant notamment le port du masque et l'aération renforcée.

Suivant l'avis du Haut Conseil pour la Santé Publique sur les masques en tissu, le gouvernement demande désormais aux élèves et aux enseignants de porter des masques "grand public" de catégorie 1.

Il précise aussi qu'il "appartient aux parents de fournir des masques à leurs enfants". Face à la circulation des variants plus contagieux, les masques artisanaux ou en tissu lavables ne sont donc plus recommandés.

Si les classes étaient jusque-là aérées chaque matin avant l'arrivée des élèves, pendant les intercours, les récréations et au moment du déjeuner, elles devront dorénavant aussi être ventilées toutes les heures.

Ce protocole sanitaire "renforcé" dans les écoles est-il réellement applicable ? 

Ces nouvelles règles sanitaires renforcées, le corps enseignant les accueille avec lassitude. "Nous sommes blasés de voir éclore de nouveaux protocoles tous les mois ", souffle Virginie Akliouat, secrétaire générale Snuipp Fsu 13.

Les enseignants sont épuisés. Si les écoles restent ouvertes c'est parce que les professeurs les tiennent à bout de bras, au prix de leur santé

Virginie Akliouat, secrétaire générale Snuipp Fsu 13

"Ce nouveau protocole renforcé a été rédigé une fois de plus sans consultation et sans prendre en compte les réalités de terrain. D'une part, la distanciation de 2 mètres entre les groupes d'élèves n'est pas applicable dans certains établissements scolaires étant donné la petite taille de certains réfectoires. D'autre part, l'aération renforcée dans les classes est aussi remise en question pour certaines écoles marseillaises où des classes n'ont même pas de fenêtre", s'agace Virginie Akliouat, secrétaire générale Snuipp Fsu 13.

"Quant au port du masque de catégorie 1 qui entre en vigueur aujourd'hui, comment un enseignant peut-il vérifier la catégorie des masques de tous élèves ? Se pose aussi le problème du coût, étant donné que les masques sont à la charge des familles, même les plus modestes", martèle t-elle.

Du côté des associations de parents d'élèves, le constat est le même : "Cette nouvelle obligation ne doit pas être à la charge du ou des parents car certaines familles n'ont pas les moyens de dépenser 50 Euros par mois dans des masques", souligne Séverine Gil, présidente du Mpe13 - Mouvement des parents d'élèves de l'enseignement public des Bouches-du-Rhône.

"Si l'éducation nationale veut s'assurer que tous les enfants portent un masque en bonne et dûe forme alors il appartient à l'Etat de les doter de masques de catégorie 1", ajoute la présidente du Mpe13.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société éducation