Pour contrer une "indifférence triste des Marseillais" face aux victimes des règlements de compte, le projet d'un monument

Alors que samedi 21 octobre, une marche blanche est organisée pour Socayna, jeune fille tuée dans sa chambre, Hassan Hammou veut voir grandir à Marseille un monument en hommage aux victimes des règlements de compte.

"Tant qu'ils se tuent entre eux" répétait à l'époque Jean-Claude Gaudin, ancien maire de Marseille.  "Quoiqu'on ait fait, on ne mérite pas la mort", se désole Hassan Hammou, "on ne meurt pas à 15, 20 ou 30 ans."

Socayna a pourtant été touchée par une balle perdue tirée par un dealer. A 24 ans, l'étudiante marseillaise est morte dans sa chambre. Samedi 21 octobre, une marche est organisée pour elle, à Marseille, à partir de 14 heures place Jules Guesde. Pour rendre hommage à cette jeune fille comme à toutes les victimes du narcotrafic, Hassen veut créer un lieu de commémoration. 

Un arbre pourrait être planté à côté

Hassan Hammou s'investit depuis 10 ans pour les quartiers nord. Il veut créer un monument en hommage aux victimes des règlements de comptes. Un hommage à ces personnes victimes d'un destin tragique. Le projet est ancien, les démarches s’accélèrent pour être concrétisées mi-novembre ou début décembre. Dans une lettre envoyée à Benoit Payan début octobre il pointe "la douleur et les maux profonds qui touchent nos quartiers populaires."

Le monument se situerait dans les 14e ou 15e arrondissements de la ville, les plus touchés par ces meurtres. Un arbre pourrait être planté à côté. Un discours sera prononcé pendant la cérémonie.

On remarque une indifférence triste, une certaine lassitude de la part des Marseillais

Hassan Hammou

à France 3 Provence-Alpes

Hassan Hammou avait 23 ans quand il a monté son collectif "Trop jeune pour mourir", après la mort d'un de ses amis, victime d'un règlement de compte. Le militant a aujourd'hui 33 ans et il est toujours mobilisé. En parallèle, il est devenu porte-parole du parti Ecologie les Verts Paca.

Des artistes sollicités

Le Marseillais a organisé une pétition déjà signée par 20.000 personnes, selon lui. Il redoute que la politique "joue avec ce message."

"Ce sont les corps encore chauds de nos enfants, dit-il. Ils ne méritent ni la mort ni le jeu politique." 

La forme de cette oeuvre a été proposée à des artistes. Ils doivent se l'approprier et proposer une idée. Personne ne sait à quoi il ressemblera, le projet est confidentiel.   

Ce monument est conçu pour permettre le recueillement des proches, pour la mémoire de ces victimes et une autre façon de les envisager. Comme des êtres humains.