Mis en place d'un accueil simplifié pour les victimes de violences conjugales à l'hôpital de la Timone à Marseille

A titre expérimental et pendant un an, un dispositif d'accueil particulier est mis en place à l'hôpital de la Timone à Marseille pour les femmes victimes de viols et de violences conjugales. Un dispositif entre les différents services de police et de santé pour accompagner au mieux les victimes.
 
Une plateforme dédiée au victimes de viols et violences conjugales a été mise en place par le parquet de Marseille et l'AP-HM à l'hôpital de la Timone à Marseille.
Une plateforme dédiée au victimes de viols et violences conjugales a été mise en place par le parquet de Marseille et l'AP-HM à l'hôpital de la Timone à Marseille. © APHM
L'hôpital de la Timone va accueillir une plateforme hospitalière de prise en charge des victimes de violences conjugales. 

Ce dispositif est une passerelle entre les urgences, la médecine légale, les travailleurs sociaux,  les services de police, de justice et d’aide sociale.
Ce projet fait suite aux travaux du Grenelle contre les violences conjugales lancés le 3 septembre 2019. 

Concrètement dans les faits, cette procédure est en place depuis ce jeudi, de jour comme de nuit. Cela se traduit par un accueil classique mais un accompagnement particulier.

"Les femmes arrivent souvent dans des conditions extrêmement précaires dans les services hospitaliers qui sont les premiers à accueillir leurs blessures, mais aussi leurs paroles, et se trouvent après dans un circuit qui parfois est extrêmement complexe avec de multiples acteurs qui vont intervenir", a relevé Dominique Laurens, procureure de la République de Marseille.

Un parcours simplifié

La victime n'aura plus à se déplacer au commissariat pour porter plainte. 
"Si elle le souhaite, le médecin légiste pourra l'examiner et établir un certificat médical qui sera directement transmis au parquet", précise le docteur Tuchtan, de la Timone, qui a travaillé sur le protocole.

L'auteur des faits pourra être poursuivi par la justice sans que la victime porte plainte.

Cette procédure est mise en place dans le but de simplifier le parcours des victimes "en limitant les séquences (urgences, commissariat, UMJ, association d’aide aux victimes) et en enclenchant l’action publique le plus tôt possible", indique le parquet de Marseille.

"L’année dernière, près de 400 femmes ont dû être hospitalisées à l’AP-HM des suites de ces violences et parmi elles près de 80 n’avaient pas 18 ans", indique Sylvia Breton, directrice générale adjointe de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille.

Un dispositif expérimental

"Nous évaluerons, ensemble, ce dispositif au début de l’année 2021, et si, comme nous le pensons, le bilan est positif, nous espérons le déployer également au sein de l’Hôpital Nord", précise Sylvia Breton.

"Le parquet du Tribunal Judiciaire de Marseille assure un traitement prioritaire des dossiers de violences conjugales portés à sa connaissance", indique la procureure de Marseille.

L’hôpital de la Timone met à disposition un local adapté au sein du service des urgences pour assurer le bon déroulement et la confidentialité des échanges.

Dans le temps de l’expérimentation, une formation interprofessionnelle sur les violences conjugales, sera organisée auprès des professionnels concernés pour harmoniser les connaissances et les pratiques, avec le soutien du parquet et de la préfecture.

Ce dispositif  va coûter 47.000 euros. Le financement sera réparti entre le ministère de la Justice : 20.000 €, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône : 13.500 € et le conseil départemental des Bouches-du-Rhône : 13.500 €.
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