Attaque meurtrière à la synagogue de Djerba : ce que l'on sait sur la mort d'un commerçant marseillais en Tunisie

Benjamin Haddad, 42 ans, père de quatre enfants, qui tenait une boulangerie casher à Marseille, s'était rendu en Tunisie pour le pèlerinage. La communauté juive de Marseille, au sein de laquelle il était très actif, est sous le choc.

Deux fidèles qui participaient à un pèlerinage juif dans la synagogue de la Ghriba, sur l'île de Djerba, à l'Est de la Tunisie, ont été tués mardi soir dans une attaque menée par un gendarme qui a également tué deux collègues avant d'être abattu, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Un Français se trouve parmi ces victimes, a confirmé le Quai d'Orsay dans un communiqué de presse. Il s'agit d'un commerçant marseillais, âgé de 42 ans et père de quatre enfants, rapporte BFM. France 3 Provence-Alpes fait le point sur ce que l'on sait de cette victime française.

  • Un Marseillais en pèlerinage parmi les victimes

Sur Twitter, le maire de Marseille fait part de sa "tristesse et de [sa] colère après cet attentat." "Toutes mes pensées vont à ses proches et à la communauté juive frappée par l'horreur de l'antisémitisme", assure Benoît Payan. Il précise que "Marseille luttera toujours unie contre la haine". 

Selon les informations de nos confrères de BFM, et du Parisien, ce Marseillais est un commerçant : Benjamin Haddad, père de quatre enfants, qui "tenait une boulangerie casher" à Marseille. Bruno Benjamin, ancien président Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) dépeint à la chaîne "un homme discret, sans aucun problème, sans aucun souci."

Benjamin Haddad est présenté comme très actif au sein de la communauté juive de Marseille. Une cellule de crise a été mise en place mercredi matin par le Consistoire de Marseille.

L'un de ses cousins tunisiens a également trouvé la mort dans la fusillade déclenchée par un gendarme, selon les informations de France Télévisions.

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a précisé dans un communiqué que les deux morts étaient "un Tunisien âgé de 30 ans et un Français de 42 ans", sans toutefois fournir les identités. 

  • Un bilan de quatre morts et une dizaine de blessés

L'attaque a eu lieu en deux temps, a indiqué le ministère dans un communiqué. Le gendarme auteur des tirs a d'abord tué l'un de ses collègues par balle et s'est emparé de ses munitions. Puis il s'est rendu aux abords de la synagogue où il a ouvert le feu sur les forces de l'ordre assurant la sécurité du lieu avant d'être abattu.

Deux "visiteurs" de la synagogue ont été tués par les tirs de l'assaillant avant qu'il ne soit abattu, et quatre autres ont été blessés et évacués vers un hôpital, a ajouté le ministère. Un autre gendarme a également été tué et cinq autres blessés par les tirs de l'assaillant, selon le ministère de l'Intérieur.

A la suite de l'attaque, l'ambassade de France à Tunis a annoncé avoir ouvert "une cellule de crise" et mis en place un numéro d'urgence.

  • Une attaque perpétrée lors du pèlerinage juif annuel

L'attaque s'est produite alors que des centaines de fidèles participaient au pèlerinage juif annuel de la Ghriba qui touchait à sa fin mardi soir dans cette synagogue. Selon les organisateurs, plus de 5 000 pèlerins juifs, essentiellement venus de l'étranger, ont participé cette année au pèlerinage de la Ghriba qui a repris l'année dernière après deux ans d'interruption en raison de la pandémie de Covid-19.

Organisé au 33e jour de la Pâque juive, le pèlerinage de la Ghriba est au cœur des traditions des Tunisiens de confession juive, qui ne sont plus que 1 500, majoritairement installés à Djerba, contre 100 000 avant l'indépendance en 1956.

  • Une enquête lancée pour élucider les motifs de cette action

Les forces de sécurité "ont encerclé la synagogue et sécurisé tous ceux qui se trouvaient à l'intérieur et aux abords", selon le ministère de l'Intérieur. "Les investigations se poursuivent pour élucider les motifs de cette agression lâche", a ajouté le ministère, se gardant à ce stade d'évoquer une attaque terroriste.

Cette synagogue, la plus ancienne d'Afrique, recevait nettement moins de pèlerins du monde entier depuis l'attentat-suicide au camion piégé qui l'avait déjà visé en 2002 et qui avait fait 21 morts.

Cette attaque survient alors que la Tunisie traverse une grave crise financière qui a empiré depuis que le président Kaïs Saïed s'est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021, faisant vaciller la démocratie née de la première révolte du Printemps arabe en 2011.

(avec AFP)