Il avait tenté d'extorquer Jean-Pierre Bernès : Michel Gillibert vient d'être condamné à quatre ans et six mois de prison dont trois ans avec sursis ainsi qu'à 100 000 euros d'amende.

Ancien administrateur judiciaire marseillais, Michel Gillibert a été condamné lundi 27 mars à quatre ans et six mois de prison dont trois ans avec sursis pour avoir orchestré, fin 2014, une tentative d'extorsion visant Jean-Pierre Bernès, ex-dirigeant de l'Olympique de Marseille devenu agent de joueurs.

L'ancien homme de loi, aujourd'hui âgé de 70 ans, a également été condamné à 100 000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Marseille. Cinq ans de prison dont trois ans avec sursis et 150 000 euros d'amende avaient été requis mercredi par le parquet.

Egalement reconnu coupable d'association de malfaiteurs et de violation du secret professionnel, M. Gillibert purgera la partie ferme de sa peine, soit dix-huit mois, sous le régime de la détention à domicile sous surveillance électronique, a précisé la présidente du tribunal.

Recouvrer une dette de 11 millions d'euros

Chargé en 2014 par le tribunal de commerce de recouvrer une dette civile de 11 millions d'euros auprès de M. Bernès - les dommages et intérêts auxquels celui-ci et d'autres ex-dirigeants du club avaient été condamnés en 1998 dans le cadre de l'affaire dite des comptes de l'OM -, M. Gillibert avait  missionné un de ses amis en lien avec le banditisme marseillais pour convaincre l'agent de joueurs de transiger à hauteur de deux millions d'euros.

Michel Fedon, décédé depuis, et Richard Laaban, 78 ans, également proche du milieu, avaient ajouté l'exigence d'un dessous-de-table d'un million d'euros. M. Laaban a été condamné à quatre ans de prison dont deux ans ferme, à purger sous bracelet électronique, ainsi qu'à une amende de 60 000 euros.

M. Gillibert, qui reconnaît avoir eu "une idée débile", a toujours contesté avoir été au courant de cette demande de bakchich. Selon lui, il aurait simplement demandé à ses deux acolytes de se renseigner sur la solvabilité de M. Bernès et de tenter de savoir s'il disposait de comptes à l'étranger.

Sous la contrainte

A l'audience, Jean-Pierre Bernès, qui est notamment l'agent du sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps, avait confirmé ne pas avoir fait l'objet de violences ni reçu de menaces mais avoir été victime "d'une contrainte."

Afin de souligner que M. Bernès n'avait pas été impressionné par ce duo, Me Bonfils, avocat de M. Gillibert, avait souligné que Richard Laaban, qui fut directeur de la boutique de l'OM, et Jean-Pierre Bernès, se faisaient la bise pour se saluer à l'extérieur du prétoire.

Cette tentative d'extorsion avait pris fin au bout de quelques mois lorsque l'administrateur judiciaire avait repris les voies légales afin de tenter de récupérer cette dette de M. Bernès. Son successeur y était finalement parvenu en juin 2018.

Les deux condamnés devront verser 15 000 euros de dommages et intérêts à M. Bernès, en réparation de son préjudice moral. L'avocat de l'agent de joueurs avait réclamé un million d'euros.

(avec AFP)

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