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40 ans après une série de viols à Marseille, Luc Tangorre à nouveau condamné pour agressions sexuelles

Luc Tangorre présenté au parquet de Nîmes en août 2014 dans le cadre d'une affaire d'agression sexuelle. / © NASSIRA BELMEKKI/MaxPPP
Luc Tangorre présenté au parquet de Nîmes en août 2014 dans le cadre d'une affaire d'agression sexuelle. / © NASSIRA BELMEKKI/MaxPPP

Luc Tangorre, a été une nouvelle fois condamné à Nimes pour agressions sexuelles et attouchements sur trois mineures. Condamné en 1983 à 15 ans de prison pour viols à Marseille, il avait été partiellement grâcié en 1987 avant d’être à nouveau condamné en 1992.
 

Par Annie Vergnenegre, GB

Luc Tangorre n'est pas Marseillais, mais dans la cité phocéenne, nombreux sont ceux qui se souviennent, amers, de son affaire.

36 ans après un procès très médiatisé, Luc Tangorre, aujourd'hui âge de 60 ans, revient sur le devant de la scène judiciaire.

Il comparaissait jeudi à Nîmes pour agressions sexuelles et attouchements dans la station balnéaire du Grau-du-Roi (Gard), durant l'été 2014.

A l'audience, le prévenu a une nouvelle fois totalement réfuté les accusations, comme il l'avait toujours fait lors de ses précédentes condamnations. Retour sur le parcours marseillais de ce "serial violeur". 

"Le violeur des quartiers sud"

A Marseille, beaucoup ont longtemps cru à son innocence. En avril 1981, il a 22 ans lorsqu'il est arrêté pour quatre viols, une tentative et six attentats à la pudeur.

Les victimes ont été agressées dans les 8 et 9e arrondissement de Marseille. Neuf plaintes ont été déposées entre 1979 et 1981. La presse locale a baptisé l'agresseur "le violeur des quartiers sud".

L'étudiant en sport est incarcéré dans l'attente de son procès. Il clame haut et fort son innocence. Pour dénoncer une erreur judiciaire, il entame même une grève de la faim, le 13 mai 1982. 
Luc Tangorre lors de son procès au tribunal d'Assises de Nîmes le 4 février 1992, défendu par l'avocat marseillais Paul Lombard, ancien défenseur de Christian Ranucci. / © SOUILLARD Bruno/MaxPPP
Luc Tangorre lors de son procès au tribunal d'Assises de Nîmes le 4 février 1992, défendu par l'avocat marseillais Paul Lombard, ancien défenseur de Christian Ranucci. / © SOUILLARD Bruno/MaxPPP
Autour du procès, une mobilisation populaire exceptionnelle s'organise pour dénoncer les doutes sur sa culpabilité. Un comité de soutien est créé. Il réunit rapidement un millier de personnes.

Luc Tangorre obtient l'appui d'hommes politiques, de droite et de gauche, comme Gaston Defferre, Michel Pezet, Jean-Claude Gaudin...

A Marseille, mais pas seulement. Des intellectuels parisiens prennent aussi fait et cause pour lui, parmi lesquels Marguerite Duras ou encore Françoise Sagan.  

Sept ans derrière les barreaux

Les jurés de la cour d'assises d'Aix-en-Provence ne se laissent pas attendrir par ses dénégations et la plaidoierie de son avocat Paul Lombard, figure du barreau marseillais. Luc Tangorre est condamné à 15 ans de prison avec circonstances atténuantes, le 24 mai 1983.

Je veux que mon innocence soit officiellement reconnue.

Après la condamnation, ses partisans restent mobilisés. L'historien Pierre Vidal-Naquet écrit un manifeste intitulé «Le viol est un crime, l'erreur judiciaire aussi» dans Le Monde du 25 janvier 1985. Son comité de soutien reste également très actif. Le doute gagne le sommet de l'Etat. François Mitterrand lui accorde une grâce partielle en 1987.

Après avoir purgé 82 mois de prison, Luc Tangorre est libéré le 15 février 1988 et placé sous contrôle judiciaire. A sa sortie, il déclare à la presse : "C'est une liberté conditionnelle, une liberté entre guillements. Je veux que mon innocence soit officiellement reconnue".

Huit mois plus tard, deux étudiantes américaines l'accusent de viol pendant la Féria pascale de Nîmes. Les preuves l'accablent. Lui nie encore et toujours. Il écope d'une peine de 18 ans de prison.

Après sa libération en septembre 2000, Luc Tangorre disparaît des radars de la justice. Jusqu'à l'été 2014.

Il est mis en cause pour trois nouvelles affaires d'agressions, qui valent sa comparution au tribunal correctionnel de Nîmes aujourd'hui (12 septembre 2019). L'homme nie une fois de plus les faits qui lui sont reprochés.

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