Des températures caniculaires pour un mois de septembre en France, pendant que l'Espagne et la Grèce connaissent des précipitations importantes. Voici les conséquences spectaculaires de ce phénomène météorologique inédit.
Vous l’avez remarqué, les fortes températures jouent la montre. Après une canicule exceptionnelle à la fin août, plaçant l’été 2023 à la 4e position des étés les plus chauds depuis 1999, une vague de chaleur se poursuit en cette rentrée. La région a d’ailleurs enregistré des températures record dans six communes des Bouches-du-Rhône. Un épisode de chaleur extraordinaire lié à un "blocage en Oméga". France 3 Provence-Alpes vous décrypte ce phénomène météorologique.
Qu'est-ce que le "blocage en Oméga" ?
Le phénomène en cause de cette vague de chaleur est un "blocage en Oméga". Il doit son nom à une double dépression qui sévit au large du Portugal qui prend la forme de la lettre grecque Oméga. À travers ces deux zones de basse pression atmosphérique, aussi appelées "gouttes froides", l’air chaud remonte depuis l’Afrique du Nord. Du côté de l’Europe de l’Ouest, on est plutôt sur un anticyclone qui reste figé. Il forme la "tête" de l’Oméga.
Quelles sont les conséquences de ce phénomène météorologique ?
Évidemment, ce genre de phénomène n’est pas sans conséquence. Il provoque d’importantes précipitations en Espagne, que l’on peut aussi retrouver au large de la Grèce. Des pluies qui ont causé des inondations importantes à Madrid et dans le reste du pays qui ont fait trois morts. La seconde dépression a des conséquences importantes également en Grèce. "En deux jours, 800 mm de pluies sont tombés. Une quantité de pluie record pour le pays, puisque cela représente quasiment un an de pluie", explique Paul Marquis, expert météo contacté par France 3 Provence-Alpes.
Et entre les deux dépressions, la chaleur, elle, remonte du Maghreb et de l’Afrique du Nord. Cette forte chaleur est alors coincée entre les deux dépressions, laissant place à des températures record en France pour un mois de septembre, pouvant avoisiner les 27 ou 28°C en journée et rester comprises entre 14 et 16°C la nuit. "Ce qui fait qu’entre deux distances, on retrouve des climats extrêmes", souligne l’expert.
Ces précipitations sont souvent très localisées et intenses. "A 200-300 km d’écart, on peut passer d’un extrême à l’autre", pointe-t-il. Et ce "blocage en Oméga" risque de persister encore quelques jours. "Aucun véritable rafraîchissement n’est entrevu avant au moins dimanche prochain", prévient Météo France, qui qualifie l'épisode de fortes chaleurs en France de "remarquable".
Le "blocage en Oméga" est-il fréquent ?
En quinze ans d’expérience, Paul Marquis l’assure, il n’a jamais vu un phénomène comme celui-ci. "C’est un cas d’école. Il est très délimité. Aussi, c’est un phénomène qui ne se produit pas en septembre, mais plutôt au printemps ou à la fin de l’hiver", ajoute-t-il.
Ce phénomène s'est déjà produit en juin et en juillet 2021 en Europe de l'Ouest. Une vague de froid avait été "bloquée" par le barrage en oméga et avait persisté plusieurs jours. Les inondations en Allemagne et en Belgique, mais aussi au Luxembourg et aux Pays-Bas, avaient causé la mort de plus de deux cents personnes.
À la question : le réchauffement climatique est-il la cause de ce "blocage en Oméga" ? Paul Marquis est clair. "C’est un peu le hasard, il n’y a pas vraiment d’explication rationnelle". Cependant, il insiste sur le fait qu’avec un climat qui se réchauffe, les pluies seront de plus en plus extrêmes. "Plus l’atmosphère est chargée en chaleur, plus il y a de précipitations. On dit qu’à chaque fois que l’on prend 1 degré, on peut gagner jusqu’à 10 % de précipitations." Comprenez donc que plus il fait chaud, plus on a des précipitations intenses et donc un climat plus extrême.