L'OM en finale de Ligue Europa : rééditer l'exploit de 93 avec la victoire du club mené par Tapie

Bernard Tapie fêté au Vélodrome avec ses joueurs après la victoire de l'Olympique Marseille face à l'AC Milan. / © GARRO Thierry/BEP/LA PROVENCE/Maxppp
Bernard Tapie fêté au Vélodrome avec ses joueurs après la victoire de l'Olympique Marseille face à l'AC Milan. / © GARRO Thierry/BEP/LA PROVENCE/Maxppp

L'OM en finale de la Ligue Europa mercredi, cela rappelle des souvenirs ! Il y a 25 ans, les Marseillais fêtaient la victoire de leur club en Ligue des Champions. Pour Bernard Tapie, c'est l'aboutissement d'une ambition affichée dès son arrivée à Marseille 7 ans plus tôt.

Par Annie Vergnenegre

La date du 26 mai 1993 est inscrite en lettres d’or dans le cœur des Marseillais. Ce jour-là, l'Olympique de Marseille remporte la finale de la Ligue des Champions face à l’AC Milan, 1 à 0, dans le stade de Munich. L'OM devient le premier, et unique, club français à soulever la "coupe aux grandes oreilles" et c’est toute une ville qui entre dans l’histoire.

La culture de la gagne


Pour les Marseillais, Bernard Tapie reste à tout jamais leur héros. Quand, en 1986, il accepte l’offre de Gaston Defferre de reprendre la présidence de l’OM, l’homme d’affaires affiche d’entrée son ambition : l’emmener tout en haut ! Champion de France mais surtout champion d’Europe ! Pourtant, Marseille n’a plus rien gagné depuis 20 ans… mais Tapie y croit, il veut faire de l’OM un club qui compte. Et pour cela, il suffit, pense-t-il, de s’en donner les moyens.

D’entrée, à peine arrivé, il  « pique » deux joueurs aux meilleurs clubs du moment : Alain Giresse à Bordeaux et Jean-Pierre Papin à Monaco. En 1989,  il se paie aussi Chris Waddle, pour 3,5 millions de livres (7 millions d’euros), c'est le 3e plus gros transfert de l’époque après Maradona et Gullit. Gagner, gagner, gagner à tout prix…. c’est son credo.

Un club qui compte


Ces joueurs prestigieux font de l’OM un club qui compte, trois fois champion de France consécutif de 1990 à 1992. Mais ils ne participeront pas à la victoire de l’OM sur la pelouse de Munich l’année suivante. A coups de recrutements, renouvelant 30 à 40 % de son staff chaque saison, Tapie s’est construit une équipe de compétiteurs qui symbolise la devise du club « Droit au but ». En 1993, l’OM c’est Marcel Desailly, Basile Boli, Jocelyn Angloma, Eric Di Meco, Abédi Pelé, Jean-Jacques- Eydelie, Franck Sauzée, Alen Boksic, Rudi Völler, Didier Deschamps le capitaine, et un jeune gardien de 21 ans Fabien Barthez.
© Georges GOBET/AFP
© Georges GOBET/AFP

J’avais 11 joueurs qui étaient prêts à mourir les uns pour les autres,

a déclaré Bernard Tapie.

Le Belge et le Boss


Sur le papier, le 26 mai 1993, son équipe n’est pas la meilleure. Les Marseillais ne sont pas favoris.  Mais un homme est là pour en tirer le meilleur, Raymond Goethals, que Bernard Tapie a rappelé en novembre 1992. Entre « le Belge » et « le Boss » comme l’appellent les joueurs, les rapports ne sont pas simples. 
Si Bernard Tapie lui reconnaît sa « science » des joueurs, il n’en reste pas moins omniprésent, dans les vestiaires comme sur le terrain. S’il n’est pas sur le banc c’est tout comme.

Tapie interdit à Boli de sortir


Ce 26 mai 1993, Basile Boli n’aurait jamais marqué si Tapie n’avait pas mis son grain de sel dans la partie. L’arrière, blessé au genou droit depuis plusieurs semaines, demande à quitter le terrain. Völler est près à le remplacer. Bernard Tapie, dans les tribunes saisit son talkie-walkie et « interdit » au coach de le sortir à 10 minutes de la mi-temps. Quelques minutes après, Boli dévie le corner d’Abédi Pelé ? Ce coup de tête extraordinaire fait entrer l’Olympique de Marseille dans l’histoire. Et met fin à 38 ans de malédiction française.

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