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Marseille : opération jardins d'enfants, j'ai testé pour vous une manif des “Poussettes enragées”

Le Jardin "public" Cerrati, dans le 4e arrondissement de Marseille est fermé, à l'abandon depuis plus d'un an dénonce le collectif des Poussettes enragées. / © GB / France 3 Provence-Alpes
Le Jardin "public" Cerrati, dans le 4e arrondissement de Marseille est fermé, à l'abandon depuis plus d'un an dénonce le collectif des Poussettes enragées. / © GB / France 3 Provence-Alpes

Une manif, c'est peut-être un grand mot. Des poussettes, il y en avait quand même, et sinon de la rage, une grande détermination à se faire entendre. Samedi, le collectif marseillais des Poussettes enragées organisait la réouverture symbolique de jardins publics fermés.

Par GB / France 3 Provence-Alpes

Samedi 23 mars, le collectif marseillais des Poussettes enragées organisait une réouverture symbolique des parcs et jardins publics fermés. Depuis sa création en septembre 2018, ses membres dénoncent l'absence d'équipements pour les familles dans les différents quartiers de la ville.

Ce samedi matin, sous un beau soleil marseillais, ils étaient donc une nouvelle fois dans la rue, poussettes cannes aux poings, pancartes sur les épaules "Gaudin, ouvre nos jardins", et dans le sac-à-dos du petit, une meuleuse à disque pour l'opération : "C'est le printemps / Ouvrons des jardins."

Cibles de la dizaine de parents présents, quatre parcs et jardins publics fermés par la municipalité dans les 1er, 3e et 4e arrondissements. 10h30, une rallonge électrique et 20 secondes de meuleuse plus tard, le cadenas de la grille du jardin Cerrati saute et les enfants du collectif s'élancent dans l'aire de jeux, sous les hourras des parents ravis. "Attention aux bouts de verre quand même!".
23/03/2019 - Action du collectif des Poussettes enragées pour la réouverture des parcs et jardins publics à Marseille. / © GB / France 3 Provence-Alpes
23/03/2019 - Action du collectif des Poussettes enragées pour la réouverture des parcs et jardins publics à Marseille. / © GB / France 3 Provence-Alpes
Il faut dire que le square Cerrati est fermé depuis plus d'un an, laissé à l'abandon du temps. Sur les jeux d'enfants se mêlent graffitis –pour certains obscènes-, tessons de bouteilles au pied du toboggan et autres verres brisés dans des parterres bien fournis en mauvaises herbes.

Pourquoi cet abandon? "C'est difficile de faire cohabiter les enfants et les habitants du quartier", glisse un passant. "C'est aussi un lieu où une fois les parents partis, ce ne sont plus les mêmes enfants qui viennent y jouer…" Résultat, rideau ou plutôt cadenas sur les larges grilles de l'enceinte. La municipalité ferme les yeux, la police aussi.      
Le square du Jardin Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, condamné par la ville. / © GB / France 3 Provence-Alpes
Le square du Jardin Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, condamné par la ville. / © GB / France 3 Provence-Alpes
Chez les Poussettes enragées, le sujet agace quand même. "Il y a des nuisances c'est vrai, la cohabitation ce n'est pas toujours facile, il y a des conflits de voisinage; mais fermer, ce n'est pas une solution", avance Sébastien Barles, porte-parole du collectif, à la tête d'une famille recomposée de cinq enfants.
 
"Marseille est une ville qui souffre terriblement de manque d'espaces verts, de jeux, de parcs pour les enfants et quand il y a des squares, ils sont fermés, ce n'est pas normal".
 
Et le message politique suit, pour cet attaché parlementaire apparenté EELV. "Il y a de plus en plus de parents qui sont mobilisés, qui comprennent ce que l'on demande, (…) l'idée c'est de repenser à l'horizon des municipales de 2020 la ville à la hauteur de l'enfant".   

Samedi 11h, la petite bande s'ébroue après une dernière photo de groupe derrière la banderole "Rendez nos parcs aux enfants". Un dernier coup de balai citoyen pour ramasser le verre brisé, la chaîne est remise en place et direction le prochain square, jardin Carli dans le 1er arrondissement.
23/03/2019 - Action du collectif des Poussettes enragées pour la réouverture des parcs et jardins publics à Marseille. / © GB / France 3 Provence-Alpes
23/03/2019 - Action du collectif des Poussettes enragées pour la réouverture des parcs et jardins publics à Marseille. / © GB / France 3 Provence-Alpes
Drôle de déambulation sur les 20 minutes de trajet, sous le regard de passants ou de touristes un peu interloqués, qui ne comprennent pas bien cette poignée de parents avec leur pancarte et leur slogan "Gaudin ouvre nos parcs". Même chahut-bahut, gentiment organisé dans le tramway: "Laissez passer les poussettes enragées, on est là pour ouvrir nos jardins."

Jardin Carli, le cadenas vient à peine d'être découpé que la colère d'un habitant tombe du troisième étage, en face du square. "Pourquoi faites-vous ça! C'est boîte de nuit tous les soirs, on ne peut pas dormir!", s'époumone un sexagénaire. "Nous on veut juste en faire un jardin d'enfants!", réplique une maman.

L'homme s'entête, le mégaphone du collectif prend le dessus et la fenêtre du 3ème se referme. Décidément la "cohabitation ce n'est [vraiment] pas toujours facile".
23/03/2019 - Le square du Jardin Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, condamné par la ville, brièvement libéré par les Poussettes enragées. / © GB/ France 3 Provence-Alpes
23/03/2019 - Le square du Jardin Carli, dans le 1er arrondissement de Marseille, condamné par la ville, brièvement libéré par les Poussettes enragées. / © GB/ France 3 Provence-Alpes
"Il faut faire en sorte que nos enfants puissent gambader, respirer et ça passe, quoiqu'en dise certains, par la réouverture de l'existant", martèle Sébastien Barles. "Une ville pensée pour l'enfant, c'est dit et compris par l'UNICEF, c'est une ville qui favorise le bien-être et le mieux-vivre ensemble."

Il faudra sans doute retourner l'expliquer au monsieur du 3ème et à beaucoup d'autres.

Au terme d'une matinée d'action et de deux autres jardins encore ouverts, le collectif entend interpeller chaque candidat aux municipales de 2020 sur sa politique des espaces verts à Marseille. Pour que tout ceci, ne reste pas un doux rêve d'enfant.

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