VIDEO. "Paris, Marseille, Lyon" : à la télévision russe, un débat sur l'opportunité de bombarder les grandes villes françaises

Dans une émission de la télévision de la chaine d'Etat Rossiya 1, plusieurs participants ont discuté de quelles villes européennes la Russie devrait bombarder. Marseille mais aussi Paris, Lyon, Munich ou Hambourg sont citées.

On croirait voir un jeu télévisé. Six hommes en costume sont installés en cercle face à leur pupitre. Les projecteurs rasent un décor noir. Micro serre-tête à l'oreille, les participants ne jouent pas pour gagner des millions de roubles. Ils décident quelle ville européenne la Russie devrait bombarder. L'émission a été diffusée le 3 mars sur Rossiya 1, chaîne d'Etat russe. 

Paris, Marseille, Lyon

"Je n'arrive pas à choisir, Paris ou Marseille ?, demande très sérieusement le présentateur dans un extrait révélé sur les réseaux sociaux et authentifié par France Télévisions. Bucarest bien sûr. Puis Paris, Marseille, Lyon. Lyon est une belle ville, il y a un festival des lumières."

Les participants argumentent, chacun défendant sa ville favorite pour subir des frappes militaires. "Et en Allemagne, pour [l'envoi de missiles] Taurus [en Ukraine], que détruire ?" Hambourg semble convaincre tout le monde, non sans déclencher le rire d'un des intervenants, qui propose : "Ou peut-être Munich ?". "Peut-être qu'on devrait lancer une enquête pour savoir quelles villes ils n'ont pas peur de perdre ? interroge froidement l'animateur. Comme ça, ils comprendront à quoi conduit d'être dirigés par des idiots".

Vladimir Soloviev, coutumier de ce genre d'attaques

Aux manettes, Vladimir Soloviev, un des principaux visages de la propagande du régime de Vladimir Poutine. Le présentateur est coutumier de ce genre d'attaques. Après la déclaration d'Emmanuel Macron le 29 février, n'excluant pas d'envoyer des troupes françaises en Ukraine, Vladimir Soloviev avait qualifié le président français de "crétin phénoménal", et de "salaud nazi", lâchant à l'antenne : "Choisis une ville française que tu veux rayer de la carte."

Vladimir Soloviev "est devenu le visage de cette propagande du Kremlin, analysait en 2022 pour Libération Cécile Vaissié, chercheuse spécialiste de la Russie à l’Université Rennes-II, le visage brutal et agressif de ces appels à la guerre."

Depuis les déclarations d'Emmanuel Macron, le ton ne cesse de monter entre la France et la Russie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a estimé jeudi 7 mars que le président de la République augmentait "l'implication" de la France dans le conflit en Ukraine.