VIDEO. "Si on oublie nos racines on est perdus." Luba accompagne des Ukrainiens en Provence

Après l’invasion russe le 24 février 2022, cinq millions d’Ukrainiens ont dû partir de chez eux. Plus de 20 000 ont été accueillis en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Des réseaux d’entraide entre réfugiés se sont formés. À Marseille, Luba Melynk est bénévole de l’association Fraternité Franco-Ukrainienne Provence.

En février 2022, Luba Melynk arrive à Marseille après avoir fui la guerre en Ukraine avec sa fille et son mari. Chaque semaine, cette enseignante et psychologue, organise des activités pour les Ukrainiens installés en Provence. Le but : se rassembler et maintenir le lien avec leur pays natal.

"C'est pour ne pas oublier nos racines, notre langue, nos traditions. Parce que si on oublie cela, on est perdus", dit-elle dans un français hésitant, qu'elle apprend depuis deux ans. 

Le jour où nous la rencontrons, Luba Melynk prépare un temps d'échange à destination des enfants. Ils y évoquent leurs sentiments, leurs émotions par rapport au conflit. Luba est elle-même maman d’une petite fille, Nadya, âgée de 12 ans. Elles sont arrivées en France toutes les deux, dix jours après le début de la guerre. Leurs proches sont restés à Berdytchiv, en Ukraine. Chaque jour, elle appelle ses parents en visio. Elle ne les a pas vus depuis deux ans.

Deux ans loin de ses proches

"C’est long… C’est la première fois que l'on est à une si longue distance pour une si longue période", relate Luba. Mais pour elle et sa fille, l’exil était une nécessité : "C’est pour sécuriser sa vie. Je dois avoir la possibilité de vivre. Là-bas, ce n'est pas possible : c’est bruyant, il y a les sirènes, il y a le risque que des roquettes tombent chaque jour. Les gens ne savent pas où elles peuvent tomber. Sur notre ville, sur notre voisin, sur notre maison…"

Deux ans après l’invasion russe, Luba et Nadya attendent une seule chose : la fin de la guerre et la victoire de l’Ukraine, pour pouvoir retrouver leur vie d’avant.