Vent fort : appel à la prudence aux baigneurs et plaisanciers, après 24h dramatiques

Le Mistral se renforce jusqu'à demain soir sur le littoral méditerranéen. Les autorités et services de secours renouvellent les recommandations et conseils de prudence auprès des baigneurs et plaisanciers. Car la Méditerranée est une mer dangereuse, qui peut surprendre.

Les marins-pompiers de Marseille en intervention sur le littoral
Les marins-pompiers de Marseille en intervention sur le littoral © BMPM
Un jeune en arrêt cardio-respiratoire coincé sous les rochers, un homme de 65 ans disparu, un jeune de 25 ans entre la vie et la mort après avoir tenté de secourir une amie, un adolescent dans le coma, la jambe à moitié arrachée par une hélice de bateau.

Voilà le sombre bilan des dernières 24 heures sur le littoral marseillais.

Des vagues courtes et dangereuses


Le Mistral, qui s'est levé hier, ne cesse de se renforcer jusqu'à demain, avec des rafales prévues entre 70 et 80 k/h.
Aussi les autorités renouvellent-elles leurs conseils de prudence et leurs recommandations aux plaisanciers et aux baigneurs.

Si les grandes plages de Marseille sont surveillées par des maîtres nageurs sauveteurs, il n'en va pas de même pour le reste du littoral, particulièrement escarpé, qui accueille les "baignades sauvages".
Le bande en rade sud, située entre la Pointe-Rouge et les Goudes est réputée extrêment dangereuse. Plusieurs personnes s'y sont noyées ces dernières années.
Par vent fort comme c'est le cas depuis ce dimanche jusqu'à demain mardi 4 août, les vagues peuvent atteindre deux mètres de haut.

"Dans la rade de Marseille, on n’a pas de houle, mais plutôt des petites vagues liées au vent, très courtes qui sont très puissantes", explique le premier Maître Xavier, du Bataillon des Marins Pompiers de Marseille (BMPM). 

"Lorsqu'elles viennent se casser sur les rochers, cela créé des eaux blanches, de l’eau mélangée à de l’air. C‘est ce qui fait cette sorte de mousse. Il y a moins de portance pour les nageurs. Ils vont avoir des difficultés à remonter.
Et en plus le phénomène de ressac va prendre la personne et la retourner sur les rochers, les moules, les dentelles".

Autant d'aspérités extrêment coupantes.

Ne pas lutter contre le courant

Mais le danger augmente dans certaines anses comme celles du Bain des Dames, de la Verrerie, de la Batterie. Les vagues qui y pénètrent ont tendance à tirer les baigneurs vers le large. Le phénomène est connu. Des bouées de sécurité ont été installées ces dernières années.

"Grâce à notre service de statistiques du bataillon des marins-pompiers, nous avons pu établir la trajectoire du courant. Et les bouées ont été mises en place sur son trajet, à la sortie de l'anse".

Les personnes dramatiquement entraînées par le courant peuvent alors s'y accrocher. Les marins-pompiers recommandent précisémment :

"Il ne faut pas lutter contre le courant. Cela amène vite à un état d'épuisement,  qui peut conduire à la noyade", poursuit le premier Maître Xavier. "Il faut se laisser porter jusqu'aux bouées".
Accrochés à leur bouée, nageurs ou nageuses en difficultés peuvent reprendre leurs forces et être répérés par des témoins qui peuvent alors donner l'alerte en appelant le 18, ou le 112 avec un téléphone portable.

Une mer qui change vite d'aspect

"La Méditerranée est une mer réputée imprévisible, qui change extrêment vite d'aspect. D'où "la nécessité de bien écouter la météo avant de partir en mer", explique le capitaine de vaisseau Christine Ribbe, porte-parole de la préfecture maritime de la Méditerranée.
L'un des bateaux de secours du CrossMed
L'un des bateaux de secours du CrossMed © CrossMed

Ce dernier week-end, un zodiac s'est renversé dans la baie de Marseille. Un adolescent de 15 ans a eu la jambe broyée par l'hélice et est dans le coma. Un homme de 65 ans est porté disparu.

"Nous avons dû abandonner les recherches hier soir, poursuit la porte-parole. "Il est tombé sans gilet de sauvetage. Ses chances de survie étaient faibles".

Dans le même temps, l'hélicoptère de la marine nationale intervenait auprès de deux autres personnes en déshydratation sévère. "Rien moins que 18 interventions étaient en cours en même temps en Méditerranée".

Les recommandations des autorités de secours sont invariables d'une année à l'autre. Elles s'adressent à toutes celles et ceux qui pratiquent des activités de loisirs : kite-surf, planche à voile, paddle, plongée, plaisance nautique...

196 : le numéro de secours en mer

"Première chose : il faut vérifier la météo", poursuit le capitaine de vaisseau. "La Méditerranée se lève très très vite. Des gens partent en mer par beau temps, et sont surpris par une météo qui se dégrade rapidement".

Deuxième conseil : bien prendre ses gilets de sauvetage.

Troisième conseil : emporter des moyens de communication adaptés, avec des piles de recharge car la batterie se décharge rapidement en mer.

"Il faut surtout connaître le numéro de secours en mer que les non naviguants ne connaissent pas toujours : c'est le 196", poursuit le capitaine de vaisseau Ribbe.
"Il faut appeler ce numéro si on a un doute, on hésite, on est témoin d’une situation particulière. Par exemple, si on est sur la plage et que l'on voit quelqu’un en difficulté. Ou que l'on repère une embarcation qui tourne en rond".

Signaler ses "objets perdus flottants"

Quand on part en mer, il faut avertir ses proches. Ce sont eux qui peuvent donner l'alerte en cas de retard ou de non retour.

"Il s'agit clairement d'une course contre la montre à chaque fois, et il ne faut pas hésiter à appeler".

Il arrive aussi que les usagers de la mer perdent leurs affaires comme des matelas gonflables, des kites, des paddle emportés par les courants. Il est alors recommandé de signaler ses objets perdus flottants.

"Nous on déclenche automatiquement des moyens de secours qui pourraient être utiles à d’autres opérations", signale le capitaine de vaisseau Christine Ribbe.

De la vigilance et une meilleure connaissance de la mer peuvent ainsi conduire à un fonctionnement plus efficace des secours maritimes.









 
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