Photovoltaïque : pourquoi la région Paca est à la traîne, alors que c'est l'une des plus ensoleillées en France ?

Les panneaux photovoltaïques ont le vent en poupe en France. Et pourtant, la région Paca, connue pour son soleil étincelant, est à la traîne face aux autres régions. La ville de Marseille fait éclore peu à peu des projets pour développer cette énergie renouvelable solaire.

La région Paca est la plus ensoleillée en France, après la Corse. Et pourtant, la couverture des panneaux photovoltaïques reste assez faible.

"C'est un paradoxe étonnant", pour Sébastien Barles, adjoint au maire de Marseille, délégué à la transition écologique. Il accuse l'"absence de volonté politique". La cité phocéenne, et la région de manière générale, a longtemps été "à la traîne".

Selon Enedis, la puissance des installations de production raccordées au réseau public de distribution géré par la société est de 2 262 mégawattheures pour la région et de 5 622 mégawattheures pour le Grand-Est, fin 2022. 58 617 panneaux solaires ont été installés en Paca, l'année dernière, 108 218 en Occitanie.

Un "virage inverse" : des nouveaux projets à venir

L'élu a, toutefois, bon espoir pour la suite. "On va devenir leaders avec tous les projets que nous allons mettre en place."

La ville de Marseille a donc décidé de prendre un "virage inverse". Les projets fleurissent petit à petit. À commencer par le projet Frais Vallon-Sirius. Un quartier de 5.000 habitants avec 1.350 logements sociaux sur 14 bâtiments devrait voir le jour dans les années à venir.

"Tous les toits des bâtiments seront couverts de panneaux photovoltaïques", précise Sébastien Barles. L'objectif du projet : devenir une grosse centrale de photovoltaïque et être ainsi autosuffisant. Le prix de l'électricité devrait donc baisser pour ces habitants.

2,3 millions d'euros de financement

L'élu à la ville souhaite également mettre en place une société d'économie mixte (SEM) en énergie, dans les prochains mois. Développer le photovoltaïque urbain et exploiter l'énergie solaire de la région, c'est le pari que s'est lancé Sébastien Barles. 

La ville financera à hauteur de 2,3 millions d'euros l'installation de panneaux photovoltaïques sur les toits de friches ou hangars inutilisés.

Si on est obligés de déraciner, déforester ou encore détruire, c'est un non-sens.

Jean-Luc Moya, secrétaire général à France nature environnement des Bouches-du-Rhône

Pour Jean-Luc Moya, secrétaire général à France nature environnement (FNE) des Bouches-du-Rhône, les panneaux photovoltaïques sont "nécessaires et indispensables".

En revanche, le représentant pointe du doigt les industriels qui peuvent "porter atteinte aux espaces forestiers sensibles et/ou protégés." 

"Si on est obligés de déraciner, déforester ou encore détruire, c'est un non-sens", s'exclame-t-il.

Il préconise s'installer ces panneaux photovoltaïques uniquement sur des "toits d'entrepôts, des parkings de grande surface, des sites qui ne pourront pas être réhabilités". Jean-Luc Moya encourage également les particuliers à installer ce dispositif sur les toits de leur maison.

Plus de formations, moins de consommation

Selon lui, le principal frein au développement de cette énergie renouvelable, ce sont les maires. "Ceux qui sont les plus décisionnaires, ce sont les maires. Il faut qu'ils se sensibilisent à ces questions-là.

Ces panneaux solaires doivent également s'accompagner de la baisse de consommation d'énergie. "Si on utilise uniquement des panneaux et que l'on consomme comme des malades, on n'aura pas assez de toits", affirme Jean-Luc Moya. 

Sébastien Barles, l'adjoint au maire de Marseille, délégué à la transition écologique, considère que le problème au développement de cette énergie solaire n'est pas le manque d'aides, mais la formation. La ville soutient justement l'école d'installateurs de panneaux solaires, Poseurs d'avenir, située dans le 7e arrondissement de Marseille.