Marseille : non, il n'est pas question de privatiser la plage des Catalans

Illustration - Des vacanciers profitent de la plage des Catalans, située dans le centre-ville de Marseille. / © VINCENT BEAUME / AFP
Illustration - Des vacanciers profitent de la plage des Catalans, située dans le centre-ville de Marseille. / © VINCENT BEAUME / AFP

Aux portes du Vieux-Port, la plage des Catalans est l'une des plages les plus fréquentées de Marseille. Trop, au goût d'une association de riverains qui souhaiterait que son accès soit payant. Ce qui est hors-la-loi rappelle la maire de secteur, alors que 20 % de la plage sont déjà privatisés.  

Par GB

Cette proposition a été soumise lors d’une réunion organisée le 22 septembre par l'association CAS 7e, une association qui regroupe les habitants du quartier, rapporte La Provence.

Elle pointe du doigt les difficultés de gestion de cette plage, très prisée des Marseillais et sans doute aussi victime de son succès. A tel point qu'un arrêté municipal, attaqué devant le tribunal administratif, en interdit l'accès après 20h.

Dans son compte-rendu, l'association propose que "cette plage redevienne payante, car elles pensent que cela permettrait de mieux la gérer".

Historiquement jusqu'à la fin des années 90, la plage était administrée sous forme associative. L'accès était réglementé, "en échange de quoi la plage était entretenue", se souvient la maire LR du 1er et 7e arrondissement, Sabine Bernasconi.

Autre temps, autre pratique. Depuis la plage est devenue publique, "surfréquentée" même, mais "aujourd'hui, mettre en place une entrée payante n'est juste pas légale", précise l'élue.

20% de plage déjà privatisés

Comme le prévoit la loi, 20% de la plage des Catalans font déjà l'objet d'une concession. Sabine Bernasconi y est d'ailleurs "tout-à-fait favorable". Mais la maire de secteur souhaite aller plus loin.

"Pourquoi ne pas imaginer un modèle de concession associative qui offrirait aussi des services, vestiaire ou garderie par exemple ? Dès lors, on pourrait imaginer une adhésion comme dans toute association pour y avoir accès".
Illustration de la plage des Catalans en 2010, où l'on parlait déjà d'un accès payant pour restreindre la population et mieux assurer la sécurité des baigneurs. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE
Illustration de la plage des Catalans en 2010, où l'on parlait déjà d'un accès payant pour restreindre la population et mieux assurer la sécurité des baigneurs. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE

"Privatisation des plages", ce que dit la loi

En France, il n’existe pas de plages privées au sens strict du terme. Le domaine public maritime de l’État est inaliénable, un principe qui remonte à Colbert, et par conséquent personne ne peut en devenir propriétaire.

Ce principe d’inaliénabilité a été atténué par la loi littorale de 1986 et le décret Plage de 2006. Elle autorise l’Etat à accorder des locations temporaires de parcelles du domaine public mais sous conditions restrictives.

Ces "locations de plages" sont d’une durée maximale de douze ans, renouvelable. Elles ne peuvent pas durer plus de six mois dans l’année, sauf dans les stations touristiques classées, où l'autorisation peut être poussée de huit à douze mois.

Et dans tous les cas, une bande située en bord de mer d’une largeur de trois à cinq mètres doit être laissée pour le passage des piétons.

Il existe ainsi près de 1.500 concessions de "plages privées", dont environ 400 sur la Côte d’Azur, soit près du tiers, essentiellement dans le Var et les Alpes-Maritimes, selon une étude Protourisme (2017).

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