Régionales 2021 en Provence Alpes-Côte d'Azur : "que va-t-il rester des Républicains ?", Hubert Falco quitte LR

Le maire LR de Toulon Hubert Falco annonce qu'il quitte son parti au lendemain d'une réunion où Les Républicains ont exclu tout accord avec LREM pour les régionales, alors que le Rassemblement National est donné en tête du premier tour par les sondages en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

 

Avril 2021. Le maire de Toulon Hubert Falco (G), lors de l'annonce de la candidature aux régionales de Renaud Muselier, en présence de Christian Estrosi (D)
Avril 2021. Le maire de Toulon Hubert Falco (G), lors de l'annonce de la candidature aux régionales de Renaud Muselier, en présence de Christian Estrosi (D) © Frank MULLER / MaxPPP

"Ne pas être favorable à l’union alors que la menace de l’arrivée au pouvoir du Rassemblement national n’a jamais été aussi forte, revient à faire son jeu," a indiqué mercredi Hubert Falco.

Assurant avoir mesuré "mieux que quiconque, la déflagration et les conséquences désastreuses qui résultent de son arrivée au pouvoir", le maire de Toulon annonce quitter Les Républicains.  "Je ne renie rien, je ne critique rien, mais je décide de reprendre ma liberté."

En Paca, l'annonce de l'alliance entre LREM et Les Républicains, n'avait pas du tout plu au bureau parisien des LR. Christian Jacob avait indiqué retirer l'investiture au président sortant Renaud Muselier, s'il acceptait cette alliance, personnifiée par la secrétaire d'État aux personnes handicapées Sophie Cluzel (LREM). 

"Ligne de conduite"

Une alliance plutôt bien vue par certains élus de la région Paca comme Christian Estrosi, maire de Nice ou encore Hubert Falco. Les trois hommes étaient encore ensemble le 28 avril dernier, lors de l'annonce de la candidature de Renaud Muselier. 

"Rassembler des femmes et des hommes face à l’extrémisme a toujours été ma ligne de conduite !", déclarait Hubert Falco ce dimanche.

Au gré des tractations, Renaud Muselier a été finalement bien investi par LR pour la campagne des régionales, mais avec l'interdiction de jouer avec une candidature LREM sur sa liste.

Hubert Falco, maire de Toulon et Renaud Muselier, président sortant de la région étaient ensemble ce mercredi après-midi, à l'inauguration de l'exposition sur Napoléon, à Toulon.
Hubert Falco, maire de Toulon et Renaud Muselier, président sortant de la région étaient ensemble ce mercredi après-midi, à l'inauguration de l'exposition sur Napoléon, à Toulon. © Eric Ambrosini /FTV

Lors de l'inauguration de l'exposition sur Napoléon à Toulon, Hubert Falco ex-LR, était accompagné de Renaud Muselier.

Les deux hommes ont réaffirmé leurs liens d'amitié et leur attachement aux valeurs républicaines et leur volonté de faire barrage à Thierry Mariani, candidat du Rassemblement national en Paca .

"Hubert Falco est un ami personnel, il est républicain même encore maintenant, il le reste dans son esprit et dans son engagement politique. On ne nationalise pas l’élection, nous sommes des locaux", a lancé Renaud Muselier à la forêt de micros tendus.

"Ce parti se rétrécit"

De son côté, le maire de Toulon s'est dit "attristé de la direction Jacobine" que prend le parti qu'il vient de quitter à contrecoeur, rappelant qu'il n'est pas le premier.

"Ce parti se rétrécit, avec tous ceux qui sont partis, que va-t-il rester dans ce parti ? Des gens sectaires ? Je suis malheureux pour mon parti qui perd des hommes et des femmes de valeurs."

En off, certains élus Les Républicains affirment que Christian Estrosi, maire de Nice, pourrait lui emboiter le pas dès ce jeudi 6 mai.

Dans un tweet, Guilhem Carayon, membre des Jeunes Républicains, annonce : "Hubert Falco et Christian Estrosi ont décidé de quitter les Républicains."

"Enorme claque"

D'après le site web du journal Valeurs Actuelles, le maire de Nice, également président de la métropole Nice Côte d'Azur, aurait claqué la porte de LR.

Après son ami Hubert Falco, maire de Toulon, ce matin, c’est au tour de Christian Estrosi de claquer la porte des Républicains (LR).

Les événements survenus ces derniers jours autour des élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur ont eu raison de l’ancien ministre sarkozyste. Alors qu’il militait pour un rapprochement entre la liste LR de Renaud Muselier et celle de LREM, Estrosi regrette les réactions de son propre camp.

“Christian Estrosi a pris une énorme claque en CNI hier, raconte un cadre. Il a été très peiné par les mots de Christian Jacob”, rapporte le journal classé à droite, Valeurs Actuelles.

Paris Match annonce aussi la démission du maire de Nice. Le quotidien Le Parisien lui emboite le pas, en citant "des sources régionales".

Jeu politique en eaux troubles

Fraîchement adoubé Renaud Muselier n'a pourtant pas trainé pour indiquer mercredi sur France 2 qu'il pouvait toujours accueillir Sophie Cluzel, si elle démissionnait de son poste.

Dimanche, Jean Castex avait présenté la chef de file désignée par LREM dans la région ainsi que des représentants de la majorité parlementaire prêts à "intégrer le dispositif conduit par Renaud Muselier".

Un jeu en eaux troubles qui de l'avis de certains observateurs pourrait déstabiliser grandement Les Républicains.

Julien Aubert, député LR de la 5e circonscription du Vaucluse et conseiller régional, y voit un mariage stratégique pour mieux étouffer le parti, une "OPA décalée est très éloignée des attentes de nos concitoyens".

"Jean Castex veut épouser la droite comme la mante religieuse femme veut épouser la mante religieuse homme avec la même ardeur et la même intention finale." Celle de renforcer la position de LREM pour les présidentielles. 

"Dimension nationale"

"Cette déclaration nationale du Premier ministre, est un symbole et affiche clairement la volonté de donner une dimension nationale à ces élections, notamment en Paca ou le RN est fort", estime Christèle Lagier, politologue, Maître de conférence à l'Univeristé d'Avignon.

La politologue prend comme exemple la stratégie de la République en Marche "de se construire contre les partis politiques existants". Selon la politologue, "en 2017, LREM nous a montré comment il a affaibli le PS".

Stratégiquement toujours, "au 2ème tour des présidentielles, les ¾ des électeurs de Fillon se sont reportés sur LREM".

C'est pour cela que la tractations vont bon train. "Emmanuel Macron sait qu’avec sa politique, il séduit une partie de la droite", ajoute Christèle Lagier.

Plus localement, les LR n’avaient pas vraiment de candidat alternatif à Renaud Muselier. "Même si une candidature LREM aurait affaibli sa liste au premier tour", indique la politologue. 

Cependant, LREM n’est pas assez implantée au niveau local pour avoir un bon nombre de voix, elle est donc obligée de faire alliance aussi "pour exister".

"Front républicain"

Selon la politologue, "en cas de second tour entre Mariani et Muselier, la gauche et LREM voteront Muselier, même si le front républicain a tendance à s’affaiblir".

Du côté de LREM, Jean-Marc Zulesi, député de la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône, salue "le courage de ces personnes qui se mettent au service de l’intêret général, contre le RN".

"J’appelle à l’unité, non pas pour les chapelles et des partis mais pour l’intêret régional de nos concitoyens", explique le député, afin de se réunir autour de valeurs fortes, en matière de mobilité, d’économie et d’éducation et que l’on devienne la région de la relance".

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