Le département du Var accueille plusieurs milliers de personnes depuis un an et le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, grâce notamment à la solidarité des Varois. Les services préfectoraux expliquent toutefois que les arrivées de nouveaux déplacés sont désormais beaucoup moins nombreuses.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Près de 8 millions d'Ukrainiens ont quitté leur pays après le 24 février 2022. Ce qui était prétendument une opération militaire spéciale, dixit le Kremlin, s'est rapidement imposée comme une guerre inscrite dans le temps.

Les terres azuréennes ont accueilli des milliers de réfugiés, majoritairement des femmes et des enfants, comme dans les Alpes-Maritimes.

Dans le Var, ce sont plus de 800 Ukrainiens qui ont été hébergés grâce à des dispositifs gérés par les services de l’État, dont près de 400 en hébergement collectif.

Huit centres d'accueil ont été créés en 2022, à Draguignan, au Pradet, à Toulon, Châteaudouble, Saint-Raphaël, Bandol, Fréjus, Tourves et Varages.

1835 autorisations provisoires de séjour ont été délivrées l'an passé, pour 6 mois renouvelables. Un guichet unique au profit des Ukrainiens a été mis en place par les services de l’État avec l’aide des collectivités locales et des associations afin d’accélérer leur prise en charge administrative et sociale dès février 2022. 5 millions d'euros ont été mobilisés en faveur de ces dispositifs. Derrière ces chiffres, ce sont surtout des parcours et des trajectoires de vies qui ont croisé la solidarité varoise.

La solidarité jusqu'au bout des ongles

À Châteaudouble, la solidarité se décline jusqu'au bout des ongles. Karina Shaitanova est prothésiste ongulaire. Installée dans cette commune à côté de Draguignan, elle a trouvé ici la sérénité, loin du conflit, mais aussi de quoi développer une activité professionnelle avec le soutien du premier édile local, le maire Georges Rouvier.

Originaire de Zaporijjia, Karina rêve de pouvoir ouvrir son propre institut dans ce village : "Je travaille à domicile, dans ma chambre, dans ma maison, le cadre n'est pas celui d'un institut".

L'école de Châteaudouble accueille aussi une nouvelle population. Sur 35 élèves, 12 sont d'origine ukrainienne. Au niveau départemental, ce sont 400 élèves qui ont intégré le premier degré la rentrée de septembre 2022, et 300 élèves pour le second degré.

C'est dans une ancienne maison de retraite qu'en mars 2022, l'accueil des Ukrainiens s'est davantage structuré. Un endroit qui a rapidement pu accueillir une soixantaine de personnes. Un an plus tard, une dizaine d'entre eux à décider de retourner en Ukraine. Pour ceux qui sont restés, l'apprentissage du français est devenu une nécessité. Dans cette commune de moins de 500 habitants - avant le début de la guerre -  les Ukrainiens se familiarisent avec la langue de Molière. Des cours de français y sont dispensés plusieurs fois par semaine. De quoi apprendre leur nouvelle langue d'adoption.

"Moi, je travaille surtout sur les phrases, la diction, de manière à ce qu'on les comprenne dans la rue. Il suffit qu'ils aillent faire leurs courses, à la caisse, ils ont un dialogue qui est assez sympathique maintenant" explique Christelle Chapuis, leur animatrice pédagogique. 

Membres d'une même famille

Natalia Yakovlieva, elle aussi, vit loin des siens. À Saint-Raphaël, elle a pourtant trouvé l'appui d'une nouvelle famille, en intégrant l'équipe d'un restaurant en août dernier.

La cheffe de salle de l'établissement parle de cette nouvelle employée devant les caméras de France 3 Côte d'Azur. Elle confie à Maxime Meuneveaux et Alexandre Dequidt qu'elle est devenue depuis leur "protégée", et évoque, les larmes aux yeux, la pénibilité de la voir vivre loin de l'Ukraine.

 

Le fils de Natalia, âgé de 24 ans, ainsi que son mari, sont eux toujours en Ukraine. Elle continue d'y suivre en temps réel les alertes à la bombe. Malgré ce contexte, elle fait l'admiration de ses collègues et patrons.

"Je me suis souvent servi de son état d'esprit positif pour justement montrer que, lorsqu'il y a de vrais problèmes, on peut garder le sourire, la positivité et la tête haute. Parce que vraiment, sur ce plan là, elle est très émouvante" détaille Alain Siino, restaurateur.

Originaire de Kharkiv, Natalia souhaite y retourner au plus vite, quand la guerre sera terminée, mais pour cette ville à 40 kilomètres de la frontière russe, ce 24 février 2023, les habitants de cette ville craignent toujours les bombardements qui ont détruit 4500 bâtiments dans cette simple localité.