L'aéroport ouvre une nouvelle ligne entre Marseille et Shangai, des riverains redoutent des nuisances

L'aéroport de Shangai Pu Dong sera relié à celui de Marseille Provence à partir du mois de juillet, trois fois par semaine. Une mauvaise nouvelle pour les riverains qui se battent déjà vivement contre le bruit et la pollution.

Les avions font du bruit, surtout les vieux appareils. Ils polluent aussi, des riverains de l'aéroport Marseille Provence disent même trouver des dépôts huileux dans leur jardin. Réunis en associations, ces habitants tentent de sensibiliser les autorités des Bouches-du-Rhône. Le nouveau vol entre Marseille et Shangai vient raviver un peu plus leur colère. 

Les citoyens déjà mobilisés

"Si la population vient vers nous, ça n'est pas pour rien", constate Jean Reynaud, président de l'association Bien vivre aux Pennes-Mirabeau. "Le bruit ne respecte pas les normes, selon les balises installées, et les habitants retrouvent des dépôts huileux noirs sur les feuilles des plantes ou dans leur piscine", assure-t-il.

Interpellées en 2022, la mairie des Pennes-Mirabeau et la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) ont répondu "C'est à cause du Covid, après les confinements, la vie reprend." Les citoyens mobilisés ne voient pas les choses comme ça. "On compte environ une vingtaine de nouvelles lignes en 2023", souligne Jean Reynaud.

Du bruit qui nuit à la valeur des maisons, selon des riverains

Une réglementation appelée Plan Exposition au Bruit (PEB) vise à prévenir et limiter l'exposition de la population aux nuisances sonores. Les maires doivent en tenir compte pour l'urbanisme, dans leurs décisions de construction. Les notaires doivent prévenir leurs clients, "si vous achetez dans un PEB, vous aurez des nuisances sonores". Mais c'est un document d'urbanisme. "Donc la direction de sécurité de l'aviation civile (DSAC) n'est pas obligée de le suivre", regrette Jean Reynaud. 

Il est possible d'acheter une maison épargnée par les avions et de la retrouver survolée plusieurs fois par jour quelques années plus tard. La valeur des biens dégringole et les propriétaires sont furieux.  

"Les responsables de l'aviation civile ne veulent plus utiliser le terme de couloir aérien mais celui de chevelure des vols. Elle s'est extrêmement resserrée", explique Jean Reynaud. "Ces couloirs sont passés de 9 kilomètres à 1. De cette façon, on concentre les nuisances, moins de personnes sont impactées." 

Les solutions défendues par l'association :

  • Empêcher les avions anciens d'atterrir et de décoller
  • Restreindre les vols de nuit, entre 22 heures et 6 heures
  • Réduire l'activité de l'aéroport
  • Revoir la trajectoire des vols
  • Revoir la pente des décollages et atterrissages. Si la pente prise par l'avion est raide, il survolera moins de quartiers.

Un Plan d'étude d’impact selon l’approche équilibrée (EIAE) pilotée par la préfecture et la Direction de la sécurité de l'aviation civile du sud-est est actuellement en cours. 

L'aéroport de Nice a effectué des modifications, grâce à la motivation de la municipalité. Les avions anciens ne sont plus les bienvenus, les vols de nuit sont interdits.

Les associations des Bouches-du-Rhône contre les nuisances aériennes sont regroupées dans une fédération nommée Mistral. "Dans l'agglomération marseillaise, les acteurs politiques sont très peu mobilisés. Nous essayons de maintenir les mécontents, mais il existe des risques de débordement".