Pêche interdite : le Parc national des Calanques renforce ses patrouilles à l'approche des fêtes

Les "poissons de noël" sont de retour dans les profondeurs du Parc national des Calanques. Le risque de braconnage est donc plus élevé. Rappel des restrictions en vigueur et patrouilles renforcées.

La daurade et le loup-marin, considérés comme "les poissons de noël" par les spécialistes, sont de passage dans le Parc national des Calanques. Ils ont, en effet, quitté les étangs en novembre. Or, leur pêche est très encadrée, voire interdite à certains endroits. Le Parc national des Calanques est là pour le rappeler et renforcer les contrôles. 

La tentation est plus grande à double titre : on est sur la période de migration de deux espèces particulièrement recherchées à savoir le loup et la daurade et c'est aussi une période de consommation importante de produits de la mer.

Nicolas Chardin, directeur adjoint du Parc national des Calanques

Deux types de règles s'appliquent sur ces deux espèces.

Trois loups et trois daurades

D'abord, les pêcheurs de loisir sont limités à trois loups et trois daurades, entre le 16 décembre 2022 et le 14 octobre 2023. "C'est une manière de distinguer ces pêcheurs des professionnels", et ainsi, les "empêcher d'en faire commerce". Le reste de l'année, ils sont limités à 10 prises par jour et par personne. 

Pour les autres espèces, voici la liste des réglementations.

En France, il est interdit de vendre du poisson pêché par un non-professionnel. Le directeur adjoint du Parc national des Calanques tient à rappeler que nous avons tous un rôle à jouer.

J'invite le consommateur à s’assurer de l'origine du poisson qu'il achète.

Nicolas Chardin, directeur adjoint du Parc national des Calanques

Et pour cause, la pêche de ces deux espèces peut être dangereuse pour la biodiversité, surtout dans sept zones en particulier. 

Sept zones de non-prélèvement

Dans le Parc national des Calanques, toute pêche est interdite dans sept zones qu'on appelle de "non-prélèvement" (ZNP). Et ce, de façon "permanente et définitive" tient à rappeler le Parc.

Ces zones permettent aux espèces marines de "retrouver progressivement leur abondance et diversité." À ces endroits, "on retrouve trois fois plus de poissons et de biodiversités qu'ailleurs" précise Nicolas Chardin.

Surtout qu'en ce moment, la daurade et le loup sont en pleine période de reproduction. Une reproduction qui impacte tout un écosystème, au-delà du territoire des calanques.

D'après une étude de l'IFMER, l'Institut Français de la Mer, il y a une seule et unique population de daurade entre la frontière espagnole et la rade sud de Marseille, donc tout prélèvement de cette espèce, en ce moment, en période de reproduction, impacte l'ensemble de l'espace du Golf du Lion.

Nicolas Chardin, directeur adjoint du Parc national des Calanques

La réserve du Parc national des Calanques a permis de multiplier la biomasse de poissons ciblés par les pêcheurs. La protection de ces espaces est donc un succès. 

Cette zone de non-prélèvement correspond à 10% du territoire marin du Parc national des Calanques. Ce périmètre comptabilise 4 634 hectares sur les 43 500 hectares du Parc national, parmi les plus prisés.

Comment reconnaître ces zones ?

Des bouées jaunes et des points GPS permettent de matérialiser visuellement les sept zones où la pêche est interdite.

Les premières ont été installées en 2014 dans trois ZNP prioritaires : Cap Soubeyran, Sormiou et Planier. 

Ce dernier endroit est le plus recherché par les pêcheurs ces jours-ci. 

Il y a toujours beaucoup de pêcheurs autour de ces zones. Nous rappelons qu'un engin de pêche n'a pas le droit d'être dans la zone. Il ne s'agit pas seulement du navire ! Certains se mettent à proximité puis vont pêcher mais la pêche est interdite dans toute la zone.

Nicolas Chardin, directeur adjoint du Parc national des Calanques

Des panneaux de signalétique ont également été installés pour les zones côtières de Riou, Sormiou, Devenson, Cacau et aux falaises Soubeyranes.

Jusqu'à 22 500 euros d'amende

Deux types de braconniers peuvent être verbalisés : les pêcheurs de loisir qui tentent de faire du commerce ou qui pêchent trop et les professionnels qui ne respectent pas la réglementation. 

"C'est un délit donc c'est passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 22 500 euros" précise le directeur adjoint du Parc. Les "produits" et les engins de pêche peuvent également être confisqués, voire le navire tout entier en cas d'infraction grave. 

Les patrouilles en mer sont renforcées par la gendarmerie maritime, la police nationale et le parquet de Marseille en cette période de fêtes de fin d'année. Objectif : être présent le plus possible, de jour comme de nuit, pour protéger la biodiversité des calanques. Ces contrôles renforcés devraient durer jusqu'à au moins mi-février. 

Nicolas Chardin tient à conclure : "la pêche professionnelle ou de loisir a sa place au cœur de parc du moment qu’elle s’exerce dans les règles".

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