Marseille : le tribunal valide la cession des McDonald's, les salariés font appel

Le tribunal de grande instance de Marseille a validé jeudi la cession de plusieurs restaurants McDonald's, cession dénoncée par leurs salariés
et au coeur d'un long conflit social, mais ce feuilleton judiciaire n'est pas fini, un autre volet de cette affaire étant déjà en appel.

Durant le conflit social des salariés de McDonalds en août 2018
Durant le conflit social des salariés de McDonalds en août 2018 © Photo Valérie Vrel/Laprovence/Maxppp
La cession de six restaurants McDonald a été validée par le tribunal de Grande instance de Marseille. 
Les salariés réclamaient l'annulation totale de ce projet de cession de six restaurants appartenant à Jean-Pierre Brochiero, dont cinq ont déjà été vendus à un nouveau franchisé, Mohamed Abbassi, en septembre.
Le sixième, le "McDo" de Saint Barthélémy, dans les quartiers Nord, et ses 77 salariés, devait lui être cédé à une autre société, Hali Food, et devenir un restaurant asiatique halal. Cette cession a été interdite par une ordonnance du juge des référés du TGI de Marseille
le 7 septembre.
 A l'audience devant le TGI de Marseille, le 18 octobre, la première sur le fond sur l'ensemble de ce dossier de cession, Me Blindauer avait demandé au tribunal de "tout annuler, car si Hali Food est une fraude, la reprise par Abbassi en est une aussi".
Dans son jugement jeudi, consulté par l'AFP, le tribunal a débouté le comité d'entreprise et le CHSCT de l'ensemble de leurs demandes. Les représentants des salariés "procèdent par voie d'allégations non étayées, soutenant la thèse d'une fraude sans en démontrer
la réalité", ont notamment affirmé les juges.
"Cette décision est une très bonne nouvelle pour la sécurisation de l'emploi des cinq restaurants transmis", a réagi le vendeur des restaurants, Jean-Pierre Brochiero.
"En ce qui concerne Saint-Barthélémy, nous allons continuer à travailler en espérant que la raison l'emportera", a-t-il ajouté.
 

"C'est une prise d'otages"

 Après l'interdiction de cession du restaurant de Saint-Barthélémy à Hali Food, Mohammed Abbassi avait finalement annoncé sa volonté de reprendre aussi le sixième restaurant de Jean-Pierre Brochiero, mais à condition de supprimer quatre postes de direction, la seule
solution selon lui pour rendre viable l'établissement.
"C'est une prise d'otages!", avait dénoncé Me Blindauer à l'audience le 18 octobre, rappelant que parmi ces quatre postes de direction se trouve celui de Kamel Guemari, directeur-adjoint et délégué FO du personnel. 
Après le jugement de jeudi, le feuilleton autour de la cession des six McDo de Jean-Pierre Brochiero est encore loin d'être terminé. 
Le 18 décembre, la cour d'appel d'Aix-en-Provence doit se pencher à nouveau sur l'ensemble de ce projet de cession, à la suite de l'appel contre l'ordonnance du juge des référés du 7 septembre, qui n'avait interdit que la cession du restaurant de Saint-Barthélémy. 
Ensuite viendra l'examen de l'appel de ce jugement du TGI de Marseille.
 
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